EDOUARD DUBUS
En mes rêves ou règne une magicienne.
Cent violons mignons, d'une grâce ancienne, Vêtus de bleu, de rose, et de noir plus souvent, Viennent jouer parfois, on dirait pour le vent. Des musiques de la couleur de leur costume Mais oii pleurent de folles notes d'amertume Que la Fée, une fleur aux lèvres, sans émoi Ecoute longuement se prolonger en moi Et dont je garde souvenir, pour lui complaire, En maint joyau voilé d'ombre crépusculaire. Qu'orfèvre symbolique et pieux je sertis A sa gloire, quand les violons sont partis.
Ces vers, d'une tristesse souriante peignent, on ne peut mieux, le fond de l'àme d'Edouard Dubus. Quand les violons sont partis, c'est le titre d'un petit volume, à peu près introuvable aujourd'hui et oiîle poète avait mis les désirs, les regrets et les tendresses du sentimental qu'il dissimulait sous un masque de scepticisme et de raillerie.
Ils furent d'ailleurs écrits pour une jeune femme qui a fait délirer et rimer pas mal de gens. Elle s'appelait, de son vrai nom, Louise Lacour. Mais teintée de romantisme au contact de maints poètes, elle avait cru devoir s'affubler du pseudonyme de Diana Morello. Elle n'était pas positivement jolie. Mais, petite, sinueuse comme une couIcuatc, douée d'un épiderme de soie qui dégageait des effluves électriques, elle affolait quiconque l'avait connue entre deux draps et sans chemise. Flanquée d'une grosse blonde qui se faisait appeler Aline, que j'avais surnommée la reine de Golconde et qui se vantait d'avoir passé une nuit avec M. François Goppée, Diana fréquentait assidûment les symbolistes. Versatile en ses amours, on eut dit qu'elle avait fait la gageure de rivaliser avec certaine Muse polonaise qui collectionnait les poètes avec persistance.
Telle quelle, Diana Morello répandait généreusement sur nous tous la flamme de ses yeux noirs un peu bigles. Ceux qu'elle accueillait en sa couche large ouverte avaient bien de la peine à l'oublier. Elle inspira
donc Edouard Dubus. Elle est encore la Mauvaise Reine des Fastes de Stuart Merrill. Enfin elle est l'Hécate de mes Trois dialogues nocturnes et la Titania ci une belle Dame passa.
Toutefois, Dubus n'a pas aimé que Diana Morello. Séducteur, charmeur, fleurissant de cocasseries outrancières ses déclarations, il séduisait à peu près toutes les femmes qu^il voulait. Ce qui ne l'empêchait pas de proférer, en ses moments de spleen, ce distique :
Je suis un piano cassé Parce qu'il a trop amusé.
Grand, mince, sanglé dans des redingotes impeccables, il promenait à travers la vie une face blême et glabre, assez ressemblante à celle du Gilles de Watteau et que trouaient de petits yeux scintillants d'esprit, dont le gauche s'encadrait d'un verre à vitre.
Verlaine, qui le prisait fort, a dit de lui, dans son amusante série des Mômes-Monocles : « Vif comme le mercure et causeur comme une cascatelle qui serait presque un torrent, il est duelliste de naissance, amoureux de complexion, poète de race et reporter à ses heures perdues. Les belles, toutes, de Montmartre et du Quartier, n'ont point d'arcanes pour lui : leur alcôve est toute sonore de ses sonnets qu'enflamme, par surcroît, le plus pur symbolisme, leurs mains et leurs pieds tout roses de ses baisers, sans préjudice de leurs
autres trésors et de ses autres caresses. Un Don Juan à trois yeux, un pacha à combien... de cœurs?... » (i)
Dans l'ordinaire de l'existence, Dubus tenta les professions les plus diverses. Un temps, il se crut bonapartiste et collabora aux Aigles impériales du Prince Jérôme. Puis il déploya une verve quasi-révolutionnaire au Cri du Peuple de M"® Séverine. Avocat, il ouvrit une officine juridique dans un quartier populaire. Plus tard, il se fit inscrire au barreau et plaida sous les auspices de Maître Desplats, actuellement conseiller municipal. Enfin, à l'époque de sa mort, il était employé au Ministère de l'Intérieur où M Huysmans l'avait fait entrer.
