‹ Le symbole des apôtresChapitre 44 sur 158 · Cyrille de Jérusalem, Opéra, p 75, Caterh., V · texte numérisé non relu

Cyrille de Jérusalem, Opéra, p 75, Caterh., V

4. Jérôme, Epist. 64, ad Pammarh,; c’est la 38® dans l’édition de J. Martiany, Paris, 4706, t. I, pars I, col. 323.

5. Hæc fides, hoc sacramentum non sit commilteudum charlis, non scribendum litteris. Pierre Chrysologue, In Symbol, ter-

i02 LE SYMBOLE DES APOTRES

lement à recommander de ne pas mettre le Symbole des Apôtres par écrit, qu’on en parlait encore à une époque où, le christianisme étant la religion générale du monde civilisé, ce formulaire circulait partout depuis plusieurs siècles avec les sermons qui étaient consacrés à l’expliquer, et qui étaient fort répandus 1 .

Pourquoi le Symbole ne devait-il pas être mis par écrit? Était-ce, comme le dit saint Cyrille de Jérusalem, pour que les nouveaux chrétiens fussent dans l’obligation de l’apprendre par cœur, afin d’avoir toujours présent à l’esprit l’ensemble des doctrines chrétiennes? Mais on aurait pu le faire apprendre par cœur aux nouveaux chrétiens, tout en le laissant mettre par écrit. L’un et l’autre se fait aujourd’hui, et depuis des siècles, sans le moindre inconvénient.

Était-ce, comme l’assure Rufin, parce que les Apôtres l’avaient ainsi décidé 3 ? On ne trouve pas la moindre trace d’une mesure de ce genre, ni dans

mones 56, 57, 59, 60; dans l’édition de Théophile Raynaud, p. 51, 52, 64, 65.

1. Martène, De antiquis Eccletiœ rilibus, t. I, p. 30 el 100.

2. Hæc non scribi cbartulis atque membranis, sed etiam in cordibus, tradiderunt apostoli. Rufin, Expositio in Symbol.,

les écrits des Apôtres, ni dans ceux de leurs successeurs immédiats. Le christianisme n’avait pas, dans les premiers temps, les allures d’une société secrète, et ce n’est que dans les sociétés secrètes qu'il est interdit de confier au papier les articles de foi, parce qu'il faut en dérober la connaissance à quiconque n’est pas initié.

C’est bien cependant « pour que le secret de Dieu ne fût pas connu des indignes et des profanes*, » que la plupart des écrivains ecclésiastiques du quatrième et du cinquième siècle prétendent que le Credo ne devait pas être mis par écrit. Telle est l’opinion de Pierre de Ravenne ; telle est certainement aussi celle de Rufin etdetousceux qui, avec lui, regardaient ce formulaire comme une sorte de mot d’ordre destiné à permettre aux fidèles de se reconnaître entre eux et de se distinguer de quiconque n’était pas membre de l’Église *.

Le Symbole des Apôtres est très-souvent appelé un mystère 3 , mysterium Symboli 4 , un mystère transmis parles Apôtres, mysterium quod Apostoli

4 . Ne secrelura Dei habeat indignus et profanus auditor. Pierre Chrysolog., Sermo 59, et dans les sermons 60 et 64 , dans l’édition de Th. Raynaud, p. 54, 55 et 56.

2. Rufin, Exposit.in Symbol. Apostolor.,pA'.‘>i; MaxiraedeTurin, éd. Th. Raynaud, p. 239; Léo Magnus , éd. Th. Raynaud, p. 239.

3. On vient de voir que Pierre do Ravenne le nomme le secret de Dieu, secretum Dei.

4. Beati apostoli mysterium symboli tradiderunt, ut signaculum symboli inter fidos perfldosque secerneret, et alienus a fide

tradiderunt *. Encore à la fin du huitième siècle, l’évêque Jesse lui donne cette qualification 3 .

A vrai dire, cela ne parait pas avoir de sens à la fin du quatrième siècle, et encore moins dans les siècles suivants. Ce n’est que dans des sociétés secrètes qu’il est interdit de mettre les Symboles par écrit, et à cette époque, le christianisme, devenu la religion dominante dans l’empire romain, était professé publiquement au grand jour; tout ce qui le concernait était connu; une foule d’écrivains en avaient déjà expliqué l’histoire et la doctrine dans des livres répandus en tous lieux. Gomment, dans un tel état de choses, pouvait-on parler de formulaires secrets qu’il fallait dérober à la connaissance des profanes? L’étonnement redouble quand on voit ceux-là mêmes qui répètent si souvent qu’il nè faut pas mettre le Symbole des Apôtres par écrit, l’écrire tout au long avec les explications qu’ils en donnent, dans des traités et des sermons, dont il était impossible qu’il ne circulât pas bientôt de nombreuses copies.

atque hostis appareret ecclesiæ qui aut tanquam baptizatus nescisset, aut tanquam hæreticus corrupissot. Léo Magnus, edid. TU. Raynaud, p. 239.

1 . Mysierium prædicamus quod apostoli tradiderunt, est-il dit dans un ancien rituel rapporté par Marlcne, De antiquis Er.clesiœ ritibus, t. I, 441.

2. Jesse ambunieitsis episcopi epistula ad siue diocesis sacerdotes, cité dans Martène, ibid., I. f, p. 29 et 30.

Faudrait-il admettre, avec Muratori, que la recommandation des écrivains ecclésiast iques du quat rième et du cinquième siècle, de ne pas mettre par écrit le Symbole des Apôtres, ne doit pas se prendre à la lettre, et que Jérôme, Augustin et les autres docteurs chrétiens de cette époque voulaient dire seulement que le Credo est un document si précieux que ce n’est pas sur du papier, mais dans le cœur, qu’il mérite d’être écrit 1 ? Je ne saurais le croire. L’opinion du savant antiquaire italien s’accorde mal avec les paroles des Pères de l’Église qui ont expliqué le Credo et avec les renseignements les plus certains que nous donnent sur ce point un grand nombre d’ouvrages du troisième, du quatrième et du cinquième siècle. En vain fait-il remarquer qu’il ne pouvait pas être, à la lettre, interdit de mettre par écrit le Credo, puisque ceux-là mêmes qui insistent le plus sur cette interdiction l’écrivirent eux-mêmes dans leurs expositions Zh? Symbolo. Ces expositions sur le Symbole ou n’étaient pas destinées à la publicité, ou ne devaient être communiquées qu’aux membres de l’Église, c’est-à-dire aux personnes qui avaient déjà reçu le baptême et qui par conséquent avaient connaissance de ce formulaire *. La

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