‹ Le SymbolismeChapitre 11 sur 175 · LIVRE PREMIER, CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER, CHAPITRE PREMIER

sent la gloire de Dieu, dont chacun redit aussi à sa manière la gloire et les qualités de l'autre, dont chacun est l'écho, l'image de celui qui lui est superposé ou qui l'approche.

C'est ainsi que j'explique une autre face du s\ mbolisme qui ((Hisiste à considérer Les créatures dans leurs rapports 1»- une- avec les autre-. La fleur Humlr qui si1 cache sous la feuille me lait rêvera la 1 1 1» »< 1 • -t i « • . à la vertu humble et retirée, Les mouvements de la mer m'expliquent tous les mouvements de l'intelligence el du cœur humain. Ses vagues furieuses ni'1 l'ont penser aux orages de l'âme : ses agitations vastes e1 régulières sonl pour moi un emblème des grandes pensées, qui s'élèvent avec un ordre parfail et une sublime majesté : et quand les ondulations tranquilles viennent en ordre gracieui expirer les unes après les autres sur le rivage, je songe à ces douces émotions des âmes sereines, ou la pensée est un jeu plein de grâce, où le sentimenl vienl caresser doucemenl les rives qu'il atteint.

J'entends déjà les esprits positifs, les hommes qui iei croient qu'a la matière e1 qui n'entendent quje le -nu du métal; j'entends aussi les disciples de Vidée })iin\ les partisans des formules abstractives et froides comme l'algèbre, je les entends tous B'écrier : Mais c'est là de la poésie! Oui, «le la poésie dans le sens

élevé du motl c'est-à-dire, la vérité revêtue de splendeur. C'est la vérité ornée de tous les charm de la Création ; c'esl la parole de Dieu, c'est la littérature de Dieu. Si pour rendre mes peu j'allais emprunter les expressions de Bossuet et de Pénelon, vous n'auriez pas le courage de blâmer mon style : et lorsque j'emprunte les expressions de Dieu luimême, c'est-à-dire ce langage magnifique de la création, immense draperie qui couvre de fleurs splendides la pensée de l'Éternel, vous appelez cela de la poésie, c'est-à-dire dans votre pensée, un genre frivole, un vain mysticisme, de la logique à l'usage des enfants, et qui ne prouve que pour les esprits faibles! Je réponds avec un profond penseur : ((Les poètes ont cent fois plus de bon sens que les philosophes (vulgaires). En cherchant le beau, ils rencontrent plus de vérités, que les autres n'en trouvent en cherchant le vrai1.» — « Souvenez-vous que la (vraie) philosophie aune muse, et ne doit pas être une simple officine à raisonnement 2. »

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