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sentants qualifiés des quatre commissions paritaires, s’efforçait de régler les différends.
Son activité n’était d’ailleurs pas limitée à ce rôle de médiateur; elle était qualifiée également, soit pour approuver les décisions des commissions paritaires relatives aux salaires, à la durée et à la réglementation du travail, soit pour assurer l’application des lois de protection ouvrière; elle devait être appelée, enfin, à présenter au gouvernement des propositions de réformes législatives et à organiser des offices administratifs et techniques.
De création nettement catalane, la Commission mixte n'eut pas à déplorer l'intervention de l’administration; bien qu'ayant recu, par décret royal, une existence légale, elle sut conserver son caractère privé et échapper habilement à l'emprise gouvernementale. Elle n’en parvint pas moins à obtenir, ‘dès sa constitution, d'excellents résultats, malgré l’opposition qu'elle rencontra de la part du « syndicalisme » à qui elle arrachait la connaissance des questions intéressant les entreprises commerciales de Barcelone.
Cette expérience, particulièrement concluante, incita le Gouvernement à tout mettre en œuvre pour rapprocher le plus possible, au sein d'organismes mixtes, ouvriers et patrons, qui auraient pour principale mission de régler à l’amiable les conflits susceptibles de s’élever entre eux à l’occasion du travail. C’est dans ce but que le décret royal du 5 octobre 1922 s’est alors efforcé de provoquer la création de comités paritaires dans les industries, groupes de métiers et professions composant chacune des grandes catégories de travail suivantes agriculture, commerce, industrie, mines et trans-
HR ou
ports; ces comités, qui, selon les cas, pourront être constitués d'office ou sur la demande des parties, devraient être temporaires ou permanents; seule la création de ces derniers devra faire l'objet d'une ordonnance royale.
Dans le même ordre d'idées, nous citerons encore, à titre indicatif, le décret royal du 25 août 1923, qui, complétant sur certains points celui du 10 août 1916, obligeait les employeurs à reconnaître la personnalité des syndicats légalement constitués et prévoyait la création de commissions paritaires temporaires chargées d'examiner les revendications et de résoudre les conflits entre employeurs et ouvriers des services publics.
Nous n'avons pas l'intention de rappeler tous les textes qui ont été élaborés sur l'organisation syndicale; nous avons simplement voulu, par les indications qui précèdent, montrer qu'un mouvement très net se dessinait alors en faveur de la constitution de comités paritaires, et, par conséquent, en faveur de la collaboration des patrons et des ouvriers au sein de ces organismes. C'est à ce moment précis que surgit la dictature.
Elle fut due à un soulèvement militaire qui prit naissance à Barcelone le 13 septembre 1923, avec l'appui de quelques éléments conservateurs; le syndicalisme et, en général, l'élément ouvrier n'y joua qu'un rôle très effacé. Au surplus, la décomposition croissante et l'impuissance des forces politiques à mettre un terme à l'anarchie qui régnait dans quelques localités, préparaient la voie à l'avènement d'un gouvernement fort susceptible de rétablir l'ordre. Aussi la dictature, qui semblait apporter un
élément de stabilité dans la vie espagnole, fut-elle assez bien accueillie dé tous.
Le chef du soulèvement, le général D. Miguel Primo de Rivera, commandait la région de Barcelone, qu'il connaissait à merveille. Dès les premiers jours, il prit soin de s’adjoindre son collègue et ami le général Martinez Anido, créateur des syndicats « libres », marquant ainsi sa volonté bien arrêtée d'accorder à la question syndicale une attention toute particulière; quant à lui, il était parfaitement renseigné sur le mouvement syndicaliste ouvrier en Catalogne, sur sa puissance exacte, ainsi que sur les difficultés auxquelles il s'était heurté. Aussi, rnit-1] à profit ses connaissances pour faire immédiatement cesser les dernières luttes que, dans certaines régions, se livraient encore « pistoleros » de « l’unique » et du « libre »; en outre, 1l eut soin de charger son ministre du Travail, M. Aunos, de préparer une législation nouvelle sur les syndicats.
M. Aunos était Catalan et connaissait aussi bien que les généraux de Rivera et Anido le syndicalisme ouvrier, ainsi que les mesures prises en Catalogne pour le rendre inoffensif. Aussi, sous son impulsion, le Gouvernement de Ja Dictature se décida-t-1l à organiser les syndicats espagnols, en prenant pour modèle « la Commission mixte » et les « commissions paritaires » de Barcelone. Et c’est alors qu'après avoir, dans plusieurs proclamations, fait appel à la collaboration loyale des patrons et des ouvriers dans l’œuvre de réorganisation économique et sociale qu’il allait tenter, le Directoire se décida à prendre son fameux décret-loi, en date du 26 novembre 1926, destiné à réglementer, sous le nom « d'organisation corporative nationale »,
ares
l'institution d’une organisation publique des professions.
Sous réserve de quelques modifications de peu d'importance, cette organisation subsiste toujours en Espagne; aussi croyons-nous indispensable d’en étudier les grandes lignes, en matière de conclusion à cette première partie de notre étude.