‹ Le Syndicalisme des Techniciens en FranceChapitre 21 sur 42 · STONE · texte numérisé non relu

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tiers de la Loire, à St-Nazaire crurent possible de contraindre leurs dessinateurs à des heures supplémentaires à tarif réduit. 28 dessinateurs s’unirent pour protester et firent condamner l’entreprise en Justice de Paix. Malheureusement ils n’arrivèrent pas, malgré leurs efforts, à constituer un syndicat. L'idée fit pourtant son chemin dans l’industrie navale et de petits syndicats de dessinateurs se constituèrent vers 1905-06 à St-Nazaire, Bordeaux, Dunkerque, Rouen, Le Havre, Port-de-Bouc. En avril 1906, une grève de dessinateurs aux chantiers de la Loire dure 18 jours et se termine par un franc succès : paiement au mois, congé annuel de 12 jours, 10 jours de grève payés et pas de sanctions pour faits de grève. Il faudra cependant attendre 20 ans encore pour que les dessinateurs arrivent à se grouper en syndicat national toutes industries (1926).

En mars 1929, les techniciens de la téléphonie : ingénieurs, dessinateurs, agents de maîtrise, s’inquiétent sérieusement de leurs conditions d’existence. Des pétitions et des meetings s’organisent, mais les techniciens n’eurent pas à faire grève; successivement, toutes les grosses compagnies (Thomson-Houston, le Matériel Téléphonique, Régina Grammont, La Cie Générale de Télésraphie et Téléphonie, la Société Industrielle des Téléphones) leur accordèrent de sensibles augmentations.

À la veille des mouvements de 1936, les organisations syndicales de techniciens se réduisaient donc à fort peu de chose : les syndicats de la Confédération

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des Travailleurs Intellectuels groupaient surtout les éléments supérieurs, tandis que les agents de maïtrise se trouvaient plus à l’aise dans les syndicats ouvriers.

En définitive, nous sommes amenés à distinguer trois catégories d’organisations :

1° Les pseudo-syndicats de maîtrise,

2° Les indépendants hors-C. G. T.

3° Les organisations de maîtrise au sein de la GrIC CT.

Nous rangerons dans la seconde catégorie la Confédération des Travailleurs Intellectuels (C. T. I.) et les syndicats de maîtrise de la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens (C. F. T. C.), les plus importants d’entre eux se rattachant d’ailleurs à la Cr

Ces deux grandes confédérations n’ont pas été créées en 1936, et pour les besoins de la cause, comme toutes les organisations pseudo-syndicales. Elles ont déjà derrière elles une tradition qui garantit leur pureté au moins originelle. Mais encore une fois, ce n’est pas parce que nous considérons ces deux organisations comme indépendantes que nous entendons garantir l’indépendance de tous les syndicats qu’elles groupent. Un trop grand nombre d’entre eux n’ont pas toujours su se montrer à la hauteur des circonstances et se sont avérés dangereusement sensibles aux influences patronales.

En ce qui concerne la C. G. T., nous aurons des réserves de même nature à formuler. Il ne s’agit plus évidemment de contester l’indépendance de certaines

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organisations vis-à-vis du patronat, mais de déplorer l’activité de certains meneurs au service d’idéologies malfaisantes.

Dans le monde moderne, l’élément Travail représente un potentiel d'énergie sociale considérable. De toutes part, ceux qui combattent pour un certain ordre politique, quel qu’il soit, se sont toujours efforcés de capter cette énergie au service de leurs aspirations.

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