LIVRE PREMIER. CHAPITRE PREMIER. il
Dion : ils les voient, il- les contemplent, ils les admirent, ils y rencontrent à chaque pas les traces de [a Sagesse éternelle, Vestigia CreatorU, comme «lit Bainl Grégoire le Grand ; ils suivent ces admirables vestiges, et ils finissent par surprendre ainsi une partie des se crets divins. Dans ce chemin à la fois obscur et lu mi iii'iix de la vérité, il- ont, pour les diriger, ces images tran-lii du monde invisible, lucidœ imagines eo-
rum ({Kir non videntur. Ils établissent des relations continuelles entre ce qu'ils voient des yeui du corps, et ce qu'ils entrevoient des yeui de l'esprit ; entre < <• qu'ils touchent avec leurs organes, et ce qu'ils atteignent par le tact supérieur de l'âme1; et ilsarrivenl ainsi à faire de l'univers entier une magnifique syn-
se qui unit le Ciel et La terre, l'invisible au visible, Infini à l'infini, le matériel à l'idéal , l'image i l'éternelle réalité. Ces hommes sont les vrais théologiens, les grands philosophes, les grands poètes, les sublimes artistes : Us ont compris le vrai symbolisme.
La première raison du symbolisme est donc celle-ci : l'univers esl le penne, le discours de Dieu, c'est son //r/v, son êcritufe, et chaque être correspond à une pensée divine. D'autre pari. ; li.npie être, loin d'être isole dans la création, est uni avec les autres par un système de corrélation telle, qu'un peut étudier ou
. Attigimut loto ictu cordis. 'Saint Aug. Confett, l. 1\, e. x.)
entrevoir dans l'un au moins une partie des qualités
de l'autre. Ainsi L'univers serait comme un immense miroir, à un nombre indéfini de facettes, donl toutes reflètent la gloire, la beauté, la vérité de Dieu, donl
(ouïes servent à semettre mutuellemenl en relief par une lumière réfléchie qui va alternativement de l'une à l'autre.
« Il faut, dit le P. Paber, regarder chaque créature comme si elle était un sacrement sous le voile duquel Dieu demeure caché*.» Cette seule et grande parole serait le plus beau programme de philosophie et de vrai mysticisme.
Je formule ainsi la seconde raison du symbolisme : le langage figuré est le vrai et naturel langage des intelligences unies à des organes.
1. To look at each créature as if itwerc a sacrament havingGodhidden under it. (Progrès, c. xxiv, p. 473.)