Ces occupations lui assuraient à peu près le pain quotidien, mais il n'est pas besoin de dire qu'elles ne le passionnaient pas. Dès qu'il le pouvait, il laissait là bureaux et prétoires pour rejoindre ses pairs en poésie. Il adhérait, avec enthousiame, au symbolisme, tout en préconisant, néanmoins, le maintien de la prosodie traditionnelle. C'étaient alors de terribles discussions où il lançait l'anathème contre le vers libre, tandis que de notre côté nous piétinions le préjugé de la rime riche. Du reste, la querelle n'allait jamais trop loin ; et tout se terminait par un déluge de plaisanteries où le sens du comique propre à Dubus se donnait splendidement carrière.
(i) Voir : Paul Verlaine, OEavres posthumes, i vol. igoS.
D'autres fois, nous errions tous deux par la ville jusqu'à des heures indues. Nous nous récitions mutuellement les poèmes de Baudelaire, ou nous voguions, de conserve, sur les océans glacés de la métaphysique ou bien nous nous plaignions, l'un à l'autre, des inconséquences de la perfide Hécate, à moins qu'il ne me narrât les chevauchées amoureuses d'une autre de ses maîtresses, baptisée par lui du nom solaire d'Hélias, Cette jeune personne, aux cheveux rutilants, aux seins pareils à des poires savoureuses, avait coutume de vendre sa beauté à des archiducs, des hospodars et des grands d'Espagne. Dans ses moments de loisir, elle souffrait que Dubus l'aimât. Mais lui qui l'aurait voulue fidèle, la traitait, en ses crises de jalousie, de « paillasse à despotes. »
Quand nous avions bien philosophé, déclamé, moulu de l'esthétique ou épluché notre cœur, nous nous livrions, afin de faire diversion, à quelque farce débridée.
Un soir, par exemple, après nous être concertés, nous entrons dans une brasserie, nous commandons deux bocks, puis, nous asseyant côte à côte, nous nous mettons à jouer un morceau à quatre mains sur le marbre de la table, comme si c'eut été un clavier d'Erard. Nous exécutons ainsi, sans même ouvrir la bouche pour fredonner une note, la prélude de Parslfal, à la muette.
Les consommateurs ahuris nous regardent avec in-
quiétude. Le garçon et le gérant essaient, en vain, à diverses reprises, de nous faire finir. Mais nous restons inébranlables. Et nous ne nous retirons, toujours sans articuler une syllabe, que le morceau terminé.
Je pourrais multiplier les souvenirs de ce genre. Mais voici que je me rappelle la façon si triste dont Dubus est mort et que je ne me sens plus d'humeur à raconter ses saillies ni les mystifications où il y excellait.
Le véritable auteur de la mort de Dubus, c'est feu Stanislas de Guaita. Ce mage en chambre ne pratiquait pas seulement les sciences occultes. C'était aussi un morphinomane enragé qui, de plus, tentait de faire partager à tous ses amis sa sinistre passion. Dubus l'étant allé voir, pour lui demander s'il pourrait le documenter sur Appollonius de Tyane, se laissa séduire. Il devint un adepte de la seringue Pravaz et. dès lors, son déclin fut rapide. Il n'écrivit pas le drame où il méditait de résumer la vie du thaumaturge et qui, d'après les quelques vers déjà faits qu'il m'en récita, aurait pu être fort beau. Deux ou trois fois, il entra dans des hôpitaux et n'en sortit que pour se livrer, avec plus de frénésie, à son vice. Si bien qu'un jour, il tomba dans la rue, paralysé, juste comme il venait de faire un héritage considérable qui l'eût mis à l'abri de la misère. On le transporta à la Charité où il expira sans avoir repris connaissance. Il avait trente-deux ans.
