‹ Le symbole des Apotres; essai historiqueChapitre 102 sur 150 · martène, i6id., t. I, p. 88 et · texte numérisé non relu

martène, i6id., t. I, p. 88 et

3. Magni senonensis archiepiscopi libellus de mysterii BapHsmatisjumu Caroli Magni editut. Martène, ibid., 1 . 1, p. 458.

pièce qui, par son caractère officiel, a évidemment une très-grande importance. Le Symbole des Apôtres n’y est pas rapporté textuellement , mais il y est paraphrasé, et dans cette paraphrase il n’est pas fait la moindre mention de la descente de Jésus- Christ aux enfers ; l’article de la résurrection suit immédiatement celui de la crucifixion : eumque veraciter cruciftxum, et die teriia resurrexisse^.

Enfin, dans un autre ancien formulaire du baptême, appartenant à une Église franke et publié également par Martène, la descente aux enfers est entièrement passée sous silence. Après avoir parlé de la mort du Fils de Dieu, on ajoute aussitôt qu’il est ressuscité le troisième jour : Moriuns est ergo Dei Filius secundum scripturas, jîixta id quod mori poterat; resurrexit tertia die, ascendit ad cœlos, sedet ad dexteram Pa-< iris, etc.

Que conclure de là, sinon que cet article n’était

pas encore, au neuvième siècle, en grande faveur / /

dans les Eglises frankes? Il est certain, d’ailleurs, qu’à cette époque il régnait dans ces Églises une indépendance d’esprit qu’on n’a pas assez remarquée, et qu’il y aurait quelque intérêt à mettre en lumière.

4. Martène, De antiquis Ecclesite ritibut, 1. 1, p. 459. 2. Ibid., p. 463.

5® Tertio die resurreocit a mortuia, — Le troisiièmé jour, il est ressuscité des morts.

Cet article se trouve dans tous les Symboles des Apôtres, à peu près dans les mêmes termes; les différences de rédaction sont de trop mince importance pour qu’il vaille la peine, de les signaler ; elles n’influent en rien sur le sens de cette déclaration.

L’Écriture sainte rapportait ce fait ; il constituait un des points les plus essentiels des croyances chrétiennes; la résurrection de Jésus-Christ était regardée comme le gage de celle des fidèles*. Il était, par conséquent, impossible qu’il n’en fût pas fait mention dans le Credo. D’ailleurs, dès qu’où y présentait un tabieau résumé des principaux kwènements de la vie du Sauveur, un trait aussi considérable ne pouvait y être oublié. Deux des réglés de foi de Tertullien et le Symbole du concile de Constantinople ont cet article rédigé dans les mêmes termes. Il est, du reste, la reproduction exacte de 1 Corinthiens, xv, 4.

b” Ascendit ad cœlos. — Il est monté au ciel.

Cet article' est dans tous les Symboles des Apôtres et en termes identiques. On a prétendu qu’il y avait

t . 4 Corinlh., xv, 47.

été mis, soit par opposition à la secte d’Apelles qui enseignait, d’après Tertullien, que le Christ, ayant emprunté sa chair aux astres et aux substances du monde supérieur, la leur avait restituée en montant au ciel *, et, d’après Epiphane, que le corps du Seigneur, pris aux quatre éléments qui composent la matière,' leur avait été rendu au moment de l’ascension ^ ; soit contre Hermogène, qui voulait que le corps de Jésus-Christ ne fût pas entré dans le ciel, mais eût été laissé dans le soleil C’est, ce me semble, aller chercher des difficultés là où il n’y en a point.

L’ascension de Jésus-Christ est un fait capital dans l’histoire évangélique, d’une importance aussi essentielle, dans l’ensemble des croyances chrétiennes, que sa naissance, sa mort et sa résurrection. 11 était dans la nature des choses que, ces derniers faits étant mentionnés dans le Symbole des Apôtres, le premier y fût aussi rapporté.

On put sans doute, dans la seconde moitié du deuxième siècle, s’élever contre les singulières théories d’Apelles et d’Hermogène; il fut peut-être également nécessaire alors d’affirmer contre les

t . Tertultien, De carne Christi, § 6; Contra Marcionem, lib. lU, cap. 14.

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