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2. K ai ti; xxTa/kma KatO.fbVra, K«t t« Uâat cixewpioavra • 2a mj- Xrafct à'V'.'j iSovrt; fcpfiÇxv, Symbole du 3® synode de Sirmium ; Socrate, Hist. eccles., lib. Il, cap. 37, et dans Mansi, Sacr. concil., t. III, p. 265 et suiv.
LE SYMBOLE DES APOTKES tii
dre ôtait encore flottant, et le resta longtemps encore après ; les explications qu’on en donnait étaient aussi diverses qu’arbitraires 1 . Au cinquième siècle, il n’avait pas de portée dogmatique ; il 'attendait encore la doctrine à laquelle il devait se rattacher. C’est pour cette raison, selon toutes les vraisemblances, que saint Augustin qui, tout en admettant que Jésus-Christ était descendu réellement aux enfers, ne savait trop quelle idée il fallait attacher à cet acte du Sauveur *, n’avait pas cru devoir lui donner une place dans le Symbole des Apôtres, ni même en parler aux catéchumènes dans ses instructions sur ce formulaire.
Quant à l’articlo de la communion des saints, il n’avait d’antécédent dans aucun des Symboles antérieurs ; il n’était supposé par aucun des termes du Credo, et, quoique se rattachant à des croyances déjà reçues, comme je l’indiquerai plus loin, il était cependant, au sixième siècle, une nouveauté, une nouveauté telle que pendant longtemps il fut expliqué dans des sens très-différents.
Comment donc se fit-il que, quand saint Augustin n’avait pas cru devoir introduire dans le Sym-
4. Études sur les Évangiles apocryphes, p. 203 et suiv., 322- 326; Revue de théologie, Strasbourg, 4865, p. 255 et suiv.
2. Augustini opéra, t. II, col. 837-869, Epist. 464, ad Evodium. Cette lettre est de l’an 445.
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bole des Apôtres l’article déjà connu delà descente de Jésus-Christ aux enfers, des hommes obscurs, inconnus, sans autorité, aient entrepris de l’y insérer? que, poussant môme plus loin, ils aient surchargé la profession de foi des catéchumènes d’un article entièrement nouveau, qu’ils fabriquèrent eux-mêmes? que ces additions n’aient soulevé aucune protestation, et que le Credo ainsi augmenté ait été accepté sans la moindre opposition publique par les chrétiens de l’Occident ?
On ne saurait l’expliquer qu’en supposant que les auteurs de ce dernier remaniement ne furent en quelque sorte que les agents du sentiment religieux de leur temps, et qu’ils eurent pour complices à peu près tous les fidèles des Églises latines; et c’est bien ainsi, en effet, que les choses se passèrent.
Les deux articles dont il est ici question ne sont pas, comme la plupart des autres, dirigés contre des hérésies dont il avait été nécessaire de condamner les erreurs. Ils se rapportent à des croyances qui, nées de croyances antérieures, venaient d’envahir l’Église latine, qui exerçaient une grande séduction sur les esprits, et qui furent sanctionnées par la voix publique avant de l’être officiellement par des assemblées ecclésiastiques. Ces croyances n’existaient pas encore du temps de saint Augustin qui, sans qu’il s’en doutât, ouvrit la porte
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à l’une et à l’autre ; il n’avait donc pas eu de raison de les mentionner dans sa révision du Symbole des Apôtres. Mais une fois qu’elles eurent été avidement acceptées dans tout l’Occident, elles demandèrent une place dans la pièce qui servait de profession de foi aux catéchumènes. Les deux articles qui en sont l’expression furent, en quelque sorte, l’œuvre de l’Église latine tout entière. Ceux qui les inscrivirent dans le Credo*n’ eurent pas besoin de la moindre autorité personnelle pour les faire recevoir ; ils ne dirigèrent pas l’opinion publique, ils la suivirent.
Ces considérations générales ne sauraient cependant suffire. On a élevé des contestations de plusieurs genres sur l’origine et le sens de ces deux articles. Il convient par conséquent de déterminer avec soin dans quelle intention ils ont été introduits dans le Symbole des Apôtres.
King prétend que l’article de la descente de Jésus-Christ aux enfers est dû à la même cause que tous les autres articles explicatifs du Symbole des Apôtres, c’est-à-dire qu’il a été Introduit dans ce formulaire pour condamner une hérésie et en détourner les fidèles, en opposant à la croyance
erronée qu’elle proposait celle qui était sanctionnée par l’Église '.
Quelle hérésie avait-on ici en vue ? L’-apollinarisme, à çe qu’on assure, et ce qui le prouve, ajoute-t-on, c’est que la légende de la descente de Jésus-Christ aux enfers, en est une réfutation décisive.
Apollinaire soutenait que Jésus-Christ n’avait pas eu $ âme humaine, par cette raison que le Logos lui pn tenait lieu. Or, si le Seigneur est descendu aux enfers, ce n’est qu’avec son âme qu’il a pu s’y rendre ; car, pendant ce temps, son corps reposait dans le toipbeau, et sa divinité n’aurait pu apparaître dans l’empire de la mort sans l’anéantir aussitôt, Le fait de la descente du Sauveur aux enfers implique donc que, durant son séjour ici-bas, il avait upe âme humaine, et renverse ainsi l’opinion d’Apollinaire.