Le secret de la faiblesse de caractère qui perdit Du-
bus a été donné par M. Louis Dumur, son ami intime, autant que je le fus, dans un article nécrologique publié au Mercure de France : « Il était, dit Dumur, mal cuirassé contre la vie. Il cédait à toutes ses fantaisies, même les moins anodines, poussant l'a quoi bon jusqu'à la maladie, se moquant de tout ce qui lui était cher et de lui-même par- dessus le marché ».
Rien de plus exact. Et pourtant Dubus savait aimer. Elle le comprit, mais trop tard, cette pauvre Suzanne Gay qui tenta de le sauver.
ALBERT AURIER
Celui-là, c'était une sorte de géant, aux épaules larges, à la voix sonore et au rire joyeux. Coiffé d'un haute-forme à bords plats qu'il enfonçait jusqu'aux oreilles, engoncé dans un pardessus à col de fourrure, il arpentait Paris à larges emjambées, en brandissant sa main droite comme un battoir destiné à plaquer ses idées sur le crâne réfractaire des bourgeois.
Il habitait, rue Lepic, à Montmartre, un logis composé de trois pièces exiguës qu'encombrait une profusion de tableaux, accrochés au mur, posés sur les meubles, appuyés aux lambris. Les plus remarquables de ces toiles étaient signées de Vincent Van Gogh, mort, lui aussi, très jeune, dans une maison de fous. Ce peintre, que son tempérament mal équilibré por-
6o LE SYMBOLISME
tait parfois à des barbouillages extravagants, produisait, par contre, assez souvent, des œuvres où s'affirmait presque du génie. Sa vision hypertrophiée lui faisait noter alors des symphonies de couleur d'un incomparable éclat.
Aurier possédait, entre autres, de lui, un paysage représentant un groupe de grands peupliers dans une prairie ensoleillée où flambaient des coquelicots. C'était composé avec une science infuse de l'effet, peint avec une fougue qui emportaient l'admiration.
Romancier, poète et critique d'art, Aurier témoignait dans ces divers genres, d'un talent déjà sûr de soi. Son premier roman, intitulé Vieux, décrivait en un style coloré, nerveux, évocateur, les débauches et le détraquement d'un veuf quinquagénaire roulant les maisons de passe et les ergastules à luxure de Paris. Il y avait dans ce livre de vivantes descriptions, un don d'allier le comique au macabre et des trouvailles d'épithètes qui faisaient pressentir ce qu' Aurier eût donné s'il avait vécu.
Il avait publié aussi, à ses débuts, un petit journal hebdomadaire dont le titre m'échappe, et qui lui valut une condamnation pour outrage aux mœurs. — Bien entendu, Aurier n'avait rien outragé du tout. Mais il s'était permis de bafouer les romans filandreux d'un certain Jules de Glouvet, plus connu, en politique, sous le nom de Quesnay de Beaurepaire. A l'époque.
LE SYMBOLISME 6l
ce Prudhomme échauffé, qui joua un rôle si cocasse dans l'affaire Dreyfus, était procureur général. Il mit donc l'instrument d'iniquité qu'on appelle le Gode au service de ses rancunes littéraires. Et c'est ainsi que, sous prétexte de la publication d'un poème d'amour assez vif, Aurier fut condamné à une amende qui amena le décès de son journal.
Comme critique d'art, Aurier a laissé des études qui décèlent un sens artistique plein de promesses. Il est vrai qu'emballé, comme nous l'étions tous^ par le désir de découvrir des peintres qui lissent une évolution analogue à celle que nous tentions dans la littérature, il portait parfois des jugements d'une bienveillance excessive. C'est ainsi que dans un article intitulé : « Des murs, des murs ! » il proposait que l'on confiât la décoration du Panthéon et de quelques autres monuments de Paris à M. Gauguin. Or, M. Gauguin, peintre plus singulier qu'admirable, n'a jamais prouvé qu'il fût d'envergure à entreprendre une telle formidable besogne (i).
