‹ Le Syndrome: Angine de VincentChapitre 27 sur 37 · ANGINE DE VINCENT ET DIPHTFRIE · texte numérisé non relu

ANGINE DE VINCENT ET DIPHTFRIE

Lorsqu'on examine au microscope des fausses membranes diphtériques, il est courant d'y rencontrer, à côté du b. de Lærrer et d’autres microorganismes divers, quelques exemplaires de bacilles - fusiformes et de spirilles. VINCENT avait signalé le fait dès ses premiers travaux et plus récemment Grysez et Prérrer en ont vérifié l'extrême fréquence (9/10 des cas). Cette constatation est banale et ne saurait surprendre puisque les fuso-spirilles sont des saprophytes habituels du milieu buccal. Mais les deux germes symbiotiques ne se bornent pas ‘toujours à ce parasitisme discret. [l n’est pas exceptionnel de les voir végéter abondamment à côté du bacille diphtérique pour réaliser de véritables angines mixtes, qui prennent place parmi les diphtéries ulcéreuses. Cette association fuso-spirillo diphtérique a été étudiée par de nombreux auteurs : DE. STOECKLIN-FREYMUTH et PéTruscHKY, Berrzke, SIMONIN, MarFanN, GazLors et Courcoux, VincENT, Vipaz, Leroy, CHarpon, Gapoz, Armand DrLiixe avec P. L. Marre et Duyarter, DERERRIKON, Caouopin, DELATTRE, ete. Les observations

publiées peuvent schématiquement se classer en deux groupes : |

. 19 Dans un 17 groupe de faits d'interprétation facile il s’agit d’angines diphtériques manifestes se présentant initialement comme telles. La sérothérapie est aussitôt instituée et c’est seulement lorsque les fausses membranes commencent à se détacher qu’on découvre le processus ulcéreux fuso-spirillaire sous Jacent. Parfois même celui-ci est d'apparition très tardive, 1l y a une évolution en deux temps, nette. Dans certains cas au contraire l'intervention des : fuso-spirilles est très précoce ; les fausses membranes peuvent prendre dès le début un aspect sale, noirâtre, gangréneux ; la fétidité de l’haleine habituelle aux manifestations fuso-spirillaire s’y ajoutant, 1l en résulte un tableau local alarmant qui en impose pour une diphtérie maligne. Quelle que soit la forme chnique, l’étiologie Lœæfflerienne ne risque pas, en tout cas, de passer inaperçue et il ne saurait en résulter de méprise préjudiciable au malade.

20 Dans un 2€ groupe de faits d'interprétation beaucoup plus difficile, l’aspet est tout autre, c’est celui d’une angine de Vincenr dans laquelle l’ensemencement systématiquement pratiqué a révélé la présence du bacille diphtérique. Cette constatation est fréquente (30 % des cas, Leroy). Elle n'implique évidemment pas que l’angine est mixte, fuso-spirillo diphtérique. Les observations publiées, ressortissent à trois catégories.

a) Un grand nombre d’entre elles ne sont pas sus-

SH ITaEe

ceptibles d’être interprétées d’une manière précise, car les malades traités dès le début par la sérothérapie, seule ou associée au traitement local, ont guéri sans complications de nature diphtérique, dans des délais rapides.

b) D’autres observations (celles de Leroy) en particulier) paraissent n'être que des angines de VincenT simples chez des porteurs de germes — les malades ayant toujours guéri rapidement de la même facon — sans aucun traitement sérothérapique.

c) Mais inversement quelques-unes d’entre elles établissent qu’il existe indiscutablement des angines mixtes fuso-spirillo diphtériques se présentant comme - de simples angines de VINCENT.

