‹ Le Syndicalisme des Techniciens en FranceChapitre 19 sur 42 · PR D · texte numérisé non relu

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trouver régis l’un et l’autre par la même convention collective. Il en va tout autrement pour les techniciens. Sans aller jusqu’à prétendre que chaque technicien constitue un cas d’espèce, il est bien certain que les qualifications et les fonctions varient tellement, d'entreprise à entreprise, qu’il est extrémement difficile — et imprudent — d'établir des assimilations.

Des conditions de travail aussi disparates ne sont pas faites pour encourager les techniciens à se grouper. Les luttes revendicatives sont d’autant plus difficiles à mener que les objectifs sont moins précis et moins immédiats, et les intérêts collectifs des techniciens ne semblent pas pouvoir s’analyser, en l’état actuel de l’organisation industrielle, comme un agrégat d'intérêts de catégories analogues aux intérêts de la masse ouvrière.

Au surplus, le patronat se soucie fort peu de voir ses techniciens s'inspirer du mouvement ouvrier et met tout en œuvre pour les détourner du syndicalisme. En particulier, certaines équivoques et certains préjugés tendent à les convaincre que le syndicalisme est indigne d’eux.

On les flatte en leur faisant ressortir qu’ils constituent l'élite industrielle, que leur devoir à eux, véritables pivots de la société moderne, est de se donner corps et âme à l’industrie qui les emploie, qu’il est bas et vil de « revendiquer ». M. Couturaud, qui prétend s’élever contre la prolétarisation des élites, les décourage pourtant de s’unir, du moins

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