LIVRE III, CHAPITRE PREMIER. ! 7 i
la contemplation, puissent quelquefois se passer d'images, n'est un phénomène très-rare, c'esl une exception qui confirme La règle '.
2° Omnis comparatio claudicat, dit le Proverbe, ce
que l'on traduit en langue vulgaire, toute comparaison cloche. — Nous avons <lii que tous 1' étaient unis par des relations de similitude, qui font que lis perfections des uns se réfléchissent dans les perfections des autres, et qu'on peut ainsi étudier une série <1<' créatures dans le miroir d'un»' autre série. Mais, s'il y a ressemblance entre les êtres, il existe au des points de dissemblance : autrement, il y aurai! partout identité, et il n'existerait plus qu'une espèce de créatures en ce monde. — Toute comparaison juste es! M'aie sous le rapport de ressemblance que l'un considère et (pu1 l'on exprime, mais elle est, ou peut être fausse >ous 1rs autres point- dr vue :. ( ir, c'est le
i. Hoc ergo dieitnr, et tolérât hoc vérités de se, et eommendathoe nobis pro veritate, qui ipsam adhuc veritatem capere non possuinus, donec transcat figura, et Veritas niauifestetur, super uinne hoc, et extra oinnc hoc, mute et aperte ut est ipsa. Nunc ergo asque adhuc mai. figurée, et ex ipsis quedam longe sont, et apparent quod sunt similitudolantum; quedam vero proprise sunt, »t accipiuntur quasi pro veritate, cum sint lantum si^na veritalis et non veritas, in quihus quidein si nihil al t i us fu. rit ad ipsam, concedit Inec veritas nobfs, et non reputat impossibililatem. (Hugues de Saint-Victor, in hier., cœl., 1. III,
t. I, p. 978.) ■1. IMiilon tire de celte dissemblance une autre conclusion : « On
ipre des esprits pointilleux de se porter précisément sur la face d'une question que l'on n'a point, l'intention d'examiner, et de signaler des diverj que tout le monde connaît, mais qui no fonl rien à la question, attendu que la vérité de la proposition ne dépend en aucune façon de ces divergences. Si je dis, par exemple, cet homme est un lion, il est clair que ma comparaison porte sur les relations de cour, de noblesse, de majesté, etc.; et je ne prendrai pas au sérieux les objections qui me feraient entendre que ma comparaison est fausse sous d'autres rapport.-. qu'un homme n'est pas un lion sous le rapport de la force organique, de la constitution, etc. *. Combien
connaît les choses souvent mieux par le rapprochement avec les qualités contraires, qu'en les examinant elles-mêmes. » De Ebriet. § Vô, t. II, p. 222. — Ainsi la comparaison est utile, non-seulement au point de vue des rapports semblables, mais même par l'examen des côte'squi offrent des dissemblances : on dirait que ces dissemblances renvoient une lumière réfléchie, qui éclaire par le contraste.
1. In metaphoricis locutionibus non oportet attendi similitudinem quantum ad omnia, sic enim non esset similitudo, sed rei verilas. Saint Thomas, 3, p. q. S, art. 1, t. XI, p. 502, trad. V. encore de Verit., q. 10, de Mente, art. 10, ad 6um, t. XVI, p. 351.
In his qua?- metaphorice dicuntur, non enim requiratur similitudo quantum ad omnia, non potest ex aliqua dissimilitudine concludi quod metaphorice aliquid de aliis non prœdicatur. 4. dist. 49, art. 4, t. XIII, p. 491. — Non enim necesse est exempla esse rébus prorsus shnilia, ac hujusmodi ut nihilomnino desideretur : quando quidem in exemplis, tum id quod simile est, tum id quod diversum est, perspicere oportet, co quod cxcmplar sint. Nam quod omni ex parte simile est, ea ipsa res