LIVRE PREMIER, CHAPITRE PREMIER
ainsi dire, fragmenter une partie des beautés, des vérités de son Verbe, et les faire rayonner, dans Les « spaces créés, par un rejaillissement de Bimilitude lu* mineuse. Aussi chaque créature, si minime qu'elle >uit,est une expression partielle el extérieure de l'intelligence infinie : outre sa forme propre, son caractère Individuel, elle contient <in dessous une pen divine, un idéal divin : elle porte te cachet indélébile du Verbe donl elle est L'expression imparfaite, m véritable en un sens. C'est ainsi que, dans une page d'écriture tracée par un homme de génie, on peut distinguer, en chaque lettre, sa forme, son individualité propre, sa couleur, sa direction matérielle , sa beauté typographique: mais sous ces Lettres mortes, et surtout dans L'ensemble de ces caractères inanim il j a autre chose, il j a la pensée Bublime, gracieuse et variée «lu maître.
Chaque ohjet de la création correspond dune à un idéal divin; c'est un signe de la pensée divine, c'est un hiéroglyphe qui tient à la langue du ciel1. — Il fii résulte que la grande cl belle théologie, que la
l. ïliomassin dit avec un sens profond, « que la créature esi une parole de Dieu, mais une parole, fixe, stable, qui ne pass mine
un son traversant les airs; que cette manière de parler convenait parfaitement à l'immutabilité4 du Verbe éternel, et qu'elle était plus nti nos âmes.» (D$ Deo> 1. III, c. ix, n 8» p. i.
plus haute philosophie, que le premier secrel de l'art, consistent à savoir épeler d'abord, puis lire et comprendre cette magnifique poésie du Créateur, cette
littérature sublime de Dieu, ce chef-d'œuvre du plus grand des artistes. Saisir le côté divin des choses,
l'extraire de l'élément matériel, dégager celui qui i à la fois le grand Inconnu, Ignoto Deoy et l'Être le plus souverainement intelligible, voilà le plus bel effort de l'esprit humain ! Mais n'est-ce point là toute la science du symbolisme1?
1. Le P. Thomossin énonce ces propositions d'après saint Augustin et les autres Docteurs ou philosophes : « Les choses corporelles et spirituelles appartiennent au même exemplaire divin ; il y a une loi supérieure d'harmonie, qui descend successivement les différents degrés des êtres, qui imprime son énergie, d'abord sur les natures intellectuelles, puis sur la matière, et devient ainsi leur liaison réciproque. Cette loi est imprimée sur toutes les créatures comme sur de la cire, les êtres matériels eux-mêmes reçoivent cette empreinte : a la vérité cette empreinte est plus faible et moins fortement gravée sur la nature sensible, mais l'idée en est la même. Corporalia spiritaliaque ad eamdemin Deoideam, ad idem exemplarpertinerc... regnaresupernè legem aliquam consonantiœ et œqualitatis, quœ gradatim in inferiora, et in haec usque ima descendat, vimque suam primo intellectualibus naturis, deinde corporalibus imprimat, atque ita hanc inter has et illas consensionem concilier.. Quasi idea creatufis omnibus uli cerœ impressa..., in materialia usque omnia lineas suas et colores etsi magis magisque fugientes impresserit, ita ut materialium non alia sit idea, quam illa eadem, quœ spiritualibus insculpitur, sed debilius excepta. (DeDeo,\. III, c. xvm, nos 18 et 19, p. 164.)