‹ Le syndicalisme allemand; résumé historiqueChapitre 3 sur 8 · L'AGE INGRAT · texte numérisé non relu

L'AGE INGRAT

Dans les premiers temps, la concurrence eut du bon. Des cadres étaient créés : il fallait les remplir. Et les propagandistes se mirent à l'œuvre.

La Commission centrale, présidée par Hirsch, fondait à Berlin, à Dantzig, à Magdebourg, de forts syndicats locaux (Ortsvereine) qu'elle commençait de réunir en syndicats d'industrie {Gewerkvereine), s'étendant sur toute l'Allemagne. A la Pentecôte de 1869, on en comptait déjà 8, composés de 200 groupes locaux. Et le Congrès qui se tint alors à Berlin les rassembla dans une Union {Verband der deutschen Gewerkvereine). Un conseil central, composé des représentants des divers syndicats, devait diriger l'Union ; un conseiller (Verbandsanwalt) devait l'assister ; et, dès ce moment, ce fut Hirsch, qui l'est encore aujourd'hui. Un journal parut: Der Gewerhverein* A la fin de 1869, 30.000 membres constituaient l'Union. Rappelons d'un mot leurs principes : la paix, l'entente, le plus constamment possible, avec les patrons. Ils les ont gardés jusqu'à ce jour, comme a fait leur conseiller.

Parallèlement, Schweitzer faisait un grand effort: en un an, sa ligue des syndicats comptait plus de 35.000 membres. Elle avait aussi son journal, « le Nouveau Social-Démocrate ». Et elle menait à Berlin, dans l'industrie du bâtiment, une grande lutte pour le salaire.

Les marxistes, eux non plus, n'oubliaient point les résolutions de septembre 68 : à l'exemple des imprimeurs (mars 69), les tisserands fondaient une Union. Les travailleurs du bois. les métallurgistes, les cordonniers convoquaient des Congrès internationaux. A celui du parti, à Eisenacb (7-9 août 1869), York, un menuisier de Harbourg, développa tout un plan d'organisation et déclara que les syndicats devaient être créés par le peuple ouvrier, non pas imposés par un dictatenr.

Rapidement et fatalement, cet effort faiblit. L'industrie allemande d'alors n'était point telle qu'elle pût prédisposer les ouvriers à une forte action syndicale. Aussi longtemps que des bataillons de travailleurs ne sont pas encore rassemblés dans les vastes halls des usines, l'esprit syndical ne naît qu'avec peine. Or, et la petite entreprise, et le travail à domicile dominaient encore en Allemagne.

Plus immédiatement, les circonstances furent défavorables : 1869-70 ont été des années fécondes en grèves, quelques-unes heureuses, beaucoup menées avec vigueur. Mais, dans ces luttes, les syndicats, mal préparés, sans ressources, pouvaient peu de chose. Les « apôtres de l'harmonie », les syndicats Hirsch-Duncker

eux-mêmes, durent lutter dans ces conditions, soutenir à Waldenbourg un combat de classe atroce, où 7.000 mineurs silésiens résistèrent huit semaines, pour, à la fin, se courber à nouveau sous une tyrannie patriarcale. On vit là les patrons fermer à clef les fontaines où les familles grévistes allaient puiser l'eau.

Il semble qu'à ce moment (seconde moitié de 69-70), la classe ouvrière allemande qui, un an auparavant, ' d'instinct, avait vu clair, ait hésité, découragée. Les Hirsch-Duncker, décimés par l'échec, se consacrèrent presque exclusivement aijx œuvres d'assistance. Les Gewerkvereine organisèrent presque chacune leur caisse de maladie ; une caisse générale d'invalidité avait été instituée déjà le 1 er juillet 69.

