Uuûn, Expotitio in Symbolum apostol., p. 155, 450 et
Gomme il convient que le lecteur puisse juger par lui-même des rapports de ces deux formulaires, je les mets ici en présence, article par article, autant que le permet la disposition différente de l’un et de l’autre :
SYMBOLE COPTE de la lia du troisième tiède
Crois-tu en un seul Dieu, le Père tout-puissant,
Et à son Fils unique, notre Seigneur et Sauveur,
Et au Saint-Esprit vivificateur,
A la sainte Église, à la vie éternelle?
Crois-tu en Notre-Seigneur Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu le Père?
Crois-tu qu’il est devenu homme comme nous, grâce à l’action miraculeuse du Saint.
Esprit sur la Vierge Marie,
Qu’il a été crucifié pour nous sous Ponce Pilate, qu’il est mort pour notre rédemption,
Qu’il est ressuscité le troisième jour, en brisant les chaînes (de la mort),
Qu’il s’est assis à la droite de son Père, dans le ciel,
Et qu’il reviendra pour juger les vivants et les morts, quand il apparaîtra, lui et son règne?
SYMBOLE ORIENTAL de la fin du quatrième siècle
Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant;
Et en Notre-Seigneur Jésus- Christ, son Fils unique,
Quiest né par le Saint-Esprit de la Vierge Marie,
Qui a été crucifié sous Ponce Pilate, et qui a été enseveli,
Le troisième jour il est ressuscité des morts,
Il est monté au ciel,
Il s’est assis à la droite de Dieu,
Il viendra de là pour juger les vivants et les morts;
SYMBOLE COPTE <lt? la An du troisième siècle
Crois-tu au Saint-Esprit vivificateur,
Qui purifie tout dans la sainte Église?
SYMBOLE ORIENTAL de 1a Oq du quatrième siècle
Et au Saint-Esprit;
La sainte Église,— la rémission des péchés, — la résurrection de la chair.
On peut citer un autre fait, sinon tout à fait identique, du moins analogue au précédent.
On s’accorde à reconnaître que le Symbole de l’Église de Jérusalem, tel qu’on le trouve dans les catéchèses de saint Cyrille, évêque de cette ville, offre une ressemblance frappante avec celui qui est rapporté dans les Constitutions apostoliques *. On peut en conclure avec une grande vraisemblance que le premier dérive du second , ou , pour mieux dire , qu’il en est une forme corrigée et simplifiée.
Mais il y a plus ; les titres placés en tête des catéchèses de saint Cyrille de Jérusalem contiennent aussi un Symbole des Apôtres, et ce Symbole est plus simple que celui des catéchèses, comme celuici est déjà plus simple que celui des Constitutions apostoliques. Ces titres ne sont pas de la main de saint Cyrille, mais ils remontent très-haut, probablement lorsque, après la mort de cet évêque (en 386), on lit de nombreuses copies de ses catéchèses
Bull, Judicium Ecclesiœ catholicœ, Oxford, 1696, p. <35 et suiv.; Hahn, Bibliothek der Symbole, p. 40, notet.
pour les répandre au loin. On peut croire qu’on se servit, pour indiquer les arficles expliqués successivement dans ces discours, du Symbole alors en usage dans l’Église de Jérusalem.
Nous avons donc ainsi trois Symboles différents, mais d’une même famille, l’un de la fin du troisième siècle, l’autre du milieu du quatrième *, et le troisième de la fin du même siècle ou, au plus tard, du commencement du cinquième.
Il ne me paraît pas sans utilité et sans intérêt de mettre ces trois formulaires en présence :
SYMBOLE
DES
Conslilutiont apostoliques «le la ûa
du troisième siècle
Je crois on un Dieu unique, incréé, le seul vrai Dieu tout-puissant, Père de Jésus- Christ,
Créateur et démiurge de toutes choses, de qui tout dérive;
SYMBOLE
DE
l'Eglise de Jérusalem d’après
les catéchèses vi-xvm de Cyrille
du milieu du quatrième siècle
Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant,
Auteur des cieux et de la terre, de toutes les choses visibles et des invisibles;
SYMBOLE
DE
l'Église de Jérusalem d’après
les titres des catéchèse* de Cyrille
de la Un du quatrième siècle
Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant,
Auteur du ciel et de la terre, et des choses visibles et des invisibles ;
1 . Les catéchèses de saint Cyrille de Jérusalem ont dû être prononcées avant l’an 350, époque à laquelle il fut nommé évêque, ou au moins avant l’an 357, époque où il fut déposé par suite des intrigues d’Acacius, évêque de Césarée.
SYMBOLE
DBS
Constitutions apostoliques',
de la fln
du troisième siècle
Je crois au Seigneur Jésus-Christ, son Fils unique, premier-né de toute créature, engendré avant tous les âges par la bonne volonté de Dieu ; par qui toutes choses ont été faites dans les cieûx et sur la terre, les visibles et les invisibles,
Qui dans ces derniers temps est descendu du ciel, a revêtu une chair, est né de la sainte Vierge Marie , et a vécu saintement selon les lois de Dieu, son Père,
Qui a été crucifié sous Ponce Pilate, est mort pour nous.
Est ressuscité le troisième jour après qu’il eut souffert, Qui est monté au ciel, s’est assis à la droite de Dieu,
Et reviendra avec
SYMBOLE
C Eglise de Jérusalem d’après
les catéchèses vi-xvm de Cyrille du milieu
du quatrième sièclo
Et en un seul Seigneur , Jésus- Christ, Fils premier-né de Dieu, engendré de Dieu avant tous les âges, vrai Dieu, par qui toutes choses ont été faites.
Qui s’est incarné et fait homme,
Qui a été crucifié et enseveli.
