‹ Le symbole des apôtresChapitre 41 sur 158 · Pearson, An Expoiition of the rreed, édit, de Glasgow · texte numérisé non relu

Pearson, An Expoiition of the rreed, édit, de Glasgow

d’autres termes, n’est pas exactement conforme au christianisme évangélique.

Gomment un formulaire si peu conforme à l’enseignement apostolique a-t-il donc pu être désigné par le nom de Symbole des Apôtres? On se l'expliquera sans peine, si l’on considère qu’à partir du milieu du second siècle, l’Église, par opposition aux dissidents de tous genres qui la combattaient, n’a jamais cessé d’affirmer qu’elle tenait ses croyances des Apôtres, comme ceux-ci les tenaient de Jésus-Christ*. Tout ce qu’elle enseignait était, à ce qu’elle assurait, d’origine apostolique. Le Symbole, qui était bien en un certain sens le résumé de ses croyances, ne pouvait venir d’autre part. De l’opinion que les doctrines qui y sont enseignées étaient apostoliques, à la légende qu’il avait été rédigé par les Apôtres eux-mêmes, la transition était facile, inévitable même, à une époque où tout se traduisait en faits concrets. « On était persuadé, dit Néander, que la doctrine exposée dans cette confession de foi dérivait de la tradition des Apôtres, que c’était celle qu’ils avaient annoncée de vive

voix et par écrit, sans croire toutefois qu’ils eussent

4. « La vérité, dit Tertullien, ne peut se trouver que du côté de ceux qui suivent religieusement la règle de foi donnée à l’Église par les Apôlres, aux Apôtres par Jésus-Christ, à Jésus-Christ par Dieu lui-môine. # De prœscript., $ 37.

Si LE SYMBOLE DES APOTRES

eux-mêmes arrêté le texte de ce formulaire. C’est dans ce sens qu’on le nommait la Prédication apostolique, Rrp'jyaa à-ro'TToM/.ov, la Tradition apostolique, iiacaSo'îi; àicosToXom. Plus tard, ces expressions, mal entendues, donnèrent lieu à la fable que les Apôtres l'avaient composé textuellement 4 . »

L’illusion était d’ailleurs facile. Le Symbole des Apôtres s’était formé peu à peu, dans l’intention de mieux préciser la véritable doctrine chrétienne. La formule primitive, dont il n’était qu’une sorte d’amplification, était réellement sortie de l’enseignement de Jésus-Christ; elle avait été transmise par les Apôtres. Cette formule servait de profession de foi aux néophytes au moment de leur baptême; les additions qu’on y fit n’en changèrent ni l’emploi ni le caractère, et l’on continua toujours de dire du formulaire qui servait de profession de foi à ceux qui recevaient le baptême, ce qu’on disait de la formule primitive qui servait au même usage, qu’il venait des Apôtres.

Ce serait une complète erreur de croire que ceux qui, au quatrième siècle ou aux siècles suivants, regardaient le Symbole des Apôtres comme un résumé de la foi chrétienne, eussent conscience des différences qui le séparaient du christianisme primitif. Le christianisme était pour eux ce qui était ensei-

4. Néander, AUgem. Gesch. der christl. Religion, t. I, p. 354.

gué. dans ce formulaire; à leurs yeux, il n’y avait eu dans l’enseignement de Jésus-Christ et des Apôtres ni plus ni moins qu’il y avait dans le Credo. La critique historique constate aujourd’hui combien leur erreur était profonde ; mais cette erreur, ils ne pouvaient l’apercevoir. Les croyants de tous les temps sont sous le coup d’une illusion analogue. Quelles que soient les doctrines qu’ils admettent, ils sont persuadés que Jésus-Christ et les Apôtres les ont enseignées, et c’est précisément par suite de cette persuasion qu’ils les admettent.

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