PERD
delà des limites qui nous sont imposées par la force ou la nécessité. » 1,
Le patronat n’ignore évidemment pas cette prodigieuse source d'énergies gratuites et il ne se fait pas faute de l’exploiter abondamment. Certains techniciens en arrivent, à la lettre, à se trouver gavés de responsabilités. S’il le faut, ils sacrifient loisirs, santé, famille et dans tous les cas ils sont totalement — on pourrait dire physiologiquement — incapables de se refuser à « fonctionner ». Ce sentiment social est animé chez eux d’une telle force « qu’elle peut triompher non seulement de l’opposition de motifs rationnels, mais encore de l’action contraire d’instincts individuels. » ?,
La fraction du profit capitaliste imputable à cette exploitation du dévouement est probablement beaucoup plus grande qu’on ne le pense d’habitude.
Le calice est déjà bien amer. Il n’est pourtant pas encore tout bu. Le technicien, malmené par le capitalisme, trouve-t-il au moins quelque sécurité dans la législation sociale ? Nullement. En matière d’accidents du travail, les cadres sont loin d’avoir les mêmes garanties que les ouvriers. Il y a plus de 12 ans, la Commission d’Assurances et de Prévoyance Sociales a chargé M. Gros de la rédaction d’un rapport tendant à aménager de façon plus équitable notre législation des accidents du travail. Ce rapport a été voté par la Chambre le 22 octobre 1927; il est
(1) de Man. — La Joie au Travail, p. 170-71.
(2) Ibid., p. 170.