Parmi les socialistes des deux directions, les idées s'embrouillaient. Au début de janvier 70, Schweitzer, préoccupé sans doute de pouvoir soutenir les grèves par des secours efficaces, et peut-être aussi par raison politique, faisait voter la dissolution de tous les syndicats et la confusion de leurs membres dans une Union générale cC assistance des ouvriers allemands. Une minorité lui résista énergiquement. Beaucoup lui conseillèrent d'aller prudemment, « pour ne pas blesser les préjugés corporatifs (zûnftig) que les ouvriers conservaient encore ». C'était la vieille erreur de Schulze que les lassalliens prenaient à leur compte.

Et il n'est pas moins curieux qu'au congrès de Stuttgart (juin 1870), la même idée se soit fait jour dans les rangs marxistes. Là encore,

on parla de fusion, de société générale d'assurances, ouvrières, de caisse générale de maladie. Pour l'honneur du parti, York défendit les groupements professionnels, et dit bien leur rôle. Mais cet esprit plus avisé tombait dans une autre erreur: il recommandait de fonder des sociétés de production.

La guerre franco-allemande compléta la débâcle. Les Hirsch-Duncker furent réduits à 6.000 membres ; au 25 mai 71, ceux de l'Union d'assistance des Lassalliens se retrouvèrent 4.257, alors qu'ils avaient été plus de 20.000 l'année précédente. La statistique eisenachienne, qui nous fait défaut, compléterait sûrement l'impression. De l'enthousiasme organisateur de 1868, après deux ans, c'était là ce qui subsistait.

Ce fut précisément dans ce marasme que l'élan capitaliste de 1871-72 surprit la classe ouvrière. On sait le délire d'entreprise qui saisit l'Allemagne, quand le torrent des milliards passa : de 1851 à juillet 1870, 295 sociétés par actions avaient été fondées avec un capital de 3:030 millions de francs ; de juillet 1870 à 1874, 857 furent fondées avec 4.132 millions et demi. Période d'essor industriel inouï, hausse des prix, hausse des loyers : sans doute les grèves vont se multiplier, et, par elles, les associations.

Et pourtant, de 1871 à 1874, les syndicats allemands végétèrent.

Tout d'abord, si, dans ces « années de fondations », celles de la grande activité industrielle, des ouvriers allemands, sous le coup du besoin, se mirent en grève, ils ne réussirent que rarement. Des coalitions de 8.000 mécaniciens à Chemnitz (nov. 71), de 3.000 métallurgistes à Nuremberg, de 16.000 mineurs dans le bassin de la Ruhr, et bien d'autres, se heurtèrent sans résultat à une audace d'entreprise qui ne reculait devant nul moyen : listes noires, contrecoalitions, appel à l'Etat.

Surtout, cette prospérité, oppressive pour la classe ouvrière, dura trop peu pour lui permettre de s'organiser dans la lutte même. En 1873- 74, en effet, une crise l'anéantit. Les campagnes étaient dans la misère ; la baisse des tarifs d'entrée avait permis aux fers anglais, aux fontes françaises de submerger le marché allemand.

En foule, les hauts-fourneaux s'éteiguaient. Et jusqu'en 1890, l'Allemagne dut se recueillir, travailler dans le calme, acquérir les éléments d'un développement industriel plus régulier et plus sain. — Ce n'était point, naturellement, cette crise qui pouvait ranimer le mouvement syndical.

En second lieu, dès ces débuts, les syndicats souffrirent de leur condition juridique précaire. A quelques détails près, elle n'a pas changé depuis. Disons-le, cette fois pour toutes, précisément.

Le paragraphe 152 du Code industriel de 1869 déclare abolies « toutes les interdictions et dispositions pénales contre les artisans, ouvriers in-

dustriels, compagnons ou ouvriers de fabriques, pour conventions et unions dans le but d'obtenir des conditions plus favorables de salaire et de travail, en particulier au moyen d'une suspension de travail », et le même paragraphe déclareque tout membre d'une coalition a le droit de s'en retirer quand il lui plaît. L'énumération contenue dans le premier alinéa laisse entendre qu'à d'autres salariés, visés par des lois spéciales, aux domestiques, par exemple, aux équipages de navires, aux ouvriers agricoles (loi prussienne de 1854), Je même droit n'est point reconnu.

