‹ Le Syndrome: Angine de VincentChapitre 16 sur 37 · RENTE · texte numérisé non relu

RENTE

Observation 6

Ulcère de Vincent et chancre syphilitique de la lèvre.

MarnerBe (Nantes). — (Gazette médicale de Nantes, 2 décembre 1905).

Vers la fin d’août 1905, un jeune homme de 27 ans, fort et vigoureux, n’ayant Jamais fait de maladie grave, se présente pour une ulcération siégeant sur le côté gauche de la face interne de la lèvre supérieure. En retourant la lèvre, on voit s’étaler sur la muqueuse une ulcération, genre de VincenT, ayant les dimensions d’une pièce d’un franc. Elle est parfaitement orbiculaire, un peu surelevée quant aux bords et recouverte d’une fausse membrane, ou enduit crémeux d’un jaune sale. La lésion est douloureuse à la pression et au contact, elle gène pour la mastication ; saisie entre deux doigts elle n’offre pas de dureté ou rénitence. Sur le bord gauche du maxillaire inférieur, il existe un petit ganglion à peine tuméfié et indolore. Le reste de la muqueuse buccale ou pharyngée est saine. On diagnostique : ulcère type Vincenr et l’on fait des préparations microscopiques de l’exsudat. Les préparations examinées après coloration au violet gentiane montrent au milieu d’autres germes d’abondants spirochètes et de nombreux bacilles en fuseau. Le diagnostic paraissait donc être exact.

Le malade est traité par des frictions biquotidiennes au chlorure de chaux en poudre. Mais le résultat thérapeutique, fut loin d’être aussi brillant que de coutume, Trois semaines plus tard, l’ulcération ayant perdu ses caractères de stomatite ulcéro-membraneuse existait encore sous forme de fissure à bords épais et résistants. On commence à penser au chancre induré. Mais interrogé à ce sujet le malade nie tout contact en dehors de sa maîtresse attitrée. On se borne’ à toucher la plaie avec un collutoire boraté de cocaïne.

Dans la première quinzaine d'octobre le malade revient avec une éruption cutanée diffuse existant depuis 8 à 10 jours. Il porte en eflet sur la figure, le front, les joues, le nez, le menton de grosses papules d’un rouge bistre, presque ulcérées pour quelques-unes. [l en existe sur le dos, la poitrine, les cuisses, les mains et les bras, mais elles sont moins confluentes que sur la face. Sans le moindre doute, il s’agit d’une éruption de syphilis secondaire.

La lésion de la lèvre était done bien un chancre. Cette lésion est aujourd’hui guérie ; mais il y a à sa place une plaque muqueuse ulcéreuse (??). Semblables lésions se voient également sur la face interne de la lèvre inférieure et sur les amygdales. :

Soumis alors au traitement spécifique, piqûres de biiodure de Hg. en solution isotonique et absorption de troigrammes de iodure de K par jour en raison de l’état ulcéreux du chancre, le malade s’améliora rapidement,

Payennevizre (déjà cité) relate brièvement le fait suivant de chancre génital avec infection fuso-spirillaire surajoutée. Il s’agit d’une femme venue consulter pour ( une lésion ulcéreuse de la grande lèvre, recouverte d’un enduit diphtéroïde ». Sur cette lésion qui datait de près d’un mois et présentait les caractères d’un chancre avec adénopathie satellite, un examen à l’ultra ne décelait que de nombreux spirilles avec bacilles fusiformes. Très étonné, dit l’auteur, on fit un B.-W. qui fut positif total. Des tréponémes furent ultérieurement trouvés après détersion soigneuse de l’ulcé-

ration.

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Observation 7

Association de spirilles et bacilles fusiformes dans un chancre syphilitique de la verge à tendance phagédénique. Lauxois-Lorperick. — Bull. et Mém. de la Société médi-

cale des Hôpitaux de Paris, séance du 30 juin 1906 ,p. 601).

Sujet italien, de 24 ans.

Depuis un mois environ a remarqué que son prépuce a augmenté de volume et que sa peau s’est couverte d’une éruption non prurigineuse .Ces accidents sont apparus 30 jours après un coït suspect « dans lequel la bouche n’a Joué aucun rôle ».