Aurier goûtait moins les néo-impressionnistes, c'està-dire les peintres au petit point, ceux qui pratiquent, selon l'expression de M. Arthur Byl, le chiure-dcmouchîsme. Il rendait justice à l'art fruste, dévoyé
(i) C'est ce môme Gauguin que M. Charles Morice égalait presque aux maîtres de la Renaissance italienne et à Rembrandt. Il vient de mourir.
pourtant par un procédé contestable, de M. Maximilien Luce. Il appréciait la peinture parfois lumineuse et d'une exquise tonalité de Seurat, tout en déplorant que cet artiste eût subi l'influence néfaste de M. Charles Henry au point d'admettre, avec ce théoricien perdu d'abstractions, qu'une ligne ascendante tirée de gauche à droite exprime la tristesse tandis qu'une ligne descendante tirée de droite à gauche exprime la gaî té. Seurat possédait, d'ailleurs, trop de personnalité pour ne pas s'évader un jour ou l'autre, de cette esthétique saugrenue. S'il avait vécu, nul doute qu'il aurait donné les belles peintures que faisaient déjà pressentir, malgré l'esprit de système, certaines de ses marines.
Mais il est un peintre, néo-impressionniste, dont Aurier ne pouvait digérer les prétentions. C'était M. Signac. Ce jeune homme, convaincu de son propre génie, se posait en chef d'école. Et pourtant rien dans ses toiles ne révélait les qualités qu'il s'attribuait avec une vanité presque touchante à force d'être ingénue. M. Signac croyait ceux de ses tableaux peints aux bords de la Méditerranée propres à donner l'impression de cette fête de couleurs que suscite, sur les flots et les rochers, le soleil du Midi. Or, rien de moins justifié. Comme je l'écrivais jadis à ce propos : « M. Signac s'imagine avoir transporté le prisme sur ses toiles. Mais, à les bien considérer, efles semblent peintes par un homme de l'âge de pierre, sur une grève de la mer du Nord, au temps des grandes pluies d'automne. »
Aurier opjDosait, avec raison, à ces gauches tentatives, l'art décoratif de MM. Séruzier, Bonnard et Yuiliard qui ont tenu ce que promettait leur jeunesse.
Mais où il a surtout montré de la perspicacité, c'est dans ses articles sur Claude Monet. Il fut l'un des premiers, sinon le premier, à vanter l'art lumineux de ce beau peintre.
Je me rappelle qu'au moment oii il méditait son étude sur Monet, il me dit : « J'ai choisi pour titre, celui-ci : le Prêtre da Soleil. Vous verrez que je réussirai à donner la sensation de cette peinture chatoyante et baignée de rayons. »
De fait, l'article est remarquable. Aurier qui adorait la lumière, les couleurs vives et les reflets irisés, y parle, selon le panthéisme le plus louable, de l'art vraiment solaire où Monet excelle. Depuis, plusieurs écrivains ont apprécié ce peintre comme il sied : Gustave GefTroy, M. Georges Clemenceau qui lui a consacré un superbe article. Mais Aurier lui a donné son véritable qualificatif : /eP/Y'/re da Soleil...
Où Aurier se montrait aussi passé maître, c'était dans l'art de mater les estafiers du guet ^lorsque ceuxci prétendaient l'empêcher de troubler le sommeil des parisiens. Il avait coutume, en ses noctambulismes^ de pousser des mugissements plus ou moins harmonieux qui scandalisaient les subordonnés du Préfet de Police. De là des prises de bec, voire même des corps
à corps où notre ami remportait presque toujours la victoire.
