X. Désarmement et défense nationale
En outre, avec les renseignements recueillis par les membres de ces commissions et qui seront publiés pour examen et approbation par le Congrès de l’Union Générale des Travailleurs qui doit avoir lieu prochainement, le Conseil est chargé d'établir un programme d'action générale de l'organisme syndical.
Ce conseil d’études économiques et sociales s’est réuni récemment au secrétariat de l’Union, en vue de dresser la liste d’une série de questions à examiner et de désigner les membres de sous-com-
missions qui se sont immédiatement mises au travail. Nous croyons savoir, d’ailleurs, que les études de certaines sont déjà très avancées et que toutes s'efforcent de terminer leurs tâches pour la fin du mois de juillet prochain, époque à laquelle la Commission exécutive compte les examiner et les ‘faire publier pour le plus grand profit des organisations composant l’U.G.T.
Il semble que les personnes pressenties pour participer aux travaux du Conseil aient accepté avec empressement; mais il faut souligner tout particuhèrement le précieux concours que les techniciens du commerce, de l’industrie et des arts, ainsi qu'un certain nombre de médecins et d'avocats, n’ont pas hésité à apporter à l'effort intéressant tenté par la Commission exécutive de l’Union. Jusqu'à ces derniers temps, les techniciens étaient restés à l'écart du mouvement ouvrier; sauf de très rares exceptions, ceux qui mihtaient au côté des travailleurs étaient en réalité peu nombreux. Mais aujourd’hui, on commence à s’apercevoir que ces techniciens, n’étant pas organisés en associations professionnelles, parce qu'ils sont restés à l'écart du mouvement ouvrier, se trouvent dans l’impossibilité de bénéficier des lois sociales promulguées par la République et de réagir contre les prétentions de leurs employeurs; c’est ainsi, par exemple, qu'ils ne peuvent bénéficier des lois sur les tribunaux mixtes et sur le contrat de travail. Aussi faut-il se féliciter que, comprenant leur intérêt, un assez grand nombre de techniciens de l’industrie et de l’agriculture aient récemment formé à Madrid quelques noyaux fortement constitués, en vue, non seulement de défendre leurs propres intérêts, mais
également de faire l’apport de leurs connaissances au mouvement ouvrier.
Et notre correspondant à Madrid * d'ajouter, pour exprimer sa satisfaction en présence des résultats déjà acquis, grâce à la collaboration des techniciens et des travailleurs (traduction libre)
« L'ouvrier manuel, quelque puissante que soit son organisation syndicale et politique, ne pourra Jamais arriver par lui seul à diriger convenablement l’économie nationale sans la collaboration sincère des éléments techniques, pas plus, d’ailleurs, que les techniciens ne pourraient le faire sans la coopération des travailleurs. Les techniciens souffrent moralement et matériellement de l’anarchie capitaliste et voient de près les solutions susceptibles d'être apportées aux problèmes, solutions qui ne peuvent être adoptées — il importe qu'ils s’en convainquent — parce que le capitalisme s’y oppose. Ils ne pourraient entreprendre aucune rénovation économique profonde du système capitaliste sans la contribution des travailleurs manuels.
« C’est pourquoi nous devons considérer l’unification des uns et des autres comme une des conquêtes les plus appréciables de l’époque actuelle pour l'avenir de la collectivité ouvrière.
« Si nous voulons imposer à l'Etat bourgeois les nouvelles formules d'institution moderne, en réorganisant l’économie conformément aux méthodes nouvelles de la science et aux suggestions de l’expérience, l'unification des techniciens et des travailleurs manuels est indispensable.
1. M. Henrique SanTrAGo, membre de la Commission exécutive de l’U.G.T.
« Peut-être y aura-t-1l lieu d'organiser d’une façon plus pratique cette collaboration aujourd’hui commencée par l'entremise du Conseil d’études économiques et sociales. Mais, en aucune façon, 1l ne faut décourager l’effort intelligent que les uns et les autres peuvent offrir au mouvement ouvrier, en vue du travail créateur que celui-ci s’est assigné. Offrir aux techniciens le moyen de ‘Joindre leur action au mouvement ouvrier pour des travaux comme ceux qui leur ont été confiés, doit être notre seule préoccupation. Le nouveau régime social que nous désirons forger doit être l’œuvre de tous, et c'est pourquoi nous exaltons aujourd'hui cette unification d'efforts que nous signalons et soulignons par ces lignes. »
NAGDE Le Président de la Thèse,
Le Doyen,
Vu ET PERMIS D'IMPRIMER :
Paris, le 29 janvier 1934,
Le Recteur,
Président du Conseil de l’Université.