‹ Le symbole des apôtresChapitre 40 sur 158 · Cetle iraduclion du Symbole d’Anlioche est également dans · texte numérisé non relu

Cetle iraduclion du Symbole d’Anlioche est également dans

Par suite de quelles circonstances ces paroles furent-elles supprimées dans les Symboles postérieurs? Je n’ai pas ici à le rechercher; il me suffît de constater le fait. Qu’on ne dise pas que la doctrine de la rédemption est implicitement contenue dans l’article de « la rémission des péchés. » Ce serait là une erreur manifeste. Cet article fut introduit dans le Credô contre les fiovatiens, qui prétendaient dans leur rigorisme qu’il est des péchés que l’Église n’a pas le droit d’absoudre, je le prouverai plus loin. 11 s’agit par conséquent ici, non de la rédemption par Jésus-Christ, mais de la puissance que l’Église s’attribue de remettre toute espèce de péchés. On en a d’ailleurs une preuve indirecte dans ce fait que le Symbole des Apôtres des Constitutions apostoliques, après avoir dit que Jésus-Christ a été crucifié pour nous sous Ponce Pilate et qu’il est mort pour notre rédemption, ne laisse pas de parler de la rémission des péchés par la sainte Église 1 . Les deux articles étaient donc

l’Appendice n» 4. Il n’esl pas inutile d’ajouter que les Symboles des conciles œcuméniques de Nicée et de Constantinople font mention de la doctrine de la rédemption à peu près dans les mômes termes que le Symbole copte et celui des Constitutions apostoliques. Al* TïiV T.jJUTSpav ITMT r.pîïv X*TlXW*Ta, est-il dit dans le Symbole de Nicée, et Si’ rp.*; tou; àvOpùiteo; x*£ Si* riv ^u.trip*v <suTï,pi*v x*tOBovt*, dans celui de Constantinople. De môme dans le premier synode de Sirmium en 331 : Si r.u.*; ivavOpwmr.aavT*. Propter nos incarnalus, synode de Phiiippopolis en 347, etc.

4. Il est tout à fait vraisemblable qu’il en était de môme dans

distincts; l’un n’implique pas l’autre et ne le rend pas par conséquent superflu. L’article de la rémission des péchés se rapporte à toute autre chose qu’à la doctrine de la rédemption par Jésus-Christ.

Il faut ajouter maintenant que, si cette doctrine fondamentale du christianisme apostolique fut effacée du Credo, elle y fut successivement remplacée par d’autres doctrines qui n’ont aucune racine, ni dans l’enseignement de Jésus-Christ, ni dans celui des Apôtres. On n’y parle plus de la rédemption, mais on y déclare qu’on n’obtient le salut que dans l’Église et p3r l’Église; et plus tard on y inséra un article relatif au purgatoire et un autre tou- •chant les mérites et l’intercession des saints*.

Le Symbole des Apôtres n’est donc pas une image fidèle des croyances de l’Église primitive. Il passe sous silence plusieurs des doctrines auxquelles les Apôtres attachaient la plus haute importance, et il en mentionne plusieurs autres qui leur avaient été complètement inconnues et qui ne prirent naissance

le Symbole des Apôtres en usage dans l’Église d’Antioche; malheureusement Cassien n’en cite que les deux premières parties, et nous n'avons pas celle relative à l’Église.

1. Pour le sens dans lequel il faut prendre ces articles, voyez plus loin, 3» partie, chap. 3, § % et 3, et 4<> partie, chap. ï et 4.

que dans les siècles suivants. C’est là un fait tellement manifeste, qu’il a été reconnu et avoué même dans des Eglises où ce formulaire est officiellement admis comme une règle de foi. On en a la preuve dans la préface de l’Exposition du Credo, de Pearson.

« Celui qui explique le Credo, dit ce savant évêque anglican, n’a pas à discuter s’il contient tout ce qui est nécessaire ; il est seulement tenu à faire mention de ce qui y est, et non à s’enquérir de ce qui y manque. D’un autre côté, nous ne sommes forcé en aucune manière de déclarer si tout ce qui y est renfermé est d’une égale nécessité, d’une nécessité absolue ; il suffit au but du commentateur d’interpréter les mots et d’en bien établir le sens, de mettre en lumière la vérité qui en ressort, et de montrer la nécessité propre de chaque vérité, en en précisant le mode, le degré et l’intention *. »

Ce langage est plein de réserve, sans doute ; mais Pearson en dit assez pour donner à entendre, sans qu’on puisse s’y méprendre, qu’à ses yeux le Symbole des Apôtres ne contient pas toutes les vérités chrétiennes et que tout ce qui y est mentionné n’est pas d’une nécessité absolue pour la foi, ou, en

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