I.l\ RE MI. CHAPITRE PREMIER
fois de plus philosophique et de plus sérieux que l'histoire *. »
Le chancelier Bacon fait le plus grand éloge de la poésie : nous ne saurions avoir de meilleur interpn de sa pensée que le l\ Thomassin : >■ Bacon «lit que la poésie es! une preuve que l'âme de L'homme quelque chose de plus aoble et de plus élevé que toul le monde, puisqu'elle s'en forme des idées d'une beauté plus achevée. La poésie relève lesactions héroïques et les plus grandes vertus au dessus de qu'elles sont; et elle les dépeint telles qu'elles devraient Ôtre, selon les lois de la vérité éternelle, sans
rêter aux faits et à l'histoire , où la perfection toujours fort limitée, au moins depuis la chute du premier homme. Ainsi il n'\ a presque que la ] qui corresponde à l'étendue et à l'élévation de l'âme raisonnable, el à sa supériorité sur tout ce que ce monde sensible a de grand et de beau. »
< De là vient, dit Bacon, que la poésie semble avoir Ique chose de divin, puisqu'elle élève l'esprit audessus de toutes les autres créatures, et qu'elle rel les choses mêmes selon la sublimité de l'esprit, b loin de rabaisser l'esprit à la médiocrité des obj< Ce fui ce qui rendit autrefois la poésie si vénérable
i. Poetic. c. i\, n' 3, p. 165, t. I. édit. Dklot.
I lï. LE SI MBOLISME.
parmi les uations encore barbares , en un temps où toutes les autres sciences étaient ensevelies dans un
profond oubli \ »
En parlant do la poésie , non- n'entendons pas seulement le langage mesuré du rhythme. Tout Langag vivant, figuré, qui s'inspire aux sources de la nature, qui traduit avec les symboles de la Création, les id< du Beau, du Vrai et du Bien, est pour nous le langage de la poésie, c'est la vraie science de la comparaison : c'est dans ce sens que nous proclamons la poésie le plus beau langage de la philosophie et de la théologie, et que nous répétons avec M. de Humboldt, qu'il faut a renouveler l'alliance, qui autrefois unissait, en vue d'une œuvre commune, la philosophie, la physique et la poésie 2 » et nous comprenons l'étonnement de Goethe écrivant à Schiller : « Je ne sais vraiment en quel endroit la pauvre poésie pourra se réfugier : car elle est pourchassée ici par les philosophes, les naturalistes et consorts 3. »
« Les gens intelligents aiment le langage symbolique, dit Philon, et les saintes Lettres nous excitent de la manière la plus évidente à le cultiver \ »
1. Thoniassin, Méth. d'étudier les poêles, préf. c. xxxi. 1. Kosmos, t. II, p. 8i.
3. Corresp. entre Goethe cl Schiller, t. II, p. -2!7. i. De Piaulât. .Voc, t. II, <\ i\, p. 151, édit. I.eipsik.