LIVRE PREMIER, CHAPITRE
l'âme humaine est le plus apte à comprendre. On «lirait ces deui maximes faites l'une pour L'autre : <v>t comme l'emboîtement d'un organe dans son articulation préparée à l'avance par la nature.
Il non- reste à développer une nuance de pensées <|ui jettna encore, nous l'espérons, quelque Lumière sur la question.
Dieu, en créant les natures intellectuelles, a mis en elles, sous formes idéales, toul ce qui existe dans la création, e1 c'est par ces formes que l'intelligence est apte à comprendre les autres êtres. Nous venons de formuler une des pensées les plus belles de saint Thomas et. nous oserons le dire, de la philosophie chrétienne \ Klle se rattache à ce principe universel, qui
1. Omnes rationes renuii intelligibiles primo existas! in Deo, et al 60 derivantur inalios intellectus, ut actu nitclligant. (1. p. q. 103, art. 3.) — Omnia qua Dcus fecil in propriis naturis, fecit in intclligentia angclica. 1. p. ([. 89, art. 3J — Nihil Deus produit ill rerum natura. quod non impresseril menti an( Ibid., q. 84, art. %,) — V. en-
core (De vcril. q. 8, art. 15, t. XVI, p. 306-807. Anima cognosoit omnia, in quantum est similis omnibus in potentat* (De anima art. B t. XV, p. 3f>2.) — Omnium corporalium limilitudo est in anima. (/ftfcf. art. 15, p. 390.) — Sicut a Deo profluxerunt res, ut in propria natura
7<i LE SYMBOLISME.
est une des l < > i s de La création : « Les êtres supérieurs ' sont plus parfaits que les êtres inférieurs, et ce que les êtres inférieurs renfermenl d'une manière défectueuse, partielle et multiple, les êtres supérieure Le contiennent éminemment dans une certaine totalité et simplicité2. »
Nous avons dit que «cite Lumineuse théorie, sur l'acte intellectuel appartenait à la philosophie chrétienne; nous tenons à le prouver par quelques citations.
« Il y a, dit Hugues de Saint-Victor, une ressemblance entre la beauté visible et la beauté invisible, selon un rapprochement que le Créateur a établi entre elles, et d'après lequel la vue de choses différentes ne forme. plus qu'un seul tableau. Ainsi l'âme con-
subsisterent, ita ex divina sapientia profluxerunt formœ reniai in substanlias intellectuales, quibus res intelligerent. (lbid. art. 18, p.- 403. — Ab œterno Deus cognovit res in propriis naturis... sicut et nos per similitudines reniai qure in nobis sunt, cognoseimus res in seipsis existentes. (1. p. q. 20 art. 2, ad. 2um.) — (Anima) intelligit, secundum quodhabetin se formas intellectorum. (Cont. Cent. 1. II, c. xlix.) —Et propterhoc dicitur, inlibro de Causis, quod intelligentia est plena formis. (Ibid. c. xcvin.)
1 . C'est ainsi peut-être que s'explique cette maxime de saint Chrysostome : « qu'un être inférieur ne peut pas comprendre parfaitement un être supérieur. >» {De Incomprch. hom. 5, n° 3, t. 4, p. 593.) — L'être supérieur a des formes intellectuelles plus étendues et plus universelles que l'autre. — Saint Jean Damascène enseigne la même doctrine. (De fide, 1. I, c. xii, p. 546.)
2. 1. p. q. 57, art. i. — - V. le P. Thomassin, De Deo, 1. VI, c. n, n° 9, p. 324.