Faisons d’abord remarquer que de tous les docteurs de l’Église qui ont combattu cette hérésie, saint Athanase est le seul qui ait demandé une arme contre elle à la descente de Jésus-Christ aux
1. King, Historia Symboli Apostolorum, cap. iv, § 65. L’opinion de King a trouvé de nombreux partisans, entre autres Knapp, Vorlesungen über die Glaubenslehre, t. II, p. 169; Tzschirner, Vorlesungen über die Glaubenslehre, t. II, p. 300; K. Hase, Lehre der üogmatik, p. 366, et Huiler us redivivus, *« édit., p. 19.
enférà. Cèfte légende n’était pas par conséquent ce qu’on pourrait appeler un argument classique Contre l’apollinarisme.
Il faut ensuite considérer qu’èlie ne fournit éontre cetlè hérésie qu’une réfutation bien indirecte, par voie de déduction, si l’on peut ainsi dire ; il faut passer par plusieurs termes moyens avant d’arriver à une conclusion contre elle. La masse des fidèles était-elle' en état, en entendant parler dé la descente de Jésus-Christ aux énfers, de se représenter aussitôt l’argumentation qu’on peut en tiret* jJoür réfuter l’erreur d’Apollinaire? C’est bien peu probable. Dans tous les cas, il n’y à pas ici l’expression d’une polémique nette, directe, catégorique, comme on eii trouve dans les autres articles du Symbole dirigés contre lès gnostîques ou contre' les novatiens. Les docètes enseignaieüt que Jésus-Christ n’avait revêtu qu’une apparente de Corps liümain ; l’Église leur oppose, datiS le Credo, (fti’il est né d’une femme, qu’il a souffert, qü’ii'est ihôft, qu’il a été enseveli, c’ést-à-diré qu’il a’ subi les Condition^ les plus réelles de l’éxist ente' humaine. Les gnostiques assuraient que le monde est l’œuvre d’un Être divin inférieur ; l’Église leur oppose que Dieu est le créateur du ciel et de la terre. Les novatiens et les donatistes niaient que l’Église pût assurer le salut à son gré; l’Église affirme, contrairement à leur erreur, qu’elle possède le droit
de remettre les péchés et de donner, avec la résurrection de la chair, la vie éternelle. Voilà des déclarations claires, formelles,' précises, sur lesquelles il n’y a ni méprise ni équivoque à craindre, et qui, pour être comprises, ne demandent ni des commentaires ni de longues déductions. Il n'en est pas de même de l’article de la descente, de Jésus- Christ aux enfers, s’il n’a été inscrit dans le Credo que pour condamner l’apollinarisme ; et cela seul suffit pour faire douter de la valeur de l’opinion de King.
Mais voici une considération bien autrement décisive contre cette opinion. La légende de la descente du Seigneur aux enfers ne peut être le point de départ d’une argumentation contre l’erreur d’Apollinaire, qu’autant qu’il est admis que l’humanité de Jésus-Christ a pu seule se rendre dans les lieux souterrains où sont détenus les morts. Et précisément la plupart des anciens docteurs de l’Église, et avec eux saint Augustin et toute son école, assirent que sa divinité accompagna son âme humaine dans les enfers*. Justin Martyr dit même
4 . Descendit ad interna, id est in anima comitante divinitatem, corpore vero in sepulcro quiescente. Augustini Opéra, t. V, col. 207* , Sermo 240, § 4. Saint Augustin se prononce plus nettement encore dans une de ses lettres à Évodius: « Jésus-Christ, dit-il, était dès avant sa mort, et dans le sein d’Abraham par sa sagesse et sa présence béatiüques, et dans les enfers par sa puissence vengeresse : car où n’est-il pas, quant à sa divinité qui ne
que celui qui alla annoncer la bonne nouvelle du salut *aux justes endormis dans la terre des tombeaux fut le Seigneur Dieu, K’jpioî 6 ©wç *. Dans la seconde partie de l’Évangile de Nicodème, consacrée tout entière au récit de la descente de Jésus-Christ aux enfers, il n’est pas fait une seule fois allusion à son âme, ni par conséquent à son humanité ; le Sauveur y est toujours appelé le Roi de gloire, le Seigneur de majesté, le Christ, le Seigneur Dieu ; c’est par l’éclat de sa divinité qu’il dissipe les ténèbres de la mort ; c’est, en un mot, comme rédempteur, c’est-à-dire comme un être divin, qu’il apparaît dans Vhadès *. Entendue dans ce sens et présentée sous cette forme, cette légende ne prouve rien et ne peut rien prouver contre l’apollinarisme.
. Ajoutons enfin qu’au sixième siècle cette hérésie n’offrait plus le moindre danger, surtout en Occident, et par conséquent qu’il n’y avait pas de raison d’insérer dans le Credo un article contre elle. Le temps des grandes luttes dogmatiques
saurait être contenue ni renfermée par aucun lieu? » Augustini Opéra, t. II, col. 861, Epitt. 16i«,§ 8. De même, Gaudence: « Corpore in sepulcro posito, divinités cum anima hominis in inferna descendens. • -4<t Btnevol. Sermo 10. Voyez encore Épiphane, Expositlo fidei, § 17, dans Opéra, éd. Migne, t. II, col. 816.