Rufini Expositio in Symbolum apostolorum, p
2. Ne serait-ce pas là une preuve que l’intérêt qu’on avait jusqu’alors attaché à ce formulaire commençait à baisser? Je rapporterai plus loin un fait qui montre qu'on mettait peu de soin, au neuvième siècle, dans les Églises frankes, à le faire apprendre aux catéchumènes.
premier du Supplément de Vignier ; elle est autre encore dans les quelques écrits d’un âge postérieur, dans lesquels on la rencontre, par exemple dans un poème latin composé au moyen âge sous le titre de Floretus et longtemps att ribué à saint Bernard *. Le passage qui se rapporte à notre sujet est assez curieux pour mériter d’être mis sous les yeux du lecteur :
Articuli fidei sunt bis sex cordo tencndi,
Quos Christi socii docuerunt pneumate pleni :
Credo Oeum Patreni, Petrus inquit, cuncla creantem ; Andrœas dixit : Ego credo Jesum fore Christum;
Conceptum, natum, Jacobus^ passumque, Joannes; lofera, Philippus , fugit; Thomasquo : revixit;
Scandit, Bartliolomœut ; veniet censere, Matthœus ;
Pneuma, Minor J ücobus ; Simon : Peccata remiltit;
Restituit, Judas, carnem; vitamque, Matthias.
Sous cette forme qui la rend ridicule — le mot est de Charnier 2 — et malgré les fluctuations qui devaient faire naître quelques soupçons sur sa vérité, cette légende n’a pas laissé d’avoir de nombreux partisans. Priminius au huitième siècle *,
1 . Ce poome est imprimé dans les Œuvres de saint Bernard ; et dès l’an 1 473, il a été publié plusieurs fois séparément. Il en existe une traduction française en vers de huit syllabes, dont on connait deux éditions, l’une de Rennes, 1 483, in-4, et une autre In-8, sans lieu ni date. Migne, Diclionn. des Apocryphes, t. II, p. 413 et 11 4.
2. Res aulem habet aliquid ridiçulum, quum finguntur omnes aposloli quasi centonem confecisse, singulissuam particulam adjicientibus. Charnier, Panstratia, lib. IV, cap. 10, § 42.