LIVRE III, CHAPITRE PREMIER. 1 I
« La science du langage symbolique est très-uti dit Clément d'Alexandrie, utile pour La saine théologie, utile pour la piété, utile pour exercer la sagacité de L'esprit, utile pour économiser Le temps, el pour faire preuve de sagesse et d'intelligence. Le propre fin «lit Le grammairien Didyme, c'esl d'us< babilemenl du symbole, et de saisir le mystèrecaché sous la forme symbolique1. Ajoutez h cela, que la vérité aperçue à travers un voile, prend un aspecl plus auguste et i>lus grandiose, pareille à ces fruits dont la transparu ace de L'eau relève La beauté, ou comme ces forme.- qui se laissenl deviner à travers les vêtements dont elles sonl recouvertes. La Lumière directe et sans ombre peut mettre en relief Les défauts, et ce qui es1 d'une évidence absolue prête moins au jeu multiple de La pensée1. »
La théorie philosophique et éminemment rationnelle de la comparaison est dans ces paroles d'Ozanam: u Le moyen (employé par le Dante] l'ut Le symbolisme, procédé philosophique, puisqu'il repose sur la l<»i incontestable de l'association des Idées, e1 éminemmenl poétique d'ailleurs; car, pendant que La prose place immédiatement sous le signe de La parole La pens
l . Slrom., 1. V, C. vin. p. T l.
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proposée, la poésie y place des im ige* qui sont ellesmêmes Les signes d'une pensée plus liante \ o
« C'est mie pensée hardie et naturellement métaphysicienne qui se place tout d'abord dans le monde invisible, au-dessus du temps et de la fcerrej nue expression métaphorique, non par caprice, mais par t terne, et qui s'empare de toutes les images de la création, parce que toutes sont des reflets des vérités éternelles qu'elle veut manifester; une aspiration profonde \(:v< deux choses ici-bas absentes, mais qui s'y peuvent reproduire au moins en partie : la perfection et la félicité 2. »
Elle est dans ces paroles du P. Gratry : « Platon savait que la raison a deux procédés, non pas un seul. »
<( Il savait que le plus puissant de ces deux procédés, tout aussi rigoureux que l'autre, est la réalité scientifique dont la poésie est l'image. C'est même pour cela qu'il était poète, par réflexion autant que par nature, comme tous les philosophes qui ont spécialement employé le procédé principal de la raison. Il comprenait que les très-belles métaphores sont vraies , parce qu'elles impliquent la vérité de la méthode dialectique, et que cette forme principale de la pensée philosophique , dans son élan , est comme la poésie elle-