‹ Le SymbolismeChapitre 112 sur 175 · LIVRE IH, CHAPITRE PREMIER. I · texte numérisé non relu

LIVRE IH, CHAPITRE PREMIER. I

Pourquoi la comparaison est - elle si familière à l'homme de génie, au grand poète, el même à l'éminent métaphysicien? Pourquoi cette secrète disposition à incarner fréquemment sa pensée dans un objet sensible, à demander on écho à l'univers visible? Pourquoi cette chus»1 qui jKiiMît si simple et si vulgaire semble- t-elle, dans son usage, pins spécialement réservée aui esprits cultivés ? Nous croyonsque la \ raie science de la comparaison tient à ce qu'il y a de plus i levé et de plus philosophique : c'est la science des rapports qui unissent les mondes entre eux. Or, sentir ces rapports, en avoir l'intelligence, entendre facilement cette harmonie qui ne< le résonner entre les différentes sphères de la création, n'est ni l'acte ni l'habitude d'un esprit vulgaire. 11 faut être une < ymphonie vivante, pour distinguer les notes de cette musique céleste. Le vulgaire sentira promptemenl la justesse d'une comparaison, mais il n'aura la même

bum. Os'.ium autem intelligimus conjecturales) areanornm co^itationem, per qnam inlrodacitur idquod quseritur. S tans ergo extra nostram naturam veritas, pèr cognitionem ex parte, aieut dixil Apostolns, mentis nostra puisât ostium in allegoriis el aenigmatibus, dfeens : Apcri; et cam adhorl iggerit, qaemadmodum oportet aperire

ostium, veluti prebens quasdam claies, nempe palchra hsc Domina, per qua apériteur id quod est clausnm. Clates enim plane sunt lioriun aominnm significationes, quae occulta aperinnt, nempe soror et propinqua et columba et perfecta. Ih , p. 738, 1002.

facilité ni pour la découvrir, ai pour l'exprimer. — Nous croyons en outre que l'un des termes de La comparaison, celui qui se rapporte àun ordre d'idées plus élevées^ au monde intellectuel, doit avoir été compris et expérimenté dans sa forme isolée, avant de revêtir, avec une noble et naturelle aisance, la forme du langage symbolique. Citons un exemple qui éclair< notre pensée. Quand saint Grégoire de Nazianze dit que là mer est le symbole de la vie, parce que eaux sont agitées et pleines d'amertume ! : avant de comprendre et d'employer cet emblème, il avait bu l'eau amère de la vie et expérimenté l'inconstance des choses humaines. Quand il ajoute que les herbes flottantes sur le dos des vagues, allant et revenant dans tous les sens, lui rappellent les caractères légers, sans consistance, allant d'une opinion à l'autre avec une extrême facilité ; et que les rochers immobiles au milieu des ondes, sont pour lui une image des caractères forts et inébranlables, évidemment il n'aurait pas compris ce rapprochement, il ne l'aurait pas exprimé avec le style naturel de la vérité, si d'abord il n'avait eu des points de contact avec les natures flottantes et sans résolution, ou bien avec ces caractères dont rien ne saurait ébranler la vigueur.

i. Oral., 2G, c. vin et ix.

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