Le droit ne consiste pas dans le fait matériel
Les devoirs des hommes sont des mots , correspondant à des vérités ; ils ne sont pas vides de sens.
Tous les faits humains n'ont pas force de droit.
60. L'autorité est autre chose que la somme du nombre et des forces matérielles.
61. Une injustice défait couronnée de succès porte une atteinte à la sainteté du droit.
l’église et les libertés
Allocution « J amdudum cernimus », 1861.
62. On doit proclamer et observer le principe que l’on nomme de non
intervention.
Allocution « Mox et ante », 28 septembre 1850.
63. Il est permis de refuser l’obéissance aux princes légitimes et même de se révolter contre eux.
Encyclique « Qui pluribus », 9 novembre 1846.
— etc.
64. La violation d’un serment, quelque saint qu’il soit, et toute action criminelle et honteuse opposée à la loi éternelle, non seulement ne doit pas être blâmée, mais elle est tout à fait licite et digne des plus grands éloges, quand elle est inspirée par l’amour de la patrie.
Allocution e Quibus quantisque », 24 avril 1847 .
62. Le principe de non intervention ne doit être ni proclamé ni observé.
63. Il n'est permis ni de refuser V obéissance aux princes légitimes ni de se révolter contre eux.
64. L'amour de la pairie ne peut ni excuser ni autoriser la violation d'un serment, ou une action criminelle ou honteuse.
Elles méritent le blâme ; il n'est pas permis de leur décerner des éloges.
§ VIII. Erreurs concernant le mariage chrétien.
65. On ne peut établir par aucune raison que le Christ a élevé le mariage à la dignité de sacrement.
I^ettre apostolique « Ad apostolicæ », 22 août 1851.
66. Le sacrement de mariage n’est qu’un accessoire du contrat et peut en être séparé, et le sa-
65. Le Christ a élevé le mariage à la dignité de sacrement ; on l'établit par la raison.
66. Le sacrement de mariage consiste dans le contrat ; il n'en est pas une partie accessoire ;
crement lui-même ne consiste que dans la bénédiction nuptiale.
Ibid.
67. De droit naturel, le lien du mariage n’est pas indissoluble et, dans différents cas, le divorce proprement dit peut être
"sanctionné par l'autorité civile.
Ibid. — Allocnliori « Acerbissirnum », 27 septem bre 1852.
68. L’Église n’a pas le pouvoir d'apporter des empêchements dirimants au mariage ; mais ce pouvoir appartient à l’autorité séculière, par laquelle les empêchements existants doivent être levés.
Lettre apostolique « Multipliées inter », 10
juin 1851.
69. L’Église, dans le cours des siècles, a commencé à introduire les empêchements dirimants, non par son droit propre, mais en usant du droit qu’elle avait emprunté au pouvoir civil.
Lettre apostolique « Ad apostolicæ », 22 août 1851.
70. Les canons du concile de Trente qui prononcent l’anathème contre ceux qui osent nier le pouvoir qu’a l’Église d’opposer des empêchements dirimants, ou ne sont pas dogmatiques ou
L’Église et les libertés.
on ne peut l'en séparer.
Le sacrement ne consiste pas dans la bénédiction
nuptiale.
67. De droit naturel , le lien du mariage est indissoluble. L'autorité civile ne peut , en aucun cas , sanctionner le divorce.
68. L'Église a le pouvoir d'apporter au mariage des empêchements dirimants ; ce pouvoir n'appartient pas à l'autorité séculière ; celle-ci n'a pas le droit de lever les empêchements existants.
69. L'Église a introduit dans le cours des siècles les empêchements dirimants en vertu de son droit propre , et non en vertu d'un droit emprunté au pouvoir civil.
70. Les canons du concile de Trente , qui prononcent l'anathème contre ceux qui osent nier le pouvoir qu'a l'Eglise d'opposer des empêchements dirimants , sont dogmatiques ; on ne peut les
l'église et les libertés
doivent s’entendre de ce pouvoir emprunté.
Ibid.
71. La forme prescrite par le concile de Trente n’oblige pas sous peine de nullité, quand la loi civile établit une autre forme à suivre et veut qu’au moyen de cette forme le mariage soit valide.
Ibid.
72. Boniface VIII a le premier déclaré que le vœu de chasteté prononcé dans l’ordination rend le mariage nul.
Ibid.
73. Par la vertu du contrat purement civil, un vrai mariage peut exister entre chrétiens ; et il est faux, ou que le contrat de mariage entre chrétiens soit toujours un sacrement, ou que ce contrat soit nul en dehors du sacrement.