Mais, comme restriction, il y a mieux : le paragraphe 153 punit d'un emprisonnement de trois -mois au maximum quiconque, par l'emploi de contrainte corporelle, de menaces, d'outrages et de mise à l'index, détermine les autres ou cherche à les déterminer à prendre part aux unions prévues par le paragraphe 151, ou les empêche de s'en retirer.

Une police et des juges complaisants (ils le furent souvent, en ces matières), et le mot célèbre de Brentano se trouve justifié : ce Art. I er . Le droit de coalition est reconnu en Allemagne.

Art. IL L'exercice de ce droit est un délit. »

Le droit d'association professionnelle, corollaire indispensable de celui-là, n'est pas plus assuré à l'ouvrier allemand. Il n'y a point en Allemagne de loi comparable à la loi française de 1884. Les syndicats se trouvent donc soumis au régime général des associations. Or, comme ce régime n'a pas encore été déterminé par une

loi d'Empire, c'est aux lois sur les associations particulières à chaque Etat qu'ils se trouvent soumis ; et la plupart de ces lois datent de la période de réaction de 1850.

Dans quelle condition se trouve un syndicat, au regard de ces lois, l'exemple prussien peut le montrer.

En Prusse, les syndicats ont été considérés, suivant les cas : 1° comme sociétés s'occupant des affaires publiques ; 2° comme sociétés politiques; 3° comme établissements d'assurances. Et voici ce que les lois de 1850 ou de 1853, pour les trois cas, spécifient :

Dans le premier cas, dépôt à la police des statuts et de la liste des membres, — et ladite police, à l'occasion, les a communiqués aux patrons.

Dans le deuxième (sociétés politiques), deux conditions terribles mises à l'action syndicale, et qui n'ont disparu que dans les dernières années (1899-1900) : défense d'admettre des membres femmes, défense de s'unir à d'autres sociétés. — Mais qu'est-ce qui caractérise une société politique ? Les tribunaux n'ont jamais pu se mettre d'accord sur ce point. La police, armée de leurs décisions contradictoires, a résolu le problème : est société politique, tout syndicat suspect.

Et, troisièmement, une société d'assurances (il suffit d'une caisse de maladie pour que le syndicat soit considéré comme tel) doit être autorisée par le gouvernement.

Dans les trois cas, c'est la police ou c'est

l'administration qui décide du droit des ouvriers à s'associer. Il faut donc qu'ils pensent bien.

Or, des ouvriers qui s'associent prouvent qu'ils ne pensent pas bien. Aussi, à peine nés, Hirsch-Duncker à part, les syndicats connurent les chicanes de la police. En 1872, Motteler démontrait déjà par quelles petites habiletés on soumettait à tel pu tel paragraphe les syndicats de la Saxe. Les procédés, en Prusse, étaient semblables. Lorsqu'en 1874, le gouvernement prussien commença de traquer les socialistes (ère Tessendorf), beaucoup de syndicats, lassailiens surtout, furent dissous. Et ce fut alors que Hasenclever, le successeur de Schweitzer, décida la suppression de l'Union d'assistance, d'ailleurs peu prospère.

Enfin, comme si, dans ces années mauvaises, toutes les difficultés avaient dû s'accumuler, les discussions politiques entravèrent l'organisation économique. Bien informé qui précisera un jour les différences de l'appréciation des lassalliens et des marxistes sur l'action syndicale ! Elle fut des deux côtés bien, vague et bien changeante; et les formules abondent qu'il faudrait soumettre enfin à une analyse précise. Les lassalliens, un jour, en trouvèrent une fameuse : les syndicats, disaient-ils, sont un mal, mais un mal à cultiver, pour n'en point laisser le profit aux progressistes ni aux eisenachiens. Ce qui est sûr, c'est que les uns et les autres, même lorsqu'ils respectèrent l'existence des groupements, tentèrent d'utiliser par leur propagande

spéciale les aspirations syndicales qui s'obstinèrent toujours à se manifester. Et ce fut là,

jusqu'en 1875, une grande cause de désordre.

