‹ Le SymbolismeChapitre 109 sur 175 · LIVRE III, CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE PREMIER

toresque du langage que l'on remarque encoresouvent dans les livres Sapientiaux ; quelque chose de brusque, d'original pour qos mœurs, une expression rapide, une comparaison inattendue, un contraste saillant; et voilà une vérité sculptée pour jamais en votre mémoire, elle > restera toujours avec le mot. e1 ce mol était sans doute une image. Lisez quelques bons auteurs de la vieille langue française : le pittoresque 3 abonde, nu le trouve à chaque page, il jaillit comme une source dans les pays de montagnes : ce sera presque toujours une image qui en sera l'occasion et la cause déterminante; ce sera une comparaison gracieuse, \i\<', insolite peut-être, mais vraie dans son originalité incisive.

Enfin lacomparaison rend la lecture d'un ouvrage plus agréable : elle a des charmes auxquels personne n'esl insensible. On dirait qu'elle réveille dans l'esprit les plus doux souvenirs, elle lui ménage de délicieuses promenades, elle rappelle les belles scènes de la nature, elle en révèle le côté idéal et allégorique et, comme dil Joubërt, (die montre deux vérités à la fois '. Aussi !'■- ouvrages, où les comparaisons sonl sem de distance en distance oomme <1<'- bosquets fleuris, sont d<' vraies prairies émaillées des fleurs !<■- plus va-

1. « J'aime à. voir deux vérités ;i la fois. Toute l>onne comparaison « ilonne a l'esprit c«t avantage » t. I, p. 95.

rires : ou Les préfère aux coteaux desséchés et iux montagnes dénudées '.

a Pourquoi, dit saint Ghryso6tome, cet usage si fréquent de la comparaison dans l'Évangile et dan- les prophètes? Ce n'est point sans motif que L'Esprit saint a établi cette ïo*(êvofA<yiifo)<7ev). On pourrait en assigndeux raisons: la comparaison rend les choses d'une manière plus expressive, elle les met en relief. Car notre esprit, en recevant les images, qui sont associées intimement aux choses, est plus profondément excité : et voyant les choses comme dans une peinture, il est

1. « Les symboles sont pleins de sens intellectuels cachés... ce sont des enveloppes, des empreintes de vérités plus profondes. On appelle philosophique et démonstrative, la partie de la théologie qui s'en occupe : elle possède un don de grande clarté et de persuasion, elle semble enchaîner la vérité à ses paroles. On l'appelle démonstrative parce qu'elle persuade et enchante, et qu'elle rattache pour ainsi dire la vérité à ses paroles, comme un lien et un cachet... Cette partie de la théologie est plus claire que l'autre; elle montre le Maître dans ses œuvres. Elle aime d'abord a raisonner sur la nature des êtres, puis elle prend son vol dans des régions plus élevées. » (Pachymer, in Epist. 9, S. Dionys. Inter opéra S. Dionys, t. II, p. 491-494.!

Ce texte est très-important pour la question qui nous occupe : « la comparaison est plus claire, elle possède un genre de persuasion qui lui appartient en propre, et par elle la vérité est comme attachée aux mots... elle met la vérité en relief, elle la place en quelque sorte sur les mots, comme un lien et un cachet, xaî aur/] p.sv îr{ sjji^avscTSfa ï/z<. tivà

U£i6w xaî <TUvSeSejji.évï)V àXrjôeiav roiç Xeyofjivoiç xat ofovet gîo-^ôv

riva y.où <7<ppaYiSa toiç Xeyopivoiç ëiriTiôsîaa t^v àXr(6siav* » Chacun de ces mots est comme une démonstration vivante de notre thèse.

Page 1