‹ Le SymbolismeChapitre 6 sur 175 · LIVRE PREMIER, CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER, CHAPITRE PREMIER

Je me promène à la campagne ; j'admire les beautés qui sont semées autour de moi, comme des perles que Le Seigneur laisse tomber chaque matin en ouvranl ses mains si richement Libérales : mon intelligence et mon cœur se soulèvent par 1»' pins doux el le plus impérieux des ravissements. Pensez-vous que ce soit seulement la beauté extérieure de la création qui me transporte ainsi, qui me Peut rêver à l'infini? Vous croiriez donc que quand je Lis une page de Bossuet ou de Pénelon dans une édition magnifiquement illustrée, vous croiriez alors que c'esl La beauté de la reliure, des vignettes, ou le Luxe de l'impression qui me font tressaillir?— Non, non, il y a autre chose que

n d'il de chair ne voit pas, el cependant ce que je

vois en est L'intermédiaire ; il j a une musique ineffable et sans bruit, je L'entends avec les fibres harmoniques et invisibles de mon âme, le spectacle extérieur n'en est que L'occasion. Il y a un.' lumière que j'aperçois, et cette lumière ne vient pas du soleil, el cependant c'esl peut-être le rayon de n>1<m1 qui est venu en réveiller le souvenir. 11 s'élève de tout ce que

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je sois, de tout ce que je cens, de tout ce que j'admire, il s'élève une odeur délicieuse du divin ; e( < ette odeur n'est ni celle d<is champs, ni celle des prairi ni celle des jardins; c'en est une autre plus pure et plus éthéréè; c'est le parfum du Beau et du Vrai ! Voilà le symbolisme ! .Remonter du créé à l'inci du visible à l'invisible! se servir de la créai ion tout

entière comme d'un piédestal pour monter plus haut, <( car en toute créature visible, dit saint Augustin, il y a quelque chose de caché, et Dieu veut que nous le cherchions, et qu'après l'avoir trouvé, nous nous réjouissions de cette découverte *. » — Voir les caractères divins, c'est-à-dire les créatures elles-mêmes, en admirer transitoirement la beauté extérieure , mais surtout. en voir le sens, en saisir la pensée, en comprendre l'idéal, et lire sous des formes finies la grande pensée de l'Éternel ! Elle y est, du moins en partie, cette pensée mystérieuse: la lire, la deviner, la savourer, c'est une logique divine, c'est une dialectique supérieure à toutes les autres, c'est le sens de l'homme de génie, et surtout du génie chrétien. — Toute philosophie qui n'entendra pas ce langage, est condamnée par là même à la vulgarité et à des inepties sonores ; ses adeptes ressemblent à des enfants qui se confine-

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