‹ Le symbole des apôtresChapitre 13 sur 158 · Iynalii E pistait! ad Smyrnœos, $ 1 et · texte numérisé non relu

Iynalii E pistait! ad Smyrnœos, $ 1 et

S. 'AXrAw; ôvtsi ix ' àv&u Aaoi B xxxa aacxtx, — -^£-'Gcr r u.ivc-'v à'/rGoj;

Si l’on considère maintenant, d’un côté, que le but que se proposait ici saint Ignace lui faisait une obligation d’affirmer la réalité des principaux actes de l’existence terrestre de Jésus-Christ, réalité que niaient les docètes, et par conséquent de mentionner ces actes, et de l’autre que ces faits étaient tous rapportés par la tradition ou par les Évangiles, on se demande à quoi aurait pu lui servir le Symbole des Apôtres, en supposant qu’il eût été déjà composé de son temps. 11 est évident que ce Père de l’Église aurait très-bien pu écrire les deux passages qu’on vient de lire sans avoir la moindre connaissance de ce formulaire. Ces deux passages n’en impliquent donc pas l’existence, et on ne saurait en conclure en aucune sorte que saint Ignace l’ait connu.

Il en est de même des autres passages des anciens écrivains chrétiens, dans lesquels on veut voir des imitations, des paraphrases ou des citations de quelques-uns des articles de cette confession de foi. Je vais d’abord les mettre sous les yeux . du lecteur; je les discuterai ensuite.

ix ira-fôtvcu, — ixxOw; «ri üovtiv» IliXavto xou ‘Howîcu TtTfàs^s'j uxO/i- Xiuiiî’ra vnrij t.jaûv £v oafxi, — à>./,6û{ tnaflîv, — iXr.Oü; àvionwt»

iautbv, — les mots àxr,6w{, xztà aàjxx et èv oxfxi sont évidemment le nerf de la réfutation du docétisme; ils prouvent bien en même temps que c’est contre cette secte que saint Ignace a écrit ces passages.

Le second écrivain ecclésiastique dont on invo» que le témoignage en faveur de l’existence du Symbole des Apôtres à cette époque reculée, est saint Irénée. Voici le passage de ses écrits dans lequel, à ce qu’on assure, on trouve des souvenirs, sinon des citations, de ce formulaire.

« L’Église qui est répandue sur toute la terre » a reçu, dit-il, des Apôtres et de leurs disciples, » cette foi, qui consiste à croire en un seul Dieu, » Père tout-puissant, Créateur du ciel et delà terre, » de la mer et de tout ce qui y est contenu ; en un » seul Jésus-Christ, Fils de Dieu et fait chair pour » notre salut; en un Saint-Esprit qui a annoncé » par les prophètes la dispensation de Dieu et son » avènement, 'la naissance d’une Vierge, la passion, » la résurrection d’entre les morts et l’ascension en » chair de Jésus-Christ, notre Seigneur, et sa » descente du ciel, dans la gloire du Père, pour » juger l’univers et ressusciter toute chair hu- » maine, afin que devant Jésus-Christ, notre Sei- » gneur, notre Dieu, notre Sauveur, notre Roi, » selon la volonté du Père invisible, tout genou » fléchisse dans les cieux, sur la terre et dans les » enfers; que toute langue lui rende témoignage » et que son jugement divin s’étende à toute chose. » Il condamnera au feu éternel les puissances du » mal, les auges rebelles, les apostats, les impies, » les hommes injustes, iniques et blasphémateurs ;

» mais aux ‘justes, aux fidèles observateurs de la » loi, à tous ceux qui persévèrent dans la charité » pendant leur vie entière, ou qui, ayant péché, » se sont repentis, il sera donné une autre vie in- » corruptible, une gloire qui ne périra jamais » *.

On cite aussi trois passages de Tertullien, passages dans lesquels cet écrivain a tracé la règle de la foi, Régula ficlei , c’est-à-dire le tableau des croyances propres à la religion chrétienne. Voici le premier; c’est le moins complet, mais le plus précis : « Il n’y a qu’une seule règle de foi. Elle » n’admet ni changement ni altération. Elle con-

1. lrénée, Adv. livre lib. I, cap. 10, § 4. lrénée donne une autre règle de foi analogue, Adv. livres., lib. III, cap. i, § î. Il n’est pas inutile de faire remarquer que, tandis que les protestants prétendaient retrouver dans ces règles de foi d'Irénée le Symbole des Apôtres, les catholiques assuraient que ce Père de l’Église y invoquait la tradition orale. «Falsum est, dit Massuet dans une note sur lrénée, quod hic ait Grabius, symbolum ab Irenæo, lib. III, cap. 4, appellari veterem traditionem. Agit enim eo loco Irenæus, non de symbolo, sed de verbo Dei non scripto, ab apostolis tradito, cujus auctorilatom commendat et in hærelicos intorquet. » Irenœi Opéra, éd. Aligne, col. 549, notel. Massuet ne se trompe pas moins que Grabe. Il n’est presque pas une seule des déclarations contenues dans les deux règles de foi d’Irénée qui ne rappelle quelque passage du Nouveau Testament ou qui n’en soit une citation littérale. Au second siècle, on ne distinguait pas entre la tradition écrite et la tradition orale. On disait de toutes les croyances chrétiennes, qu’elles fussent, ou non enseignées dans le Nouveau Testament, qu’elles avaient été transmises par les Apôtres.

» siste à croire en un seul Dieu tout-puissant, Créa- » teur du monde ; en Jésus-Christ, son Fils, né de » la Vierge, crucifié sous Ponce Pilate, ressuscité » d’entre les morts le troisième jour, reçu dans les » cieux, assis maintenant à la droite du Père, d’où » il viendra pour juger les vivants et les morts par

* la résurrection de la chair » '.

Voici le second : « Nous croyons en un seul » Dieu, mais avec la dispensation ou économie, » comme nous l’appelons, que ce Dieu unique a un

* Fils, son Verbe procédant de lui-même, par qui » toutes choses ont été faites et sans qui rien n’a » été fait. Nous croyons qu’il a été envoyé par le » Père pour naître d’une Vierge, à la fois homme » et Dieu, Fils de l’homme et Fils de Dieu, qu’il a » été appelé Jésus-Christ, qu’il a soufiert, qu’il est » mort, qu’il a été enseveli selon les Écritures, » qu’il a été ressuscité par le Père et élevé au ciel,

* où il est assis à la droite du Père, et d’où, il viendra » un jour pour juger les vivants et les morts. Nous » croyons que de là il a envoyé de la part du Père, » selon sa promesse, le Saint-Esprit, le Paraclet,

» pour sanctifier la foi de ceux qui croient au Père,

» au Fils et au Saint-Esprit » 2 .

Le troisième est plus étendu, plus complet, mais

4 , Tertullien, De velandis virginibus, § 1 .

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