Hahn, Diblioth. der Symbole, p. 40 et 44, note
« Je me consacre au Christ; je crois et suis baptisé en un Dieu unique, incréé, le seul vrai Dieu tout-puissant. Père de Jésus- Christ, créateur et auteur de toutes choses, de qui tout dérive;
» Je crois au Seigneur Jésus-Christ, son Fils unique, premierné de toute créature, engendré avant tous les âges, par la bonne volonté de Dieu, non créé*, par qui toutes choses ont été failes dans les deux et sur la terre, les visibles et les invisibles; qui, dans les derniers temps, est descendu du ciel, a revêtu une chair, est né de la sainte Vierge Marie, et a vécu saintement selon les lois de Dieu, son Père ; qui a été crucifié sous Ponce Pilate, est mort pour nous, est ressuscité le troisième jour après avoir* souffert; qui est monté au ciel, s’est assis à la droite de Dieu, et reviendra avec gloire, à la fin du monde, pour juger les vivants et les morts; dont le royaume n’aura pas de fin * ;
• Je suis baptisé aussi dans le Saint-Esprit, c’est-à-dire le Consolateur, qui agit avec efficace dans les saints depuis le commencement du monde, et qui plus tard a été envoyé aux Apôtres 3 par le Père, selon les promesses de notre Sauveur, le Seigneur Jésus-Christ, et, après les Apôtres, à tous ceux qui, dans la sainte Église catholique *, croient à la résurrection de la chair, a la rémission des péchés, au royaume des cieux et à la vie du monde à venir. »
1 . Ce terme « non créé, » où x-nattriTa, est une interpolation, au jugement de tous les critiques.
2. Ces mots • dont le royaume n’aura point de fin, > oî ris (iaoiXtia; tùx curai tcào;, sont aussi une interpolation, et ont été empruntés au Symbole du premier concile de Constantinople.
3 Quelques manuscrits portent : • A nous les Apôtres, » *aî tiuîv toï; À.7cooToXct{. Cette leçon a été adoptée par Alansi (Collectif) coni'ilioi'um amplissima, t. I, p. 523), et, ce me semble, avec raison. 11 est naturel, en effet, qu’on ait mis ces mots dans la bouche des Apôtres, puisqu’on les donne pour les auteurs des Constitutions apostoliques.
t. Les mots tv rii ày! a xodfoXu») c'xxXr.mâ ne me semblent pas pouvoir être pris, comme on le fait dans presque toutes les traductions, pour le régime du participe jtturtuouoiv.
Ces deux Symboles, celui des Constitutions apostoliques et celui qui a été conservé dans les canons de l’Église copte, n’étaient pas probablement les seuls qui fussent en usage à la fin du troisième siècle ou au commencement du quatrième 1 . S’il en existait d’autres, on peut croire avec quelque vraisemblance qu’ils étaient analogues à ceux que nous Venons d’examiner; peut-être même n’étaient-ils que des imitations de celui des Constitutions apostoliques, qui parait avoir été le plus célèbre *.
Quoi qu’il en soit, ce n’est plus ces Symboles des
1 . Ou cite d’ordinaire parmi les Symboles des Apôtres de cette époque celui de l’Église d’Antioche, dont malheureusement il ne, reste que les deux premières parties, et encore uniquement dans une traduction latine de J. Cassien (J. Cassiani Opéra, Francf., 1722, p. 743; Hahn, Bibliothek der Symbole , p. 54-56). M. Caspari croit, non sans quelque apparence de raison, avoir retrouvé le texte grec : 1° le commencement de la seconde partie de ce Symbole; et 2° trois articles de la partie relative à la sainte Église, partie qu’on ne connaissait pas du tout jusqu’à présent. Caspari, Unbedruckte, unbeachtete und i venig beachlete. Quellen zur Geschichte des Taufsymbols und der Glaubensregel , p. 78 et 89. Voyez V Appendice, n° 4. Quoi qu’il en soit, ce qui nous en a été conservé ne diffère du Symbole des Constitutions apostoliques que par quelques additions qui peuvent s’expliquer assez facilement. Celle ressemblance me porte à croire que ces deux Symboles n’étaient qu’une seule et môme pièce en deux recensions différentes et à deux différents moments. Peut-être aussi pourrait-on en conclure que le Symbole des Constitutions apostoliques appartenait à l'Église d’Antioche.
2. L’ancien Symbole des Apôtres de l'Église de Jérusalem avait été fait probablement sur celui des Constitutions apostoliques, avec lequel il offre une grande ressemblance.
Apôtres que nous trouvons en usage à la fin du quatrième siècle. Dans la plupart des Églises de l’Orient, ils avaient été remplacés soit parle Symbole du concile de Nicée, soit par celui du premier concile de Constantinople, comme je l’ai déjà dit, et dans quelques autres, ainsi que dans un grand nombre d’Églises de l’Occident, par des Symboles des Apôtres notablement différents.
