‹ Le SymbolismeChapitre 12 sur 175 · LIVRE PREMIER, CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER, CHAPITRE PREMIER

En étudianl les relations, que Dieu lui-même a établies entre ses différentes œui es, en creusanl ce symbolisme] eux dont la source est en Dieu, en

contractant ces habitudes d'un style divin . l'homme courl beaucoup moins le risque de er, qu'en

-rii\ Mi' les abstractions métaphysiques d'un esprit souvenl rempli de lui-même e1 de ses propres conceptions. Je n'aime point ces métaphysiciens nébuleux, qui se perdent sur les hauteurs factices de leur propn esprit: je ne respire pas à l'aise, au milieu de cette atmosphèr be et raréfiée, parmi i plai minables où l'on ne trouve guères que

les ossements arides et froids d'êtres fantastiques. Je n'éprouve aucune sympathie pour ce langage hautain,

jébrique, qui quitte la région des terres habitables pour ' du moi et du non-moi du peuple

allemand; on yperd souvent te moi du sens commun. Goethe lui-même disait : allemands possèdenl

le don de rendre les sciences Inabordables... Voici bientôt vingt mus que les ÂJlemands font de la philosophie transcendante : s'ils viennenl une fois à s'en

apercevoir, ils devront se trouver bien étranges '. J'aime mieux descendre dans une délicieuse vallée,

m'y reposer aux pieds d'une source fraîche, y entendre murmurer qnelque chose qui n'est pas l'onde fugitive, y contempler la gracieuse image de vérités plus élevées, etd'autant plus divines, que l'expression en est simple, et qu'elles sont là vivantes son- des symboles, qui sont l'œuvre de Dieu. Je préfère surtout, je préfère mille fois ouvrir mon Évangile, entendre la parole fraîche de mon divin Maître, l'écouter avec amour, quand il m'exhorte à imiter le lis des champs, à me rendre semblable à l'oiseau du ciel qui voltige çà et là, sans inquiétude et sans préoccupations, quand il me fait l'histoire complète de l'âme humaine, à propos d'un grain de blé. Donnez-moi encore, donnez -moi toujours les œuvres de saint François de Sales, ce gracieux enfant de la Savoie, les livres ou plutôt les chants poétiques de saint Jean de la Croix : leur parole est aussi belle, aussi vivante, que les lacs, les montagnes, les sites pittoresques des Alpes et des Pyrénées, que les scènes variées de la nature, auxquelles du reste ils empruntent de continuelles images.

. Gœthe, Maximes, t. T, p. 502, 429, trad.

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