LIVRE PREMIER, CHAPITRE PREMIER
Allons plus loin : cette préférence n'est pas seule îiicnf dans le sentiment, elle est Inspirée par la vraie logique. — Lorsque j'étudie La nature pour en tirer des conséquences Intellectuelles el morales, «je suis Les pas de Dieu, comme dit saint Grégoire le Grand, j'entrevois le Seigneur qui me montre la vérité dans les symboles que Lui-même a faits, qui me parle en signes secrets, qui me parle en souriant '. » — «C'est le murmure de la véritédivine, qui m'arrive à travers Les beautés de la création.... et les secrets de la Divinité me sont révélés par La splendeur de Bes oeuvres1.»
I. Vcstigia Crcaioris nostii sunt mira opéra viaibilia créature. déçus factura sus Deus decus foris] proponit, quasi quibuadam nutibufl innuit... in viis oatendit se illis hilariter... ut quaai qnedam lit lectio menti noatra apeciea conaiderata créature. {Moral., 1. XXVI, c. \u, p. 818-819, éd. Bened )
I, Nunc autan) divinum Buaurrium tôt ad nos as liabet, quot creatii oparibua ipaa Dmnitaa prasaidet. Dum anim quaa sunt cuncta tu carnimua, in Creatoria admirationem aublevamur. Nam aient aqua leniter flaens, rimata per venaa quaeritur, ut augaatur, tantoque se latins fundit, quantO vouas ipartiorea invoncrit; ita nos dum Btudioae Difinitatia notitiam ex créatures ejus considerationc colligimus, quasi susurrii illius ad nos venas apcriinus : ([uia per hoc quod fatum cemimus, virtutem Creatoris adiniramur; et par M quœ sunt in puhlico, illud ad nos émanât, quod latel in occulto. Quasi enim \>< r
Mais lorsque je suis les conceptions abstraites de mon esprit, lorsque je me perds sur Les hauteurs aues d< métaphysique, u'est-i] pas à- craindre que je ne m'égare facilement dans cette sorte d'ascension aérostatique? Ces navigations aériennes de l'esprit sonl encore plus dangereuses que les autres. — Qu'on ne se méprenne point sur le sens de notre pensée. .Nonsommes le premier à admirer le noble essor du métaphysicien, lorsqu'il s'élève dans la région des vérités éternelles, et qu'il plane au milieu des espaces intellectuels, avec la force et la puissance de l'aigle. Nous sommes heureux de recueillir les gerbes de lumière, qu'il laisse tomber sur nos esprits. Mais c régions sont bien plus difficiles à aborder, il faut l'énergie et la vigueur d'ailes du roi des airs, pour monter ainsi et se maintenir avec sécurité sur les hauteurs.
Et d'ailleurs, tous les grands métaphysiciens ont été en même temps de grands peintres , de grands
quemdam ad nos sonitum erumpit, dum consideranda nobis sua opera ostendit : in quo semetipsum utcumque indicat, dum quam sit ncompreliensibilis manifestât. (S. Gregorii Moralium, lib. V, c. xxix, inc. 4, B, Job. 1. 1. p. 161-162.)