Les Symboles des Apôtres en usage dans les Églises à la fin du quatrième siècle sont infiniment plus simples, plus précis et mieux ordonnés que celui de l’Église copte, que celui des Constitutions apostoliques, et on peut ajouter que tous ceux, quels qu’ils aient été, de la fin du troisième siècle et du commencement du quatrième. J’en citerai pour preuve celui que Rufin rapporte sous le nom de Symbole oriental, et qui ne diffère que par quelques détails de peu d’importance de ceux qui, à la même époque, étaient en usage à Rome, à Aquilée et en Afrique.
Ce Symbole des Apôtres est conçu en ces termes:
* Je crois en lin seul Dieu, le Père tout-puissant;
» Et en notre unique Seigneur, Jésus-Christ, son Fils unique,
qui est né, par le Saint-Esprit, de la Vierge Marie, qui a été crucifié sous Ponce Pilate, et a été enseveli, qui est ressuscité des morts, le troisième jqur, qui est monté au ciel et s’est assis à la droite du Père; il viendra de là pour juger les vivants et les morts;
» Et au Saint-Esprit;
» La sainte Église, la rémission des péchés, la résurrection de la chair. »
Voilà bien un formulaire réunissant toutes les qualités d’une pièce destinée à être apprise par cœur, en particulier la précision et la netteté. On comprend que saint Augustin ait pu dire des formulaires de ce genre qu’ils avaient été rédigés de manière à ne pas fatiguer la mémoire et à présenter avec ordre et en peu de mots les vérités fondamentales de la religion chrétienne. Aurait-on pu en dire autant de ceux de la fin du troisième siècle? certainement non. Ces Symboles sont confus, pleins de répétitions, surchargés do détails superflus, vu l’emploi auquel ils étaient destinés. Ne pouvant les apprendre qu’en les entendant réciter et expliquer, les catéchumènes, ou du moins le plus grand nombre d’entre eux, devaient éprouver des difficultés sérieuses à les graver dans leur mémoire. L’expérience en fit connaître les défauts, et, quand on se fut convaincu qu’ils étaient trop complexes et trop confus pour l’usage auquel ils étaient uniquement employés, on travailla à les rendre plus simples, plus précis, à en mieux coordonner les différents articles, à en élaguer surtout les incises, les détails
secondaires, les répétitions qui en ralentissaient la marche.
De ces remaniements des Symboles de la seconde moitié du troisième siècle sortirent ceux de la fin du quatrième.
Saint Augustin ne ferait-il pas allusion à ce travail d’élimination et d’épuration, quand il dit du Symbole des Apôtres qu’on y a recueilli sous une forme concise et mis en un ordre bien déterminé les vérités de la foi *? Je serais porté à le croire. Je ne voudrais pas cependant trop presser ses paroles, car on pourrait les rapporter aussi bien à la composition qu’à une révision du Credo. Mais les faits parlent d’eux-mêmes. A la fin du troisième'siècle, les Symboles des Apôtres en usage dans les Églises sont compliqués, confus, surchargés de détails; un siècle après, ils sont de beaucoup plus simples, mieux ordonnés, plus concis. Comment expliquer cette transformation, sinon par un travail de simplification des anciens formulaires?
Nous ne saurions douter qu’un travail de ce genre n’ait été exécuté dans le courant de la première moitié du quatrième siècle, quand nous avons entre les mains et que nous pouvons comparer deux
1. Collecta breviter et in ordinem cerlum reducta atque constricta tradenda sunt vobis, ut fides vestra ædificetur, et confessio præparctur, et memoria non gravetur. Augustini Opéra, t. V, col. 1371 , Sermo 21 4, § 1 .
Symboles des Apôtres usités dans une même Église, l’un à la lin du troisième siècle et l’autre à la fin du quatrième. Cette Église est celle d’Alexandrie. Le Symbole qui y était en usage à la fin du troisième siècle est celui qui nous a été conservé dans les canons de l’Église copte. Les chrétiens coptes se rattachaient à l’Église d’Alexandrie, ou pour mieux dire l’Église copte et l’Église d’Alexandrie étaient une seule et même Église; elles ne se divisèrent qu’en 306 pour un motif à peu près analogue à celui qui donna naissance au novatiauisme. Mais les coptes conservèrent, après leur séparation, la liturgie alexandrine; ils prétendirent rester toujours fidèles à l’enseignement de saint Marc, que la tradition donne pour l’Apôtre d’Alexandrie , ils le prétendent encore aujourd’hui. Le Symbole copte est donc celui qui était en usage à Alexandrie avant la séparation de 306, il ne saurait y avoir le moindre doute sur ce point.
Ce n’était pas ce Symbole cependant qui y était usité à la fin du quatrième siècle ; c’était celui qui est rapporté par Rufin sous le nom de Symbole oriental 1 ; or celui-ci n’est pas autre chose qu’un remaniement ou plutôt une simplification de celuilà. L’ancien Symbole de cette Église fut donc retouché depuis l’an 306, et ramené à la forme du Symbole oriental de Rufin.