CONCEPTIONS NON CLASSIQUES
Dès 1900, De Srorcxzix fait des réserves quant à l’existence d’amygdalites primitives provoquées exclusivement par le bacille fusiforme. I] se base sur quelques cas d’angines fuso-spirillaires associés à la diphtérie. C’est pour lui l’occasion de rappeler les expériences de VincENT montrant l’action favorisante exercée vis-à-vis de la symbiose par diverses associations microbiennes. De Stoecklin pense que le bacille de Loeffler a joué un rôle analogue dans ses observations et que c’est lui qui « a labouré le terrain ». [l en conclut à la nécessité d’être très prudent avant de porter le diagnostic d’angine de VINCENT « aboutissant d’états morbides étiologiquement fort distincts dont on retrouvera d'autant plus facilement l'agent pathogène primitif qu’on le recherchera plus soigneusement ».
Quelques mois après, LeruLze, à la Société Médicale des Hôpitaux, discute à son tour l’étiologie de l’angine ulcéro-membraneuse et met catégoriquement en doute le rôle déterminant attribué à l’association fuso-spirillaire :
« Le spirochète et le spirille fusiforme, dit-il,
coexistent incontestablement et prédominent au milieu des détritus microbiotiques qui recouvrent l’ulcération atonique de l’angine de Vincent. Ces constatations sont-elles suflisantes pour caractériser la spécificité causale de la maladie ? J’ai à plusieurs reprises examiné des ulcérations de la bouche et du pharynx ; mon enquête à porté en particulier sur des syphilides ulcéreuses, du voile du palais — sur des ulcérations tuberculeuses de la langue et de la gorge — sur un cancer diffus de la cavité buccale et de l’amygdale, sur une douzaine de gingivites ulcéreuses, expulsives, diabétiques et autres. Toutes les fois qu’une ulcération tenace existait, grisâtre, pulpeuse, putrilagineuse ou membraniforme, j'ai toujours et sans exception rencontré de nombreux spirochètes associés à des spirilles fusiformes. Les Préparations ont été plus d’une fois tellement identiques à celles de l’angine de Vincent qu’en cachant l'étiquette, il fut impossible à mes préparateurs et à mot de les différencier les unes des autres. » Il est donc malaisé, en déduit Letulle, d’accorder une valeur étiologique aux fuso-spirilles dans le développement de l’angine diphtéroïde.
Cette argumentation sera à nouveau reprise quelques années plus tard (1905) par CHoMmPrET à l’occasion d’un cas d’herpès labial au niveau duquel l’auteur devait trouver l’association fuso-spirillaire en abondance aussi grande que dans une angine ulcéro-membranéuse typique, observée. simultanément.