Qui est ressuscité le troisième jour,
Qui est monté au ciel et s'est assis à la droite de Dieu,
Et viendra avec
SYMBOLE
t' Église de Jérusalem d'apres
les titras des catéchèses de Cyrille
de la (in
du quatrième siècle
Et en un seul Seigneur Jésus-Christ, le Fils unique du Père, engendré du Père avant tous les âges, vrai Dieu, par qui toutes choses ont été faites,
Qui s'est incarné et fait homme.
Qui a été crucifié et enseveli.
Qui est ressuscité des morts le troisième jour,
Qui est monté au ciel et s’est assis à la droite du Père, Qui viendra juger
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de la fin do milieu . W (* 06
du troisième stècte do quatrième siècle du quati ièm« siècle
gloire à la fin du gloire pour juger les vivants et les
monde, pour joger les vivants et les morts;
les vivants et les morts,
morts,
Dont 1e royaume Dont le royaume n’aàra pas de (in ; n’aura pas de fin ;
Au Saint-Esprit. Et à an seul Saint- F.l à un Seal Saint-
c’est-à-dire le Con- Esprit, le Consola-. Esprit, le Gonsela-
solateur, qui agit teur qui a parlé leur qoi a parlé
avec efficace dans dans les prophètes; dans prophètes;
les saints depuis le commencement du monde, et qui plus tard a été envoyé aux Apôtres par le Père, selon les promesses de notre Sauveur, le Seigneur Jésus-Christ, et après les Apôtres, à tous ceux qui croient;
Et à un settH baptême de repentance pour la rémission des péchés,
4. La qualification de cv, ■> un seul, » donnée au baptême est sans doute de la main de saint Cyrille, qui avait probablement en vue les EUsésaîtes ou des hérétiques qui, comme ceux-ci, regardaient l’immersion dans l’eau comme une cérémonie nécessaire après chaque faute, cl faisaient et» conséquence un usage répété chi baptême.
SYMBOLE
Dit
Constitutions apostolique'
„ «le la lin «lu troisième «tièrl »
Bans la sainte Église catholique, à la résurrection de la chair, à la rémission des péchés* et à la vie du monde à venir.
SYMBOLE
DB
f Lgtnede Jérusalem d'tprè*
1rs ratfrlieses v t-XVll i l.yrille
du milieu
du quatrième siècle
Et à une seule Église catholique ', et à la résurrection de la chair, et à la vie éternelle.
SYMBOLE
rhgtise de Jérusalem d'après
1rs litres «1rs ralrrhètn de Cyrille
dt* la lin
du quaii m-iiio tiErlu
A une seule sainte Église catholique, et à la résurrection de la chair, et à la vie éternelle.
I. Comment se fait-il que l'article de la rémission des péchés précède celui de l'Église, dont il dépend dans tous les autres Symboles des Apôtres, et soit joint à ces mots : « un seul baptême de repentance, » mots qui d'ailleurs ne se trouvent dans gucun des Symboles de cette époque? Cette rédaction pourrait bien appartenir en propre à saint Cyrille de Jérusalem. Elle répond à des idées auxquelles il attachait du prix et qui reviennent à plusieurs reprises dans ses catéchèses. En commençant ses instructions, il avertit ses catéchumènes qu'il faut que l’âme soit baptisée, et non pas seulement le corps, et il leur cite l'exemple de Simon le Magicien, qui fut baptisé et non illuminé. « L’eau lava son corps, dit-il, l’Esprit n’éclaira pas son cœur. Son corps descendit dans l’eau, et en remonta; mais son âme ne fut pas ensevelie avec Christ et ne ressuscita pas non plus avec lui. » Prèf., § 1. C'est que le baptême n’est réellement efficace qu’autant qu'il est accompagné du baptême intérieur par le Sainl-Esprit, Catech. XVIII, S R - Ce fut sans doute par suite de cette idée qu'il rapprocha l'article de la rémission des péchés par le baptême, de celui du Saint-Esprit, et qu'il ajouta le mol « de repentance » à celui de baptême, pour marquer que ce sacrement devait s'unir aux sentiments de l'âme. 11 convient de (aire remarquer que ces mots : • à un seul baptême de repentance pour la rémission des péchés, • ont été admis dans lo Symbole du concile de Constantinople, mai3 qu’ils y furent in-érés à la place qui semble leur convenir, c’est-à-dire après l'article do la sainte Église catholique. Yoyez ce Symbole dans Y Appendice, n° 2.
Que conclure de l’examen de ces deux tableaux comparatifs, sinon que les Symboles de la fin du quatrième siècle ne sont en réalité que des éditions condensées, et réduites au strict nécessaire, de ceux qui les avaient immédiatement précédés *; mais il n’y a plus ce qui, dans ces derniers, constituait des redites, ou portait sur des faits secondaires, ou bien encore ne touchait pas à des croyances essentielles. Ces éliminations ne se firent pas probablement en une fois; on y procéda peu à peu, élaguant un jour une répétition et le jour suivant une autre. Sous ce rapport, le second de ces deux tableaux offre un véritable intérêt; on peut y suivre deux des phases du travail de simplification qui fit, des Symboles de la fin du troisième siècle, ceux que nous trouvons en usage à la fin du siècle suivant. Quoi qu’il en soit, c’est dans ces derniers que notre formulaire a atteint son expression la plus simple. Nous allons maintenant le voir soumis à un travail d’un autre genre.
Sauf dans le Symbole expliqué dans les catéchèses de saint Cyrille, ces deux additions « vrai Dieu, » et « un seul baptême de repentance. » La première est un emprunt fait au Symbole du concile de Nicée, et la seconde est due à une opinion qui n’était pas sans doute particulière à ce Père de l'Église, mais à laquelle il attachait une extrême importance.