L'ædème du prépuce n’empêché pas de sentir, au premier examen, une induration diffuse sous-jacente. Par. l’orifice du fourreau s’écoule un liquide purulent, verdâtre, peu abondant. à

Corde lymphangitique dorsale et adénopathie bilatérale indolore. Sur tout le tégument, éruption papulo-érosive et acnéiforme assez confluente, et sur la’ muqueuse du pilier gauche du voile du palais, érosion qui peut faire penser à une plaque muqueuse.

4 jours après l’entrée — l’æœdème préputial ayant diminué — le malade peu décalotter. On constate dans la partie gauche du sillon balano-préputial, une uleération reposant sur une base indurée, rouge jambonnée et recou. verte d’un enduit grisâtre, Sur la partie gauche du gland siègent de petites uleérations, présentant une coloration rouge vif, quand on détache la couche de pus qui les recouvre.

Du liquide est recueilli, après essuyage et léger grattage, à la surface de ces différentes ulcérations en même temps qu’une goutte de pus.

Les préparations sont traitées ainsi : fixation à l’alcool

éther pour les unes, à l’alcool absolu pour les autres — coloration par le bleu de méthylène en solution aqueuse simple pendant trois minutes, par le bleu d’azur, pour le réactif de Gresma, pour celui de Marino.

L'examen des lames décèle au milieu des globules de pus et d’hématies — de nombreux microbes. Les uns sont des coce1, les autres sont fusiformes. Au milieu de ces germes se trouvent des spirilles les unes à tours de spires très serrés — les autres à tours de spires lâches. Les spires de la première variété sont si nombreuses qu’on en rencontre toujours trois au quatre sous le champ du micro.

Un examen direct entre lame et lamelle, permet d’observer les mouvements oscillants de certaines de ces spirilles.

L'évolution du chancre suivit son cours normal. Celles des petits ulcères fut plus caractéristiques elles d’étendirent, se rejoignant bientôt et se creusant pour constituer une véritable ulcération phagédéniques. À um nouvel examen bactériologique on constata une abondance extrême de microbes, cocci, quelques bacilles fusiformes et quelques rares spirilles. |

Ponction de ganghon (à gauche) — mi spirilles nt éléments microbiens.

Vixcexr (disent les auteurs) a examiné les premières préparations ; il distingue les deux formes spirillarres, reconnut la présence des spirochètes de ScHawuDinn d’une part et l’assoeration fuso-spirillaire d’autre part.

Dans eette observation ancienne — 1l est très probable que les spirochètes constatés n'étaient que de pseudo-tré- -ponèmes (inconnus au moment de la publication des auteurs). L'existence de ces pseudo-tréponèmes est aujourd’hui bien démontrée — ils ont été constatés notamment dans quelques cas d’angines de VixcENT, non seulement à lultra-mieroscope (Le PLay et Sézary) mais même au simple examen microscopique des frottis (en santutili

Coma ee

des techniques de coloration avec mordençage) (CozLer rt HorAND).

L'observation n’en conserve pas moins sa valeur en raison de la netteté des signes cliniques (éruption de syphilides papulo-érosives et acnéiformes en particulier).

Observation 8

Chancre syphiliique de sillon balano-préputial avec gangrène fuso-spirillaire du fourreau, ayant seule retenu l’attention initialement.

Garé-Cuizcerer et THEVENON (résumée). — Bulletin de la Soc. franç. de Dermatologie, séance du 19 mai 1932 et du 16 juin 1932.

… Malade présentant un phimosis inflammatoire avec vaste ulcération du fourreau détruit sur une surface ovalaire, assez régulière, enchâtonnant le gland. L’orifice normal du prépuce est rejeté sur la droite laissant échapper du pus verdâtre. Par la fenestration on voit sur le gland

des lésions superficielles de balanite érosive ; pas d’écou lement uréthral — le sillon balano-préputial que l’on découvre en écartant légèrement les bords de la zone fenestrée, est plus profondément ulcéré dans toute son étendue ; il saigne au moindre contact et est le siège d’une exsudation pseudo-purulente très malodorante.

Aux aines plusieurs petits ganglions durs isolés, sans périadénite, légèrement sensibles. De.

— Frottis avec le pus recueilli au niveau de l’orifice préputial et dans le sillon : très nombreux fuso-spirilles — pas de gonocoque.

— La sérosité exsudée des bords de l’ulcération ne contient pas de tréponème mais de très nombreux fuso-spirilles.

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