CHAPITRE II
L'organisation corporative :
en Belgique, en Italie, en Espagne (décret du 26 novembre 1926)
En vérité, le Directoire ne songeait pas uniquement au précédent d'ordre national que constituait Ja Commission mixte du travail de Barcelone lorsqu'il créa « l’organisation corporative nationale »; 1l avait, en effet, présent à la mémoire deux tentatives récentes couronnées de succès en Belgique et en Italie, et qui avaient tout particulièrement attiré l’attention du monde du travail. « L'idée de la coordination des comités paritaires s’élabora lentement », déclare, dans le journal La Nacion de Madrid, du 11 décembre 1926, M. Aunos, ministre du Travail; « d’un côté, mon esprit fut influencé par la loi italienne du 3 avril 1926, sur la discipline juridique des rapports collectifs de travail; d’un autre côté, je fus vivement impressionné par le décret royal belge du 5 mai 1926, instituant obligatoirement des comités paritaires de conciliation et d'arbitrage. »
Cette déclaration suffit à expliquer qu’on ait pu, quelquefois, parler d’une étatisation des syndicats espagnols, rigoureusement semblable à celle réalisée dans l'Italie fasciste. La dictature de Primo de Rivera aurait emprunté à celle de M. Mussolini sa