‹ Le Sympathique dans ses rapports avec le coryza spasmodiqueChapitre 8 sur 27 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Considérations anatomiques

Nous donnerons dans ce premier chapitre un aper- çu anatomique destiné à rappeler les relations existant entre le trijumeau et le ganglion sphéno-palatin d’une part, les muqueuses nasales, oculaires et pharyngiennes d'autre part.

L'exposé clinique qui suivra, permettra de voir que le domaine anatomique du coryza spasmodique est celui-là même qui est.placé sous la dépendance du système sphéno-palatin, c'est-à-dire du ganglion de Meckel et de ses racines.

Ganglion sphéno-palatin. — Sa situation

Ce ganglion, ganglion de Meckel ou ganglion nasal est situé dans l’arrière-fond de la fosse Pterygo- Maxillaire. Dans cette cavité osseuse qui en dedans communique avec les fosses nasales par le trou sphéno-palatin, en dehors, avec la région zygomatique par la fente sphéno-maxillaire, passent le nerf maxillaire supérieur et l'artère sphéno-palatine,

Le ganglion occupe la partie la plus élevée et la plus interne de cette loge.

De forme conique, à sommet postérieur il s'enfonce en arrière dans l'extrémité antérieure élargie du canal vidien, tandis qu’en avant il reste toujours à 3 ou 4 millimètres de la tubérosité du maxillaire supérieur qui forme la paroi antérieure de la loge. ;

Rapports. — Ses rapports les plus importants se font avec:

Les sinus postérieurs:

La paroi nasale et la muqueuse nasale;

La queue du cornet moyen.

Rapports du ganglion avec les sinus postérieurs.

L'Ethmoïde en avañt, le sphénoïde en arrière forment le plafond de la fosse Pterygo maxillaire. Par suite de la variabilité anatomique de la région, ces rapports se feront soit en faveur des cellules ethmoïdales, soit en faveur du sinus sphénoïdal. Rapports bien étudiés (Sluder, Ramadier), et qui expliquent comment une inflammation des sinus postérieurs retentira sur le gangailno.

Rapports du ganglion avec la muqueuse nasale et le trou Sphéno-palatin. — On a fait remarquer qu’en aucun point de l'organisme un ganglion sympathique n'est aussi proche d'une muqueuse. Situé en

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regard du trou sphéno-palatin, tantôt à son contact, tantôt éloigné de 1 à 6 millimètres, il est en rapport immédiat avec l'arrière fond des fosses nasales.

Rapports avec la queue du cornet moyen. — Normalement, la queue du cornet moyen affleure le bord inférieur du trou sphéno-palatin, placé immédiatement en arrière et au-dessus.

Ici encore les mêmes remarques sont à faire que précédemment: Un état pathologique du cornet (hypertrophie, état polypoïde) retentira facilement sur le

ganglion.

Anatomie. — Les racines du ganglion sphéno-palatin viennent du nerf sphéno-palatin, du nerf vidien.

Nerf sphéno-palatin. — Placé à 2 ou 3 millimètres en dedans du nerf maxillaire supérieur, le ganglion n'est point suspendu à ce nerf par deux ou trois filets plus ou moins grêles, mais par un véritable plexus sur lequel se détache le nerf sphéno-palatin. C’est surtout par l'intermédiaire du nerf sphéno-palatin que le ganglion est rattaché au nerf maxillaire supérieur.

Le nerf sphéno-palatin affecte, par rapport au ganglion, deux dispositions principales: tantôt il passe en’ avant de la base du ganglion, tantôt il croise se face externe; à ce moment il lui abandonne quel-

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ques-unes de ses fibres qui, comme nous venons de le voir, s’anastomosent eñtre ellles, constituant ainsi une sorte de plexus qui relie le bord supérieur du ganglion au nerf maxillaire supérieur.

Nerf vidien. .. Formé par la réunion des:

Grand nerf pétreux superficiel ;

Grand nerf pétreux profond;

Rameau sympathique du plexus carotidien.

Ce nerf aborde le ganglion par son sommet à l'extrémité antérieure évasée du canal vidien.

Rameaux efférents. — Le ganglion ne possède pas de rameaux efférents anatomiquement isolés. Il se borne à envoyer des fibres en quantité plus ou moins grande au nerf sphéno-palatin et à ses branches terminales les nerfs nasaux supérieurs, naso-palatin, les 3 nerfs palatins et le rameau orbitaire.

C’est donc le nerf sphéno-palatin qui est presque à lui seul la voie ganglionnaire efférente; exception faite du nerf nasal interne, branche de l’ophtalmique, ses rameaux sensitifs vecteurs de fibres sympathiques vont se ramifier dans la muqueuse pituitaire de la façon suivante:

La Muqueuse de la cloison, dans sa partie postérieure et inférieure, est innervée par le nerf naso-palatin dans ses parties antérieures et supérieures par le nerf nasal interne, branche de l'ophtalmique.