Ibid., etc .
74. Les causes matrimoniales et les fiançailles, par leur nature propre, appartiennent à la juridiction civile.
Ibid. — Allocution « Acerbissimum », 21 sep-
tembre 1852 .
N. B. Ici peuvent se placer deux autres erreurs : l’abolition du célibat ecclésiastique et la préférence due à l’état de
entendre de ce pouvoir emprunté à l'autorité civile.
71. La forme prescrite par le Concile de Trente oblige sous peine de nullité , même quand la loi civile établit une autre forme à suivre et veut que, au moyen de cette forme, le mariage soit valide.
72. Le vœu de chasteté prononcé dans l'ordination rendait le mariage nul, avant la déclaration de Boniface VIII.
73. Il ne peut exister de vrai mariage entre chrétiens, par la vertu du contrat purement civil.
Le contrai de mariage entre chrétiens est toujours un sacrement ; ce contrat est nul en dehors du sacrement.
74. Les causes matrimoniales et les fiançailles appartiennent, par leur nature propre, à la juridiction ecclésiastique, non à la juridiction civile.
mariage sur l état de virginité. Elles sont condamnées, la première dans la lettre encyclique « Qui pluribus », du 9 novembre 1846, la seconde dans la lettre encyclique a Multi^dices inter », du 10 juin
§ IX. Erreurs sur le prineipat civil du Pontife Romain.
75. Les fils de l’Église chrétienne et catholique disputent entre eux sur la compatibilité de la royauté temporelle avec le pouvoir spirituel.
Lettre apostolique « Ad apostolicæ », 22 août 1851 .
76. L’abrogation de la souveraineté civile que possède le Saint-Siège, servirait même beaucoup à la liberté et au bonheur de l’Église.
Allocution « Quibus quantisque », 20 avril 1841.
N. B. Outre ces erreurs explicitement c o n d a m nées, plusieurs autres erreurs le sont implicitement par la doctrine qui a été exposée et soutenue sur le prineipat civil du Pontife Romain, doctrine que tous les catholiques doivent fermement professer. Cette doctrine est clairement enseignée dans l'allocution Quibus quantisque, du 20 avril 1849 ;
75. Il n'y a pas incompatibilité entre la royauté temporelle et le pouvoir spirituel ; les fils de l'Êglise catholique et chrétienne n'ont pas à disputer sur ce point.
76. L'abrogation de la souveraineté civile que possède le Saint-Siège ne servirait en rien à la liberté et à l'honneur de l'Eglise.
l'église et les libertés
dans l’allocution Si semper antea, du 20 mai 1850, etc.
§ X. Erreurs qui se rapportent au Libéralisme
contemporain.
77. A notre époque, il n’est plus utile que la religion catholique soit considérée comme l’unique religion de l’État, à l’ex clusion de tous les autres cultes.
Allocution a Nemo vestrum », 26 juillet 1855.
78. Aussi, c’est avec raison que, dans quelques pays catholiques, la loi a pourvu à ce que les étrangers, qui viennent s’y établir, y jouissent de l’exercice public de leurs cultes particuliers.
Allocution « Acerbissimum », 27 septembre 1852.
79. En effet, il est faux que la liberté civile de tous les cultes et que le plein pouvoir laissé à tous de manifester ouvertement et publiquement toutes leurs pensées et toutes leurs opinions, jettent plus facilement les peuples dans la corruption des mœurs et de l’esprit et propagent la peste de Ylndifférenlisme.
Allocution « Nunquam fore », 15 décembre 1856.
11. A notre époque , il est utile que la religion catholique soit considérée comme l'unique religion de l'Etat , à l'exclusion de tous les autres cultes.
78. C'est à tort que , dans quelques pays catholiques , la loi a pourvu à ce que les étrangers , qui viennent s'y établir > y jouissent de l'exercice public de leurs cultes.
79. La liberté civile de tous les cultes et le plein pouvoir laissé à tous de manifester ouvertement cl publiquement toutes leurs pensées et toutes leurs opinions jettent plus facilement les peuples dans la corruption des mœurs et de l'esprit et propagent la peste de /'Indifférentisme.
LE SVLLABÜS
80. Le Pontife Romain peut et doit se réconcilier et transiger avec le progrès, avec le libéralisme et avec la civilisation moderne.
Allocution « Jamdudum cernimus », 18 mars 1861.
80. Le Pontife Romain ne peut ni ne doit se réconcilier ou transiger avec le progrès , avec le libéralisme et avec la civilisation moderne .