LIVRE PREMIER, CHAPITRE PREMIER
has autem rationes, ubi arbitrandum est esse, nhi in ipsâ mente Creatoris* ?
Quelle grande et Large philosophie, quels magnifiques horizons dans ces paroles du P. Thomassin : «Le monde idéal esl le Verbe... Or, les rayons du monde idéal partenl du sommet de L'unité divine ; il- se projettenl par ordre hiérarchique bui les créatures Les plus élevées, puis ils descendent successivement aux êtres les plus inférieurs, c'est-à-dire qu'ils vont purs esprits aux âmes raisonnables, et des âmes à la matière, él tous ces êtres sonl à différents degrés, et chacun dans leur genre, les transparents de ladivi- 1 1 i t * .
1, Sainl ahûv, de Dit. gtioti. e. i.vi, p. 49, t. VI.
2. Intelligibilis pi idealis mandai, seu malis Verbum et ars omnipotentis conditoris omnium Doi, non station et immédiate in materiam
ultime est regio longinquitatis, imprimitse snique similitndinem. Quomoilo enim materia extrême eaiel i Deo (onginquitaa, si a ; proxime imprimerçlur et exorn \>uomodo ultii'. 1 1 i s—
similit udinis, si similitudinis lineamenta ab ipsa Dci manu el artfl ipsi immédiate inscriberentnr! Idéales ergoradii ab nnitatis divins snmmo apice prosilientes, in proximaa prias, et Inde gradatim per proximas in longinquii liant, sesequead extremas usque propagent sub-
stantias; idest, in mentes primo, inde in animas, ac tandem in materiam, tanqnam in eircumjaeentia diversi erdinis generisquo diaptiana. i el animabua intellectualibas tota illa ars mandi ojiiiVx reetrixque prius exhibel tt mentali et animali partieipandam modo, qnam se exbibeal materia corporali ntcumque assimilatione adumbrandam. De Dec. 1. VI , c. n.n° o, p. 3-21.
Non-seulement Dieu a écrit ses pensées sur les pages de ce vaste univers, publicœ paginas *, mais il a établi une harmonie secrète entre chacune de ses parties. Les différentes sphères de la création sont comme des cercles concentriques de lumière, de beauté, qui se coordonnent ensemble, dont les premiers correspondent aux seconds, dont les derniers sont les reflets
de ceux qui sont au-dessus d'eux. La lumière, l'être, la vie, sont versés à des doses différentes dans chacune de ces sphères : mais on dirait que les sphères supérieures sont comme des prototypes secondaires pour les inférieures, et que celles-ci sont une image des premières. — Voyez le soleil qui projette ses rayons dans l'eau pure et tranquille : il est l'exemplaire créé de cette image lumineuse, qui se reproduit au milieu des ondes transparentes; et ce disque réfléchi, qui n'est autre chose que l'eau éclairée par le modèle supérieur, redit la gloire du géant qui se promène dans les hauteurs des ci eux. Ainsi la création : c'est un magnifique ensemble d'êtres lumineux, qui redi-