‹ Le SymbolismeChapitre 9 sur 175 · LIVRE PREMIER, CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER, CHAPITRE PREMIER

<( Dieu, dit saint Thomas, connaît son essence parfaitement, c'est-à-dire autant qu'elle peut être connue; or elle peut être connue, non-seulement dans son ôtre divin, mais encore dans les ressemblances et les perfections qu'elle peut refléter au sein des créatures; car chaque créature est constituée dans son espèce, selon qu'elle participe d'une certaine façon à la ressemblance de la nature divine. Par conséquent, Dieu, connaissant son essence comme imitable par tel être, voit cette essence infinie, comme La raison et l'idée propre de cet être1.» Et ailleurs : a Toute créature est une ressembla nre de la nature divine : mais chaque chose l'imite d'une manière différente et à di^ degrés variés. Par conséquent, l'essence divine, considérée comme un exemplaire imité de telle façon par telle créature, est l'idée propre de cette créature selon son mode déterminé de ressemblance. Et comme d'autres créatures imitent Dieu de telle autre façon, il s'ensuit que l'idée, la raison d'être n'est pas la même pour chaque créature, quoique l'essence divine, qui sert de prototype, soit la même; car tout ce qu'il \ a de perfection dans les créatures se trouve en Dieu -mis une forme simpb et indivisible*.» — Saint Thomas

I, Saint Thomas 1, p. q. 15, nrt. 1.

1 1 MBt. dist. S6, q, L2,art. 2, t. IX. p. W:\-\W.- Quodlihrt l, q, |, t. XVII, p. 284.

attache une telle importance àcette théorie desidées4, qu'il s'écrie arec saint Augustin : o Quiconque nie le* idées, aie l<i Fils de Dieu,» c'est-à-dire le Verbe par

qui tout a été fait, et qui est l'idée souverain i mplaire éternel de toute créature2.

Gomme celle admirable doctrine explique parfaitement tout ce que nous venons de direl Chaque être correspond àun idéal qui est en Dieu, aune forme éternelle qui est dans le Verbe, qui est le Verbe lui-même. Chaque être exprime le Verbe à sa façoi i ; chaque êl ri ■ un reflet du Verbe, un rayon particulier de sa splendeur, une nuance clc sa pensée reproduite au dehors. Telle est la hase principale du symbolisme ; car il a pour objet, non-seulement d'étudier les propriétés de tel être, mais de chercher à comprendre son idéal propre, sa raison divine, et de remonter ainsi à son prototype. Ces pensées que nous fournit la théologie catholique ne nous indiquent-elles pas le point le plus élevé de l'art? Singulis autem propriis creata suni rationibus:

1. Quibus ita perspectis, jara minime mirum est, tantam poni in idearum dhinarum notitia et contemplatioîie, ut eo veluti cardine vertatumon sœcularis tantum philosophia, sed et sapientia tota humana, et Christiana ipsa theologia, si Augustinum audierimus (Thomassin, de Deo, 1. III, c. xyiii, n° 12, p. 162).

2. De Verit. q. 3, de Ideis, t. XVI. p. 187. — V. Thomassin, MêiJiode pour etud. les philos., liv. II, c. vm, p. 364-370. — Dogmala llicol. de Deo, liv. III, c. xi et scq. et surtout c. xviii.

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