LIVRE III, CHAPITRE II
gneur : les moindres détails de La culture, sont pour lui, un emblème de tout ce que Dieu emploie de soins pour développer La tige de L'existence e1 lui faire produire des fleurs el des fruits. Les plantes amphibie sont L'image de certaines natures qu'on ne sait commenl classer1. »
Telle es1 La raison philosophique des fables. L'âme de L'homme, dans lesêtres qui sont au-dessous d'ell< . dans Leurs mouvements, dans les moindres accidents ik leur vie, trouve comme une image de ce qui se passe en ellel T/àme de l'homme peut avoir, dans un ordre supérieur, les instincts, les qualités, les passions de ranimai : et même ces passions, ces tendances peuvent donner au corps une ressemblance physionomique avec les différents animaux de la création. Lavater a consacré a cette étude un volume et des dessins, qui sonl sans doute eiagén s dans les détails, mais qui renferment de grandes vérités. Qui de nous n'a pas été frappé quelquefois h l'aspect de certaines physionomies? G'esl le faciès, c'est le regard presque de tel animal, et ce sont peut-être aussi les mêmes passions, leô mêmes défauts, les mêmes qualités.
a Les fables ont été inventées, dit saint Esidi afin de nous présenter, sous le voile de la conver-
i. Saint Basile, hexaem. Homil. :.. passim, t. I. p. 08-117.
sation des animaux, une image de la vie des hommes. , C'est une étude de mœurs, où La narration est feinte, mais par aîie signification véritable, elle nous conduit
i chose qu'on a en vue '. » — L'étude des fable un charme particulier à cet âge de la vie, on l'expérience, après avoir déchiré les voiles brillants, nous montre la vraie réalité des choses. Alors on comprend les fables comme on comprend les prophéties a] : leur événement. Les prophéties ont ordinairement un côté obscur, qui s'illumine par le contact des faits: quand elles sont réalisées, on voit clairement ee qui était d'abord mystérieux. Cette proposition peut sembler un paradoxe, et c'est cependant une vérité d'expérience, c'est une vérité divine que conçoit parfaitement toute âme droite. De même les fables ne se comprennent guère sur les bancs de l'école : ce sont alors des symboles obscurs et muets ; mais quand on a vu les choses elles-mêmes que couvraient ces symboles ; quand on a vu opérer, non plus seulement les animaux, mais les hommes qu'ils représentaient dans la pensée du peintre, on comprend la parole de La Fontaine :
Les fables ne sont pas ce qu'elles semblent être, Le plus simple animal nous y tient lieu de maître.
:. 'deo sunt inductœ (fabulœ\ut ficto mutorum animalium inter se