Gieseler, Histoire des dogmes, trad. franç., p
de l’Église, tandis que celui qui continua à être usité à Alexandrie reçut l’addition de l’article : « la résurrection de la chair. »
La rédaction en est la même dans tous les Symboles des Apôtres, excepté dans celui de l’Église d’Aquilée. Dans celui-ci, il est présenté en ces termes : hujus carnis resurrectionem, « la résurrection de cette chair ». On ne saurait douter que l’adjectif démonstratif hujus, « cette » , n’y ait été introduit dans l’intention d’éviter tout malentendu, et de bien préciser que l’on entendait parler de la résurrection du corps actuel, du corps tel qu’il est dans cette vie. L’absence de ce déterminatif dans les autres n’est pas du tout un indice qu’on donnât ailleurs un sens différent à cet article, et qu’on voulût y attacher quelque idée spiritualiste. Ce n’est nullement de la survivance de l’âme à la dissolution du corps qu’on a pu vouloir y parler, c’est bien à la lettre de la résurrection du corps actuel. On concevait si peu, à cette époque, la possibilité d’une existence purement spirituelle, qu’un cri général s’éleva contre Origène pour avoir enseigné que du corps actuel la puissance divine développerait, comme d’un germe, un corps semblable quant à la forme au corps actuel, mais pneumatique et approprié au futur séjour des fidèles ‘, et que les clameurs
1. Origène, De princip., lib. II, cap. 10, § 3; Contra Celsum, lib. IV, cap. 57.
ne cessèrent qu’après la condamnation solennelle de cette opinion *, qui était cependant celle de saint Paul 2 . On ne comprenait, en général, la continuité ou la reprise de la vie dans le monde à venir que sous une forme corporelle. Cette croyance n’est pas , exprimée toujours avec le luxe de matérialisme qui distingue le traité deTertullien, De anima; mais, à l’exception des Alexandrins, elle est partagée par tous les Pères de l'Église. Saint Augustin luimême, qui avait d’abord partagé le sentiment des docteurs d’Alexandrie, finit par adopter l’opinion commune et par enseigner la résurrection de la chair 3 , quoiqu’il semble avoir toujours conservé quelques doutes sur la parfaite conformité de cette doctrine avec celle de l’apôtre saint Paul \