‹ Le Sympathique dans ses rapports avec le coryza spasmodiqueChapitre 24 sur 27 · LL. 71e · texte numérisé non relu

LL. 71e

se.

phylactique donnera lieu à des troubles bilatéraux, mais très souvent les deux facteurs étiologiques se mêlent sans que l’on puisse faire la part exacte qui revient à chacun d'eux.

En résumé, nous voyons que la situation anatomique du ganglion sympathique centre régulateur de la vaso motricité, de la secrétion, de la sensibilité des fosses nasales, le rend facilement vulnérable. Irrité, il va réagir violemment, brusque décharge ganglionnaire peut-on dire, et cette réaction constituera la crise de rhinorrhée spasmodique.

2° Le réflexe naso-facial. — Décrit par P. Emile Weil, Levy Fraenckel, Juster, ce réflexe permet d'étudier et d'apprécier l'état du système sympathique et parasympathique local de la face. Avant de donner les résultats qu'apporte son étude chez nos malades et les conclusions que l’on en peut tirer, disons tout d'abord ce qu'il est.

Chez un individu normal, après avoir observé la coloration de la face et l'état des pupilles, si au moyen d’un tampon de coton monté sur un stylet on exerce une friction légère sur le cornet moyen et de préférence vers la queue du cornet moyen, on observe aussitôt du côté excité: une réaction congestive des paupières, du nez, de la conjoncetive en même temps qu'une sécrétion de larmes et une mydriase bilatérale légère. Les phénomènes de vaso-dilatation et de sé-

: ES ÉS E a 1. a.

crétion sont variables suivant le tonus sympathique du sujet.

Si la rougeur s'étend au front, aux oreilles, au cou, en même temps qu'apparaît une sécrétion sudorale localisée au côté excité, parfois bilatérale, le

réflexe est intense. Il est faible quand l'œil du côté

excité devient à peine larmoyant, que la conjonctive palpébrale inférieure ne montre qu’une hyperhémie légère. Comme dans le phénomène de Schiff apparaît une mydriase bilatérale légère s’accompagnant parfois d’un hippus très vif et très rapide quand on bouge le stylet.

Les conclusions qu'apportent les auteurs à l'étude de ce réffexe, sont les suivantes: Le réflxe, naso-facial est un réflexe sympathique qui permet d'interroger le système sympathique et parasympathique local de la face et de plus de connaître le degré d’excitabilité générale du système sympathique du sujet examiné. Ainsi le larmoiement est produit par le noyau lacrymal sympathique, qui immerve la glande lacrymale et qui est situé médialement au noyau du facial dans le mésocéphale. D'autre part, les effets

sur le cœur et la respiration, l'importance de la con-

gestion de la face et de la secrétion sudorale, permettent d'apprécier l'état de tonus sympathique du sujet et le reflxe naso-facial devient un moyen d'étude du système sympathique, Si on le recherche systématiquement en même temps que le réflexe oculo-

cardiaque, le réflexe naso-cardiaque, le réflexe de Louge, on voit qu'il marche de pair avec eux.

L'arc réflexe peut se schématiser de la façon suivante: Le Trijumeau forme la voie centripète sensitive. Après articulation avec le noyau lacrymal du facial, les fibres préganglionnaires suivent le facial jusqu'au ganglion géniculé. De là l'influs nerveux passe dahs le grand nerf petreux superficiel, le nerf vidien, pour aboutir au ganglion sphéno-palatin. Des cellules du ganglion partent les fibres post-ganglionpaires empruntant à nouveau le trijumeau pour former la voie motrice.

Puisqu'il s’agit donc d'un réflexe susceptible de nous donner des indications non seulement sur l’état du sympathique en général, mais sur l'état du parasympathique local, il était logique de le rechercher chez des malades atteints d’une affection paraissant être en rapport net avec le sympathique nasal.

Chez les XIV malades dont nous donnons plus haut les observations, le réflexe naso-facial s'est montré, avant l'épreuve du traitement:

Très vif, 7 fois.

Vif, 7 fois.