Sous l'influence de ces difficultés et des déceptions éprouvées, une tendance nouvelle se fit jour, qui devait avoir son importance. Les ouvriers allemands cherchaient dans les associations des avantages immédiats: les grandes fédérations nationales n'avaient rien donné, la vague union de Schweitzer avait échoué ; les forts syndicats locaux, dans les grandes villes surtout, se lassaient d'envoyer au loin de l'argent, de faire des sacrifices sans profil. Mieux valait garder ses sous, être ici 300 cotisants, surveillant bien la caisse, que 10.000 dans toute l'Allemagne, sans contrôle possible. Et quel avantage encore ! La loi d'association devenait sans effet : étant sans relation, on pouvait, à l'occasion, mener Faction politique, vigoureusement.

Les localistes prêchèrent l'isolement, avec succès ; les organisations s'effritèrent. L'esprit syndical se racornit.

Dans ce désordre, pourtant, il s'en trouva qui virent juste et loin. Dans les deux partis, lassallien et marxiste, il y eut des hommes qui rêvèrent d'une organisation indépendante des partis politiques, mais décidée à la lutte pour l'amélioration du sort ouvrier ; d'une organisation par métier, mais avec une direction cen-

traie, capable de coordonner un jour les efforts; d'une organisation préparée à la grève, maifr munie d'autres services, d'assurance et de placement, offrant d'immédiats avantages. Les phrases abondent qui semblent dater d'aujourd'hui. En 1873, le président de l'Union des imprimeurs dit : « Officiellement, nous n'appartenons à aucun parti, mais, de cœur, nous appartenons au parti socialiste. » La même année, des articles de Karl Hillmann, un typographe, dans « l'Etat populaire » (Volkstaat), exposaient la nécessité de séparer les deux mouvements et le rôle précis alors réservé aux syndicats. Enfin et surtout, le menuisier York, devenu secrétaire du parti eisenachien, vrai précurseur du mouvement moderne, tenta, en fait, de créer une organisation purement économique, centralisée comme le parti politique, indépendante de lui.

Il n'obtint que de minces résultats. Aux deux congrès qu'il convoqua, à Erfurt en 1872, à Magdebourg en 1874, la crainte d'un dictateur et la tendance -localiste déjà puissante le forcèrent d'altérer ses plans unitaires. Quand il mourut prématurément en janvier 1875, il n'avait pu créer qu'une union nominale, sans puissance, sans utilité.

Lentement, cependant, de 1875 à 1878, on dirait que ce mouvement s'assure, qu'un progrès certain commence. Si les intentions d'York n'avaient pas toujours été exactement comprises, justement appréciées, du moins beaucoup d'ouvriers avaient senti avec lui le besoin

de l'union; ils avaient répondu, au nombre de 11.358, à son appel à Erfurt. — Puis, voici que les deux partis socialistes, rapprochés par la guerre, par des épreuves communes, s'unissent à Gotha, en 1875, et, dans une conférence, après le congrès, les délégués des syndicats des deux directions décident aussi la fusion, par métiers. Elle s'accomplit en beaucoup d'endroits, — et , quand elle ne s'accomplit pas , les discussions apprennent cependant à se connaître, à s'estimer, à s'entr'aider. Mais beaucoup continuent à vouloir plus encore : de 1875 à 1878, la question de l'organisation centrale est à l'ordre du jour. A la seconde conférence de Gotha, en 1878, c'est un plan complet qu'on élabore, pour le soumettre à un Congrès.

D'autre part, à l'exemple des Hirsch-Duncker, on se préoccupait de plus en plus de créer de fortes institutions de secours, propres à grouper. C'est que cette méthode leur réussissait bien, à eux. A se soucier presque uniquement des caisses de maladie et d'invalidité, voici qu'ils étaient passés de nouveau, de 6.000 en 1870, à 19.000 en 1872, à 22.000 en 1874. Les syndicats socialistes, eux aussi, s'étaient mis à l'œuvre, et, malgré les difficultés d'une période de crise, malgré les tracasseries policières, ils avaient fondé leurs caisses d'assistance.