Une nuit pourtant, les choses tournèrent mal. — Mon fils adoptif, Henri Degron, qui débutait dans la littérature, avait jugé à propos de célébrer cet événement mémorable par un banquet que présideraient ses parrains dans le tournoi poétique. Il y avait là Léon Deschamps, directeur de la Plume, Stuart Merrill qui avait amené deux Anglais dont il ne savait rien, sinon qu'ils admiraient Swinburne, Louis Le Cardonnel, le musicien Quittard, Dauphin-Meunier qui a, depuis, délaissé la poésie pour le nationalisme militant, Frédéric Corbier, mathématicien polyglotte, mort bien tristement quelques années après, enfin notre Albert Aurier, plus quelques comparses sans intérêt.
Degron nous reçut dans une chambre d'hôtel où l'on aurait été mal à l'aise à quatre et où nous nous trouvions quinze. Des lanternes japonaises garnies de luminaire se balançaient au plafond ; des tortues broutaient de la salade sur le plancher. J^e lit était occupé par une chatte qui avait mis bas la veille et qui allaitait ses petits. Ce décor eut un grand succès. On se tassa comme on put : qui sur une chaise, qui sur une malle, trois sur l'édredon, à côté de la chatte et de sa famille ; les autres s'accroupirent sur le carreau. Le banquet commença : on mangea de la charcuterie et des gâteaux ; on but du Champagne et force liqueurs
assaisonnés de saillies extraordinaires. La gaîté allait croissant, le tapage aussi, de sorte que, vers deux heures du matin, nous hurlions en chœur God save the Queen' pour démontrer aux deux Insulaires de Merrill que nous étions gens de bon accueil. Cependant Louis le Gardonnel, disparu sous la table, ne s'arrêtait de psalmodier d'une voix rauque le De Profanais que pour s'écrier en sanglotant : « Deschamps, je suis en enfer... Tire-moi de là. »
Quand nous eûmes bien chanté, quelqu'un proposa de prendre l'air. Nous sortons en tumulte de l'hôtel, situé près de la gare Montparnasse et nous descendons la rue de Rennes en clamant, à pleine gorge, la chevauchée des Walkyries. Aurier marchait, tout seul, à vingt pas devant nous. Il faisait des moulinets avec sa canne et poussait des cris tellement inhumains que deux agents de police, qui rôdaient par là, se précipitèrent sur lui en lui enjoignant de se taire. Pour toute réponse, Aurier,de deux magnifiques coups de poing,les envoie rouler sur le trottoir. Ils se relèvent et s'efforcent de l'entraîner au poste de la place Saint-Sulpice. Mais nous accourons et une mêlée s'engage où nous aurions eu sans doute le dessus, si une nuée de policiers n'étaient venus à la rescousse, attirés par les appels de détresse de leurs camarades.
On nous mène tous au poste ; et nous comparaissons devant un officier de paix qui nous somme de lui livrer notre état-civil. ^ Là, Aurier fut très beau.
Gomme ce préposé au silence nocturne lui reprochait d'avoir gourmé ses acolytes, il répondit : « Monsieur, je chantais du Wagner. Et je ne connais aucune loi qui s'y oppose. D'ailleurs, je ne souffrirai jamais que des sbires portent la main sur moi. »
L'officier de paix ne se laissa pas intimider par son éloquence. Il nous dressa procès-verbal ; mais il se montra tout de même assez bénévole, car nous fûmes relâchés aussitôt...
Ce fut peu après qu'Albert Aurier contracta la fluxion de poitrine dont il mourut. Soudain, nous apprîmes avec stupeur qu'il venait de succomber après trois jours de maladie.
Quelles tristes funérailles que les siennes 1 II faisait un temps gris et mou ; la pluie tombait par averses brusques. Et nous pleurions tous en regardant enfourner le cercueil de notre ami dans le wagon qui l'emporta vers le petit cimetière de campagne où il repose...
Grand cœur, grand talent, Aurier aurait été — quelqu'un.