Le plancher, dans sa partie antérieure, dépend du nerf naso-palatin, dans le reste de son étendue du rameau nasal du filet alvéolaire antérieur.

Les cornets. L'inférieur reçoit son innervation de la branche supérieure du nerf palatin antérieur ou nerf nasal inférieur; les cornets moyens et supérieurs des nerfs nasaux supérieurs.

Les méats sont sous la dépendance: l’inférieur du

filet antérieur du nerf palatin antérieur, le moyen du nerf palatin antérieur, le supérieur des nerfs nasaux supérieurs.

Ajoutons qu'une partie des fibres sympathiques émanées du ganglion, suivent le rameau pharyngien de Bock, qui à sa sortie du conduit pterygo-pharyngien, aboutit à la muqueuse du cavum au voisinage de l’orifice tubaire. Les nerfs palatins innervent par leurs branches terminales le voile et la voûte du palais.

Physiologie. — De structure semblable à celle du ganglion ciliaire il apparaît comme formé de cellules nerveuses multipolaires abondamment fournies en dendrides larges et courtes ou fines et longues.

Les fibres qui pénètrent dans le ganglion et constituent ses racines ne sont pas toutes d'ordre sympathique. Les unes passent sans s'y arrêter, les autres s'interrompent dans le ganglion. Les premières sont de nature sensitive ou motrices, les secondes de na-

ture sympathique et forment de ce fait les vraies racines du ganglion.

Le nerf vidien. Les fibres du nerf vidien proviennent:

Du facial par le grand nerf petreux superficiel ;

Du glosso-pharyngien par le grand nerf petreux profond;

Du sympathique par le filet carotidien.

Filets sensitifs et filets moteurs se rendant aux muscles du voile ne s'interrompent pas dans le ganglion. La majorité des fibres peut être considérée comme étant de nature sympathique et d'ordre secrétoire. Ces fibres vont aboutir au-delà du ganglion par l'intermédiaire du nerf sphéno-palatin aux glandes des fosses nasales, et du voile du palais, par l'intermédiaire de l’arcade orbito-lacrymale à la glande lacrymale.

Le nerf sphéno-palatin et les filets ganglionnaires directs émanés du nerf maxillaire supérieur possèdent des fibres sympathiques vaso-dilatatrices qui après relai dans le ganglion gagnent d'une part la muqueuse du voile du palais, des fosses nasales et le pharynx supérieur, d'autre part la glande sous-maxillaire et la muqueuse linguale par l'intermédiaire du facial et de la corde du tympan ; un certain nombre de ces filets sympathiques sont d'origine bulbaire; les autres proviennent du ganglion cervical supérieur anastomosé au ganglion de Gasser.

Le. fé

En résumé, le ganglion sphéno-palatin peut donc être assimilé à un véritable ganglion sympathique dont les fibres pré-ganglionnaires viennent des noyaux du facial, du glosso pharyngien, du trijumeau, dont les fibres post-ganglionnaires suivent le nerf sphéno-palatin, l’arcade orbito-lacrymale, le facial, la corde du tympan. La systématisation a été résumée par Laignel-Lavastine de la façon suivante: Du nerf sphéno-palatin les fibres vaso-dilatatrices de la muqueuse du voile du palais et des fosses nasales, de la glande sous-maxillaire et de la muqueuse linguale (corde du tympan) s’interrompent dans le ganglion tandis que les fibres sensitives pour la muqueuse nasale et la muqueuse du voile ne s’interrompent pas.

De même du nerf vidien ne s’interrompent pas dans le ganglion les fibres motrices pour les muscles du voile tandis que s’interrompent les fibres secrétoires pour la glande lacrymale et les glandes du voile du palais et des fosses nasales.

Théorie de Langley. — Autre est la conception de l’école anglo-saxonne (Langley Guillaume), qui fait rentrer le système sphéno-palatin dans le para-sympathique cranien annexé au facial.

« Dans cette conception, écrit Laignel-Lavastine, « des ganglions tels que les ganglions ciliaire, sphé- « no-palatin, otiqué, sous-maxillaire, n'appartien-

« nent pas au sympathique parce que leurs con- « nexions décrites dans les traités d'anatomie des- « criptive entre le sympathique et les ganglions cra- « niens n'existent pas physiologiquement (Guil- « Jaume), mais j'ai montré qu'histologiquement, rien « ne les distingue des ganglions sympathiques ». Quoiqu'il en soit, on comprendra par ce rappel de notions anatomo-physiologiques, toute l'importance que peut avoir le ganglion de Meckel de par sa situation et ses fonctions dans la pathologie des fosses na-

sales.

Ayant sous sa dépendance toute la vaso-motricité du riche réseau caverneux de la pituitaire, la sécrétion des glandes muqueuses, il est logique de l’interroger et de chercher à agir directement sur lui pour modifier les troubles que l’on sait être de son domaine anatomique. Le réflexe naso-facial d'une part, l’épreuve du traitement d'antre part, nous donneront ces renseignements.

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