A ce point de vue, la loi d'avril 76 fut un événement. Elle est comme le point de départ de la législation moderne d'assurances ouvrières en Allemagne. Cette législation importe aux syndicats, dont les caisses de secours attirent

et retiennent les adhérents. Il est de fait, par exemple, qu'elles constituent pour une forte part la puissance des trade-unions en Angleterre. Or, d'après le Code industriel de 1869, les administrations locales pouvaient obliger les ouvriers à faire partie d'une caisse de secours ; mais, s'ils appartenaient à une caisse libre légale, c'est-à-dire approuvée par l'Etat, ils étaient dispensés d'appartenir à une caisse obligatoire. Les caisses libres syndicales dispensaient-elles ? Sur ce point, les tribunaux et les autorités administratives étaient en désaccord. Et la question passionnait les syndicats ; les Hirsch-Duncker surtout.

La loi du 8 avril 1876 accorda à leurs caisses de secours le droit d'acquérir, comme « caisses inscrites », la personnalité juridique ; mais elle exigea, dans ce cas, la séparation administrative des caisses et des syndicats. Cette disposition pouvait gêner les derniers, détruire leur unité d'action. En fait, le plus souvent, les administrateurs furent les mêmes dans les deux groupes. Et le développement ne fut guère entravé que par l'état des affaires.

Quelques statistiques donnent une idée assez exacte de l'étendue du mouvement vers 1877-78.

Les syndicats Hirsch-Duncker étaient retombés à 16.500 membres, mais le nombre de leurs sociétés locales (Ortsvereine) s'était accru, de 357 en 1874, à 365.

D'autre part, le libraire hambourgeois Geib compta 30 syndicats socialistes, avec 49.055 membres, dont 25 unions centrales et 5 sociétés locales. Avec tes chapeliers, qui n'avaient point répondu, il eût compté 26 unions et 50.000 membres. 18 de ces syndicats, avec 22.145 adhérents, payaient une cotisation mensuelle de 50 centimes ; 8 autres, avec les 2/5 des membres des syndicats réunis, payaient au moins fr. 75. Les secours en cas de grèves, les secours Féguliers de voyage (dans 17 syndicats), les secours en cas de décès formaient les principales charges; puis, en second lieu, ceux en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, et les dépenses pour la presse (16 journaux). Les plus puissants de ces syndicats étaient ceux des imprimeurs et des charpentiers, qui comptaient à eux deux la moitié du total des membres.

Puis venaient les ouvriers en tabac, la plus vieille union ; et enfin, la masse des jeunes, datant toutes de la fusion, de 75 à 76. Les chiffres recueillis par Geib donnaient un excédent de recettes de 8.470 fr. par mois, dont les imprimeurs avaient la plus forte part : 4.422 fr. 50. Seize caisses de secours avaient été fondées, et le statisticien déclarait qu'avec de l'habileté et de la persévérance, ces caisses devaient devenir « les colonnes du mouvement syndical ».

Les difficultés étaient grandes sans doute :

dans le mauvais état de l'industrie, on ne pouvait hausser les cotisations, et on ne pouvait songer à réduire les secours de voyage.

C'étaient de petits résultats ; en y comptant

les Hirsch-Duncker et les autres, après neuf ans d'efforts, sur 3 millions d'ouvriers allemands, 75.000 seulement étaient organisés, soit 2,5 0/0 à peu près. Mais si Ton se rappelait les vicissitudes de l'industrie, les difficultés légales, les chicanes de la police, les dissensions intestines, et les erreurs, ces ouvriers allemands pouvaient croire à leur œuvre. Ils pouvaient espérer.

. C'est alors qu'une grande tempête passa.

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