DES ORIGINES UU SYMBOLE DES APOTRES
Si le Symbole des Apôtres u’est pas l’œuvre des premiers propagateurs du christianisme, d’où vient-il et comment est-il né? Telle est la première question que nous avons maintenant à examiner. Nous essayerons plus tard de déterminer les causes des transformations de plus d’un genre qu’il a • subies avant de prendre la forme définitive sous laquelle il est, depuis des siècles, en usage dans l’Église catholique. Mais il faut d’abord en rechercher les origines.
Que faut-il entendre par là ?
Les choses religieuses, de môme que toutes les autres choses de ce bas monde, ne naissent pas spontanément. Elles sont appelées à l’existence à la fois par des antécédents et par l’action du milieu dans lequel elles naissent, et qui détermine ces antécédents plutôt dans un sens que dans un autre. Un rite ecclésiastique n’est institué que quand on s’aperçoit qu’il compléterait un certain nombre
d’autres rites déjà établis et que le sentiment général incline de ce côté. Une doctrine n’est jamais nouvelle dans le sens propre du mot; elle sort toujours, par voie de conséquence ou par une sorte d’extension, d’une autre doctrine ou d’un ensemble d’autres doctrines déjà universellement admises; mais elle n’en sort qu’au moment où les esprits sont disposés de telle façon que cette doctrine est, en quelque sorte, un besoin pour eux. Telle est la loi commune. Le Symbole des Apôtres n’y a certainement pas fait exception. On peut donc croire à priori : premièrement, qu’il a eu des antécédents, c’est-à-dire qu’il existait avant lui des formulaires plus ou moins analogues, dont il a été une sorte de "développement; et, secondement, que la formation en a été provoquée par quelque besoin général de l’époque qui l’a vu naître, c’est-à-dire encore qu’au moment où il s’est produit, les circonstances étaient telles, que les anciens formulaires étaient insuffisants et demandaient à être transformés.
Ce n’est là toutefois qu’une conjecture tirée de l’analogie des lois de l’histoire ; mais quelques faits que nous pouvons déjà indiquer, viennent lui prêter leur appui et la changer en certitude. Ceux que nous aurons à présenter plus tard ne laisseront rien à désirer sous ce rapport.
Dès que ce formulaire apparaît dans l’histoire, il se montre à la fois à Antioche, à Alexandrie, à
Carthage, peut-être encore en d'autres lieux. Il est bien probable qu’il n’est pas né au même montent en plusieurs Églises. Tout semble indiquer qu’il vient de l’Orient; mais l’extrême rapidité avec laquelle il se répandit et fut accepté sans la moindre opposition nous est un sûr garant qu’il répondait à un besoin de l’époque à laquelle il appartient. D’un autre côté, dans toutes les Églises où nous le voyons reçu et employé, dans les premiers siècles, il y est établi comme une partie intégrante des institutions et des croyances ecclésiastiques. Personne ne semble se douter qu’il y ait été apporté du dehors et qu’il y ait eu un moment où il n’existait pas et où on n’en faisait pas encore usage. Ce n’est là certainement ni une preuve ni même un simple indice de l’origine apostolique qu’on a voulu lui attribuer. Toutes les croyances présentent le même phénomène. Il n’en est pas une seule qui, née la veille, 11e passe le lendemain pour être contemporaine de la première prédication de l’Évangile. Mais cet ensemble de circonstances nous autorise à penser que le Symbole des Apôtres a été moins une chose entièrement nouvelle, qu’une transformation ou une combinaison de formulaires analogues antérieurs, déjà connus et usités, ou sanctionnés par le temps ou par le suffrage universel des Églises, et dont il fut regardé, si je puis ainsi dire, comme une édition revue et augmentée.
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On comprend maintenant ce que j’entends par la rechereîi î des origines du Symbole des. Apôtres et en quels termes se pose la question que nous avons à résoudre. Il s’agit de rechercher, d’un côté, de quels formulaires antérieurs il a été dans le principe une transformation ou une combinaison, et, de l’autre, quelles sontles causes historiques qui provoquèrent la modification ou le développement de ces anciens formulaires.