‹ Le SymbolismeChapitre 19 sur 175 · LIVRE PREMIER, CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER, CHAPITRE PREMIER

êtres, el vous arrivez aui formes intangibles, incoercibles de L'électricité, de la Lumière : alors on dirait que vous êtes arrivé aui confins de la spiritualité; car la lumière n'est-elle pas, comme L'appelle un célèbre théologien, ttle point culminant du monde corporel, la limite qui touche au monde des esprits, e1 comme un rayon affaibli des régions intellectuelles1.» — ' Quelque grande que soit la multitude des êtres corporels, <lit Richard de Saint- Victor, elle est Loin de pouvoir représenter La prodigieuse variété e1 grandeur des objets immatériels. Toutes Les créatures visibles ont de la ressemblance avec les invisibles, mais Les unes une ressemblance très-éloignée, el Les autres une ressemblance qui se rapproche de plus en plus : el parmi ces dernières, il en esl qui sont si voisines «1rs ions spirituelles, qu'elles paraissent non pins s'en rapprocher, mais > adhérer, non point seulement les toucher, mais \ pénétrer, nonjam appropinqttarey8ed inhœrere cl inseri potiusquam accéder $*. »

! . Apex nature eorpores, limes incorpores est, et ipiritalitatii ilebilitatio quœdam est. (Thomassin, de Incarn. t. II, 1. III, c. v, n« i, p. 17S.) — Lu <%t ignie, et aplendor, et ealor, et cetera hujuemodi : que cinii materialia aint, multum tamen apirituali nature subtil/' el pnritate appropinquant. (Huguea tic Saint-Victor ta Cœl. hier. t. I, 1 . lit, p, !

■i. Benjam. ma/. I. Il, e. in, p. 90.

Résumons cette première raison du symbolisme par deux pensées admirables de concision e1 de Lumière:

«La raison des choses qui existent en Dieu sous forme intelligible est exprimée d'une manière sensible sur les créatures corporelles, rationes rerum quœ suntintelligibiliter in Deo3 sunt sensibiliter in creaturis corporalibus1.)) — a En vérité, dit saint Denis, les choses visibles sont des images lumineuses des invisibles, Rêvera quœvidentur sunt lucidœ imagines eorum quœ non videntur2. »

Le théologien, le philosophe, le poète, l'artiste, cherchent ces raisons des choses, qui sont partout imprimées en caractères \isibles sur les œuvres de Dieu; ils essayent de les pénétrer, ils expliquent ces hiéroglyphes divins. Dans cette recherche, ils ont un point de départ qui manque trop souvent aux disciples de la raison pure, et je ne parle pas même ici de la tradition surnaturelle. Ce point de départ, ce fil qui les conduit dans le labyrinthe, ce sont les œuvres de

Page 1