C’est ainsi nous semble-t-1l que doivent être considérés les deux observations suivantes dans lesquelles l’angine d’abord rebelle à la thérapeutique locale habituelle s’est modifiée rapidement dès la mise en œuvre de la sérothérapie. |

Observation 21

H. DenerRiPoN. — J. J. des Sciences RES de Lille, 1er août 1920.

B. Henri, 9 ans, envoyé le 2 octobre 1917 par son médecin avec le diagnostic d’angine de Vincenr. traitée depuis 6 jours sans amélioration. État général franchement mauvais, teint plombé, température 3809. ganglions angulomaxillaires du volume d’une grosse noix. La gorge est uniformément rouge, l’haleine repoussante. Sur l’amvygdale

TA

droite très tuméfiée, large et profonde ulcération occupant la partie moyenne. On détache du fond de lulcère une pseudo-membrane ‘assez épaisse, très adhérente, entourée d’un exsudat fétide. Au pôle supérieur de l’amvgdale gauche petite ulcération, de la dimension d’une lentille.

Examen bactériologique direct : très nombreux bacilles fusiformes et spirilles avec quelques batonnets isolés. La culture donna des colonies de b. diphtériques moyens.

La première injection de sérum fut pratiquée le 13 octobre dans la soirée à la dose de 50 ce., puis de 40 ce. le 14 ; de 20 ce. le 15, Le 15 octobre l’aspect des lésions était complètement modifié. L’exsudat membr. qui malgré écouvillonnage et applic. de bleu méthylène s'était reproduit disparut complètement ; l’ulcère était cicatrisé le 25 octobre.

Observation 22 (inedite)

Communiquéà par M. P. Cnevarrier.

Edouard C.…., 22 ans, externe des hôpitaux.

Est pris le 15 septembre 1933 d’une légère douleur à lamygdale droite suivie de l’apparition d’un petit ganglion sous-maxillaire de la grosseur d’une noisette, non douloureux. |

À l’examen de la gorge, constate lui-même que l’amygdale gauche est très gonflée et rouge et que la droite est recouverte d’un léger enduit pultacé.

La déglutition est légèrement douloureuse ; néanmoins pendant trois jours le malade va en voyage sans s’inquiéter de ces légers troubles.

À son retour, vers le 4€ jour, un médecin est appelé et conclut à une angine pultacée banale (petits points blancs sur l’amygdales droite gonflée) cependant un prélèvement est fait dont le résultat le lendemain est le suivant :

(20 septembre 1933).

LAS TRS

19 Examen direct :

Cocci, bacilles et association fuso-sptrill de Vincent abondante. | :

20 L’ensemencement sur sérum ecoagulé a donné naissance à des colonies de coccr.

Réponse ultérieure s'il y a heu.

Le lendemain (21 septembre 1933), le même laboratoire envoie une 2€ note mentionnant que : ( après 48 heures d’étuve, il s’est développé de nombreuses colonies de baculles courts ». ‘

Le même jour le malade constate lui-même que lamygdale commence à se creuser et le diagnostic d’angine de V. est seul retenu.

Un traitement local d’attouchements au 914 est institué, auquel on ajoute l’ingestion quotidienne de 3 comprimés de tréparsol. Néanmoins au 8€ jour, l’état s'aggrave le malade de plus en plus dysphagique et salivant abondamment, accuse une extrême fatigue ; la température atteint 000:

9e 10€ jour. L’ulcération loin de régresser s'agrandit, creuse très loin en profondeur en même temps que le ganglion sous-maxillaire attemt le volume d’une petite pêche.

Le 11 jour, on décide, lamvygdalite ne s’améliorant pas, et étant donné la présence de bacilles courts signalée par le laboratoire d’injecter du sérum antidiphtérique.

Première injection le dimanche 24 septembre 10 ce. 2m injection le mardi 26 septembre 20 ec.

2 jours après, 28 septembre, l’ulcération est nettoyée, le gg. à dater de ce jour diminue et les phénomènes géné: raux et fonctionnels s’amendent rapidement.

8 Jours après il persiste seulement une ulcération cratériforme à fond granuleux de la dimension d’une pièce de 00 centimes ; le gg. sous-maxillaire est réduit aux dimensions d’un gros pois.

Examen le 14-10-33 (M. Cnevarrrer).

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