Normal, 0,

Diminué, 0,

Donc nous n'avons jamais constaté sa diminution dans les cas de coryza spasmodique. Il est intéressant

de rapprocher ces résultats de ceux que donne Mlle

PV nee Lt:

JÙ ;

Schulman dans sa thèse sur l’ozène. Dans les cas rapportés, le R.N.F. s'est montré constamment diminué en rapport par conséquent avec une paralysie du système sympathique local. Ici où sa vivacité est la règle, on est donc bien en droit de conclure à un état d’excitation du système sphéno-palatin, état local mais qui marche de pair avec une instabilité vago-sympathique générale.

3 L'épreuve du traitement. — L'épreuve du traitement a pour but, en supprimant physiologiquement le ganglion sphéno-palatin, de supprimer du même coup ou du moins d’atténuer d’une façon très appréciable les manifestations douloureuses, secrétoires et vaso-motrices du coryza spasmodique. C'est par l'épreuve du traitement, écrit Sluder, que l’on fera très souvent le diagnostic de syndrome sphéno-palatin. « L'application d'une solution de cocaïne très concentrée en un point répondant au ganglion sphéno-pala-

‘ tin, c'est-à-dire immédiatement en arrière de la queue

du cornet moyen, ou mieux une injection en ce point du même médicament à 1 % supprime net la totalité des symptômes ».

Dans certains cas, ceux de malades vus en pleine crise, on peut qualifier le résultat d'impressionnant.

Le contact du porte coton sur la muqueuse qui recouvre le trou sphéno-palalin, fait disparaître la crise immédiatement. Peut-être même s'agit-il, dans ces

cas, d'une action plus mécanique que réellement mo-

dificatrice. La cocaïne est absorbée très rapidement par les muqueuses; nous le savons par les réactions soudaines qu'amène parfois son emploi dans les badigeonnages de la pituitaire en vue d'une anesthésie. Mais dans le cas qui nous occupe, il s’agit d’une action tellement rapide que l'on peut se demander quelle est la part exacte qui revient à la friction légère ou à la goutte de cocaïne qui imbibe le coton du stylet. Qui nous prouve que la rupture d'équilibre du système sphéno-palatin produite bien souvent, nous l'avons vu, par une épine irritative, ne puisse être influencée en sens inverse par une cause méca-

. nique agissant plus fortement et plus brusquement et

rétablissant l'équilibre par la réaction qu'elle amène. Les malades chez lesquels dans l'intervalle des crises on pratique un attouchement modificateur présentent fréquemment, dans la journée et le lendemain qui suit, des éternuements répétés avec larmoiement et écoulement profus.

Donc selon le moment ou sera appliqué le traitement, pendant la décharge ganglionnaire, la crise aiguë de coryza ou dans l'intervalle des cerises en période latente, il semble que l’on donne lieu soit à des phénomènes d'inhibition, soit à des phénomènes d’excitation. Ceci pour les modifications immédiates car le résultat est le même dans les deux cas et le test traitement conserve toute sa valeur.

Signalons ici l'euphorie des malades sujets à des crises fréquentes, sensibilisés au froid par exemple ou au soleil et qui, de ce fait, présentent une vérita-

ble infirmité, une gêne constante dans l'exercice de .

leur profession. Du jour au lendeïnain, ces malades voient disparaître leurs crises, ou s’atténuer, au point de ne constituer plus que des incidents aisément supportés. Voici cinq observations que publia Canuyt l'an dernier et que nous rapportons ici, résumées telles qu'il les donne:

EL. — S... Crise de C. spasmodique provoquée par le refroidissement. Phénomènes oculaires: tension, larmoiement, photophobie, hypertrophie des cornets inférieurs, éperon de la cloison.

Attouchements modificateurs. Diminution des erises. Cornetomie bilatérale. Cessation des crises.

IT. — C... M. Crises de C. S. Sensations de brûlures dans la fosse nasale et picotements dans l’hemi-face à droite.

Attouchements à la cocaïne, adrénaline et injections au niveau du ganglion. Cessation des crises.

IT. — C. Crises de GC. S. Phénomènes oculaires photophobie, chatouillements dans l'oreille droite. Salivation abondante.

Badigeonnages de cocaïne, adrénaline et de nitrate d'argent à 1 %. Amélioration.

Attouchements au liquide de Bonain. Diminution des crises.

ÿ ORNE LS CNERVE (NUS TOÙ ER

Page 1