Matth., X
choses qui lui sont transmises, les choses secrètes lui seront révélées ; de sorte que la vérité et ce qui est caché à la plupart des hommes sera révélé au plus petit nombre. Pourquoi tous les hommes ne connaissent-ils pas la vérité? Pourquoi tous n’aiment-ils pas la justice, si la justice est le propre de tous? Les mystères sont transmis d’une manière mystique, de sorte que la vérité se trouve sur les lèvres de celui qui enseigne, et plus encore dans son intelligence que dans sa bouche *. »
Qu’on ne croie pas qu’eu distinguant ceux qui sont capables de connaître les mystères divins de ceux qui ne le sont pas , Clément d’Alexandrie veuille opposer les chrétiens et ceux qui sont encore plongés dans les ténèbres du judaïsme ou du paganisme. C’est entre les chrétiens qu’il établit cette distinction. Pour lui, les uns vivent de la foi, et les autres, en petit nombre, ont tiré de la foi la science, et sont les véritables gnostiques. Tout le christianisme ne peut être communiqué à tous. Quand le Seigneur dit : « Ce que vous entendez à l’oreille, prêchez-le sur les toits 1 2 , » il veut parler, à ce qu’assure Clément d’Alexandrie, des traditions dont il nous a donné le sens d’une manière sublime et parfaite. Voilà celles dont il veut qu’on reçoive
1. Cl. u.eut d’Alex., Stromat., liv. 1, ch. 1. Trad. de M. de G noi.de, y. 9.
i. ilülth., X, SB.
le dépôt, pour le transmettre à tous. Mais, ajoutet-il, il ne nous enjoint pas de dévoiler à tous indistinctement les choses qui leur ont été dites en paraboles. Aussi, comme la tradition divine ne frappe pas seulement les oreilles de celui qui comprend la majesté de la parole, mais qu’elle s’adresse à tous, il faut envelopper d’un voile la sagesse qui est révélée d’une manière mystérieuse, et que le Fils de Dieu a enseignée *.
L’auteur du Traité des mystères égyptiens, Salluste, et Olympiodore ne parleront pas différemment de la nécessité de cacher sous des symboles leur prétendue sagesse divine, pour la soustraire aux regards des profanes. C’est d’ailleurs ce que disaient déjà Tes philosophes mystiques du second siècle.
Origène s’explique sur ce sujet encore plus clairement que sou maître. 11 déclare expressément qu’il y a dans le christianisme, comme dans la philosophie, — la philosophie de son temps, bien entendu , — une doctrine exotérique , en rapport avec l’intelligence peu développée du commun des hommes, et une doctrine ésotérique, cachée à la foule, p/n s!; tg’j; -ol'Xo'j; <p9avovTx, et communiqué uniquement aux esprits cultivés et aux âmes d’élite .