Institution chrétienne , ü». IV, chap. i
2. Petit Catéchisme , ou Briève Instruction de la religion chrétienne, p. 44.
3. Catéchisme dressé pour l'usage de l'Église de Lausanne, par Chartes Deschamps, p. 4 5.
que où il fut inscrit dans le Credo. Un écrit doit s’expliquer d’après les idées du temps où il a été composé, et c’est à quoi les anciens protestants n’ont pas pensé. Ils ont interprété cet article comme s’il représentait leurs propres croyances, comme s’ils l’avaient composé eux-mêmes. Au sixième siècle, on voyait les choses religieuses s >us un autre jour qu’au seizième, en pleine réforme.
L’explication de Calvin et celle des Catéchismes de Heidelberg et de Lausanne se trompent d’ailleurs de place. Elles se rapportent, non à l’article de la communion des saints, mais à celui de la sainte Église. Parler de l’union et de la solidarité spirituelle des chrétiens dans une société dont Jésus-Christ est le chef, c’est exposer la notion de l’Église, et encore au point de vue protestant, qui n’est pas du tout celui auquel a été conçu l’article de la sainte Église dans le Symbole des Apôtres. Si celui de la communion des saints ne contenait rien déplus, il n’y aurait pas eu déraison de l’insérer dans le Credo ; il y aurait fait double emploi avec le précédent, car ce que les anciens Catéchismes protestants lui font dire est déjà dans celui de la sainte Église catholique.
Il n’est pas inutile de faire remarquer que, pour se débarrasser du sens catholique de l’article de la descente de Jésus-Christ aux enfers et de celui de la
communion des saint3, les protestants ont eu recours au même procédé. Ils n’ont voulu voir dans celui-ci qu’une sorte de répétition de ce qui est contenu dans l’article qui le précède immédiatement, et dans celui-là qu’une expression nouvelle de l’ensevelissement du Seigneur, mentionné dans l’article précédent. C’est tout simplement supprimer l’un et l’autre, sinon de fait, du 'moins d’intention.
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