‹ Le SymbolismeChapitre 56 sur 175 · LIVRE II. CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITRE PREMIER

cjïstentium rerum simulacra sunt, miro et vix explicabili modo abipsis rébus quœ ocré sunt figurata. C'està-dire que la matière »>u la nature corporelle reçoit toutes les formes et toutes les beautés sensibles comme des i m pressions rt des caractères qui lui viennent de la (orme divine du Verbe^qui est L'Idée, ou qui contient 1rs idées e1 les exemplaires de toutes l<is natures et de toutes les beautés créées, «'tant lui-même la suprême et incorruptible beauté. Ainsi ta vérité des choses est dans ce divin exemplaire, et ce n'en peut être qu'une image et qu'une Qgure qui s'imprime si superficiellement dans la matière qu'elle en est en très-peu de temps effacée pour taire place à une autre. L'être et la vérité (\*'> beautés éternelles du Verbe el de ses idées divines est le sujet de l'intelligence, à laquelle peu de personnes arrivent, comme Moïse, à qui, après on long séjour dans la solitude, Dieu lit entendre qu'il était L'Être même. Mais L'image de la vérité et des perfections du Verbe, qui éclate dans l<is natures corporelles, est l'objet (\^> opinions probables, dont le commun d^> hommes se repaît. Donc autant que l'intelligence surpasse les sens, autant il est nécessaire qu'il 5 ait un Être et une Vérité suprême, d'où émanent, comme d'une source féconde, toute- ces belles imagi a et t'es figures ou «es espèces qui sonl les ornements de ce monde sensible.

« Platon dit encore ailleurs que Les esprits nés peur la philosophie sont ceux qui ne s'arrêtent point aux êtres particuliers et changeants, dont on peut sroir des opinions inconstantes) non une science certaine et inébranlable, mais qui pénètrent toujours plus ayant et s'élèvent plus haut jusqu'à l'Être suprême et immuable, où toutes les autres natures ont aussi des modèles de perfection immuables et éternels. C'esl dans cet océan d'être que l'esprit de l'homme trouve la consistance, la vie, l'intelligence, la nourriture immortelle des Anges.

<( C'est donc la doctrine de Platon , que l'Être véritable n'est que dans le Verbe divin, et que l'être même véritable de toutes les créatures n'est que dans les idées que le Verbe divin en renferme dans lui-même, qu'en elles-mêmes elles n'ont que la figure et l'ombre passagère de l'Être1. »

a Je me suis souvent demandé, dit Gicéron, pourquoi les expressions figurées plaisent toujours plus que les mots propres et simples... Toute métaphore, pourvu du moins qu'elle soit juste, s'adresse à nos sens, et principalement à celui de la vue, le plus actif de tous. Ces expressions, le parfum de l'urbanité, le poli des manières, le murmure des eaux, la douceur du style,

1. Thomassin, Méthode d'étud. la philos. 1. II, c. v, p. 325-326.

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