‹ Le symbole des apôtresChapitre 119 sur 158 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

tionem in Christo Pourquoi Magnus crut-il devoir expliquer cet article, ou du moins en fixer le sens, quand il ne fait rien de semblable pour les autres? Je ne saurais en voir qu’une seule raison : c’est que cet article était alors nouveau pour les Églises frankes ; les Symboles des Apôtres qui y étaient en usage avant les modifications introduites dans le rituel par les soins de Charlemagne ne le contenaient pas. En adoptant un Credo qui le renferme, il convenait d’en expliquer le sens. Hors de là , on ne saurait quelle intention attribuer à Magnus.

On aura sans doute remarqué que cette explication n’est pas du tout conforme à celle qui est donnée d{tns les Sermons 115 e et 131 e De tempore, et qui est encore reçue dans l’Église catholique. Plus simple et plus en harmonie avec 'le véritable esprit chrétien, elle est dégagée de toute idée superstitieuse , et elle nous force à supposer dans son auteur plus de lumières et une plus grande indépendance de la pensée qu’on n’en attribue d’ordinaire aux écrivains ecclésiastiques de cette époque. Au reste, on a pu se convaincre, par plusieurs traits que j’ai eil occasion d’indiquer, que les Églises frankes peuvent se glorifier d’avoir eu, au

i. Marlène, De antiquis Ecclesiœ ritibus, 1. 1, p. <59. Le mot omnium, qui ne se trouve pas dans cet article des autres Credo, semblerait indiquer que la rédaction n’en était pas encore définitivement fixée.

neuvième siècle, parmi leurs conducteurs, un grand nombre d’hommes supérieurs à leur temps, par la droiture de leur jugement, leur piété éclairée et leur esprit libéral.

3° Remissionem peccatorum. — La rémission des péchés.

Cet article se trouve dans tous les Symboles des Apôtres. 11 y entra de bonne heure, non sans doute en même temps que celui de la sainte Eglise, mais vraisemblablement bientôt après. L’un est, en effet, la conséquence de l’autre, car la rémission des péchés, dont il est ici question, dépend de l’Église, s’obtient par elle, est assurée uniquement à ceux qui font profession d’être ses enfants obéissants. On n’avait pas oublié, sans doute, que c’est par la foi en Jésus-Christ que le christianisme enseigne que les péchés sont pardonnés. Mais, comme on croyait qu’il ne peut y avoir de véritable foi chrétienne que dans le sein de l’Église, on concluait de là que le salut tient à l’Église et qu’on ne peut espérer de pardon qu’en elle et par elle. C’est sous l’empire de cette croyance que l’article de la rémission des péchés fut placé dans la partie du Symbole des Apôtres relative à la sainte Église. Si la rémission des péchés avait été considérée simplement comme l’effet de la rédemption opérée par

LE SYMBOLE DES A RO’fR ES 3î:j

Jésus-Christ, on en aurait fait mention dans la seconde partie. Il en était ainsi dans quelques anciens Symboles *. Nous le savons, du moins, pour celui de l’Église copte. Dans ce Symbole où il est parlé de la rédemption, il n’était pas nécessaire de faire mention de la rémission des péchés, qui n’en est que la conséquence : aussi il n’y en est pas question. Tout était dit sur ce sujet une fois qu’on avait confessé, dans la partie relative à Jésus-Christ, « qu’il a été crucifié pour nous sous Ponce Pilate et qu’il est mort pour notre rédemption. » Mais la notion de l’Église ayant pris une importance excessive par suite des oppositions diverses des hérétiques et des schismatiques, il arriva qu'on ne parla plus de la rédemption par le Sauveur, et qu’on rattacha la rémission des péchés à l’efficace de l’Église. C’était là deux faits connexes.

Ces considérations déterminent le sens dans lequel entendaient l’article de la rémission des péchés ceux qui l’inscrivirent dans le Symbole. On ne saurait l’interpréter autrement sans faire violence au texte de ce document, aussi bien qu’à l’histoire.

King pense qu’il a été inséré dans le Credo contre les basilidiens et les montanistes 1 2 . Il serait plus con-

1. Voyez dans Hahn, Bibliothek der Symbole, p. 106, IM, 118, 158, 161, 168, des déclarations positives sur ce point dans dos Symboles de synodes et de conciles du quatrième siècle.

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