‹ Le SymbolismeChapitre 57 sur 175 · LIVRE II. CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITRE PREMIER

s'adresse à. nos autres sens; mais les métaphores qui parlent aux yeux ont une magie bien plus puissante, parce qu'elles rendenl comme sensible à l'intelligence ce que La vue ne peul apercevoir. Il n'est pas un seul objet dans la nature dont le nom ne puisse être transporte à des idées d'un ordre différent. En effet, tout objet dont on peut tirer une comparaison (et tous, sans exception, en offrent les m<>\<'n>; fournil une ei pression figurée qui, à l'aide de cette comparaison, dont elle renferme l'idée, répand sur le discours de la lumière et de l'éclat1.»

Plutarque, après avoir dit que l'Ame humaine aie même rapport et la mêmeunion avec l'inspiration divine que l'organe de la vue avec la lumière, reconnaît «qu'il \ a une l<»i d'analogie fret- belle et très-sage, qui mut les deux monde-, et qui établil des relations entre l'âme et le corps, entre la vue de.- sens et la Mie de L'esprit, entre la lumière et la vérité*.»

«C'est la beauté de- choses sensibles qui révèle l'excellence, la puissance et la bonté des essences intelligibles, dit Plotin, et il y a une connexion éternelle entre les essences intelligibles, qui existenl par ellesmêmes, et !•■> choses sensibles, qui en tiennent èU

1. Cici'ron, de l'Oral., 1. III. c. UIX, p. 318, 319. ■l. IMuiarquc, De defect. OrQCU lorum, c. XXXX1I, l. I, p. éd.

Didot.

\)i LE SYMBOLISME.

nellement L'être par participation et qui Imitent la nature intelligible autant, qu'elles le peuvent '. »

«Tout ce monde inférieur a été fait à la ressemblance du monde supérieur: ce qui existe dans le

monde supérieur nous apparaît ici-bas comme dans une image*. »

(( Si nous savions interpréter cette langue magnifique de la Nature, si, complètement initiés à ses secrets, nous en avions la pleine intelligence, le monde des corps nous serait révélé, nous y lirions, comme en un livre écrit de la main de Dieu, la description de ses œuvres, notre science serait tout ce qu'elle peut être, tout ce que notre nature, à un point donné de son développement, permet qu'elle soit, et l'une des conditions de notre progrès est de l'étudier sans cesse 3. »

(( Le sentiment du beau naît, en effet, pour nous du spectacle de l'univers, lorsque, parla vision des idées, nous lions aux formes contingentes leurs types nécessaires; lorsqu'à travers l'enveloppe matérielle visible à l'œil de chair, l'esprit découvre l'invisible essence. La Création alors prend un nouvel aspect, elle s'anime, se spiritualise; tout un monde, voilé jusque-là,

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