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Ibid

LES PAPES ET LA CONTRE-RÉVOLUTION 47

On procédait ainsi sous la Révolution, on fait la même chose de nos jours, avec les ménagements extérieurs que les circonstances imposent. La tactique, comme l’erreur, ne varie guère.

Hs *

L’Encyclique Rerum novarum , du 16 mars 1891, développe dans une autre direction cette critique des doctrines et des œuvres révolutionnaires. Aux utopies et à l’anarchie socialistes, qui poussent sur les ruines de l’ancienne France, il oppose les traditions d’ordre, qui ont toujours été en honneur dans l’Europe catholique. Elles ne répugnent pas — il s’en faut — aux transformations économiques qui se sont accomplies au dix-neuvième siècle. Léon XIII fixe d’abord leur place aux hommes de 89, parmi les auteurs responsables de l’anarchie intellectuelle et sociale, dans laquelle s’agitent et se perdent nos contemporains.

« Le dernier siècle a détruit, sans rien leur substituer, les corporations anciennes, qui étaient pour eux (les ouvriers) une protection; tout principe et tout sentiment religieux ont disparu des lois et des institutions publiques, et ainsi, peu à peu, les travailleurs, isolés et sans défense, se sont vus avec le temps livrés à la merci de maîtres inhumains et à la cupidité d’une concurrence effrénée C 1 ). »

Quand il s’agit des maux dont souffre la classe ouvrière, en lui proposant une organisation qui corresponde à ses besoins, le Pape reprend la tradition interrompue par les novateurs de 1789: « La première place appartient aux corporations ouvrières, qui en soi embrassent à peu près toutes les œuvres ( 2 ). » Après avoir rappelé leur bienfaisante in-

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