‹ Le symbole des apôtresChapitre 17 sur 158 · Tradum majore^ noslri quod, post ascensionam, Domini · texte numérisé non relu

Tradum majore^ noslri quod, post ascensionam, Domini

Le récit de Rufin a-t-il quelque valeur historique ? Il ne le paraît pas. Il se fonde sur une tradition qu’il tenait, à ce qu’il assure, de ses pères, mais dont, saint Ambroise excepté, personne n’avait parlé avant lui. Cela veut dire tout simplement qu’au quatrième siècle, là où le Symbole des Apôtres était connu, l’bistoire rapportée par Rufin était racontée pour expliquer le titre sous lequel ce formulaire était alors désigné.

Cette tradition manque de garantie historique, et, à un plus haut degré encore , de vraisemblance. Quelle apparence que les Apôlres aient senti le besoin de se tracer une règle de prédication, touchant des événements qui s’étaient passés sous leurs yeux et sur des croyances dont leurs cœurs débordaient? Comment se figurer qu’ils aient pu penser à prendre des mesures contre les défaillances de leur mé-

cum per advenlutn Spiritus Sancli super singulos quosque apostolos igneæ liiiguæ sedissent, ut loquelis diversis variisque loquerentur, per quod eis nulla gens extera, nulla linguæ barbaries inaccessa videretur et invia, præceptura eis a Domino datum ob prædicandum Dei verbum, ad singulas quemque proficisci nationes. Discessuri itaque ob invicem normam prius futuræ sibi prædicationis in commune constituant, ne forte alius abalioabducti, diversum aliquid his qui ad fidem Christi invitabantur, exponerent. Omnesergo in uno positi, et Spiritu Sancto repleti, breve istud futuræ sibi, ut diximus, prædicationis indicium, conferendo in unum quod senliebat unusquisque componunt, atque banc credentibus dandam esse regulam statuunt. Rufin, Expositio in Symbolum Apostolorum, p. 154, à la fin de Cypriani Opéra. Oxford, 1700, in-fol.

moire, de leurs sentiments et de leur intelligence 1 ? Rien de plus contraire à la nature des choses et à ce que nous savons de l’ardeur religiei se des premiers chrétiens.

La supposition qui est à la hase de cette tradition que les Apôtres, le lendemain de l’Ascension ou de la Pentecôte, ou même plus tard 2 , se séparèrent pour se répandre sur la surface du globe, sans espoir de se voir jamais réunis, est en pleine contradiction avec l’histoire. Ils ne quittèrent Jérusalem ni de longtemps ni tous à la fois. La ville sainte resta, presque jusqu’au moment où elle fut détruite, leur centre d’action 3 . Ceux qui en partaient pour aller prêcher l’Evangile au loin y revenaient, d’ordinaire, pour en repartir en ,'ore pour une mission nouvelle 4 .

1. Crainte chimérique, ainsi que le fait observer Charnier, puisqu’ils avaient le Saint-Esprit qui les guidait en toutes choses. Panstratia, lib. IX, cap. 1 0, § 1 3. Vossius fait la même observation. Après avoir fait remarquer que la légende racontée parKuûn supposerait nécessairement que les Apôtres n’avaient pas une bien grande confiance dans leur foi, il ajoute : « Atqui repleti erant Spiritu Sancto ; gnari etiam Deum promisisse ducturum se eos in omnem verilatem, et pro occasione rerum, in os iis iugesturum quod dicerent. • üe tribus Symbolis, p. \\, Dissert. prima, g H.

2. Baro iius sentit la nécessité de modifier quelque peu la tradition rapportée par Kufin. Il retarda le moment de la séparation des Apôtres jusqu’à la quatorzième année après l’ascension de Jésus-Christ. Cette correction ne rend la légende ni plus vraisemblable ni plus conforme à l’histoire apostolique.

Page 1