PR. | CRUE
Énormes amygdales rouges (ont toujours été très grosses).
Pus glaireux au fond de la gorge, rhino- -pharvngite chronique ;
Petits ganglions à la partie inférieure du cou, aux aisselles et aux aines, sans signification.
Examen de sang le 17-10-33, normal.
Les trois observations qui suivent sont encore plus démonstratives, et leur nature diphtérique est indiscutablement signée par l’existence d’accidents manifestes d'intoxication læfflerienne, (tachy-arythmie, troubles parétiques oculaires, paralysie du voile).
Gbservation 23
SIMONIN. — in Bull. et Mém. de Soc. Méd. des Hôp. de Paris, 14 mars 1902.
Dig. Alfred, 20 ans, soldat musicien au 24€ régiment d'infanterie, est atteint d’angine le 25 juillet 1901 ; il se présenté à la visite médicale le 29 juillet seulement ; on l’hospitalise immédiatement avec le diagnostic d’angine suspecte.
Le malade est abattu, il a le teint pâle, la température est de 3902, le pouls bat à 90 ; on note de l’enchifrènement et un catarrhe nasal muco-purulent assez accusé ; la gorge est rouge, uniformément ; l’amygdale droite présente une ulcération assez profonde, dont le fond est garni de détritus pseudo-membraneux ; les ganglions rétro-maxillaires droits sont engorgés et douloureux.
Un frottis de l’exsudat amygdalien montre de petits bacilles courts prenant le Gram, de nombreux spirilles, des cocci prenant le Gram.
La culture sur sérum coagulé donne du Loeffler moyen
à disposition parallèle, et du staphylocoque doré, ce dernier paraît exister uniquement dans le muco-pus nasal.
Sous l'influence de l'injection sous-cutanée de 40 cc. de sérum, la température tombe en lysis ; elle atteint la normale le 8€ jour.
Le 9 jour, on voit apparaître une parésie märquée de la pupille gauche qui persiste pendant 16 jours seulement. ‘En même temps, le pouls s’élève de 72 à 120 pulsations ; à partir du 5€ jour, il s’abaisse à 100 et se maintient au voisinage de ce chiffre jusqu’à la sortie du malade.
Les urines ne renferment à aueun moment de l’albumine.
L’ulcération amygdalienne, cautérisée chaque jour au
nitrate d'argent, est définitivement comblée le 15€ jour.
Des ensemencements du mucus tonsillaire faits les 12€, 16e et 21€ jours ne révèlent plus que du staphylocoque et du streptocoque.
Observation 24
SIMONIN. — B. et M. de la Soc. Méd. des Hôp. de Paris, 14 mars 1902.
B... B.., 24 ans, sapeur-pompier, atteint d’amvygdalite le 30 juillet 1901, la fièvre est modérée, oscillant autour de 380, la dysphagie assez marquée. Une fausse membrane ayant été constatée le 3 août motive l’entrée au Val-de- Grâce.
Il n'offre pas d’asthénie, mais a le teint pâle un peu terreux ; le pouls bat régulièrement à 72 ; la gorge, examinée le 4 août est uniformément rouge, l’haleine très fétide ; l’amygdale droite volumineuse, présente une ulcé-
ration profonde occupant tout son sommet qui est en
quelque sorte excavé et abrasé ; le fond de l’ulcère est
Q , » « . . j | C garni d’un détritus sanieux ; les ganglions rétro-maxillaires sont engorgés et douloureux à droite.
Un frottis sur lame, fait avec l’exsudat, montre de très nombreux bacilles fusiformes, de moyenne dimension, isolés ou associés en diplo, puis des spirilles ténus, etenfin des cocci isolés ou associés en diplo, prenant le Gram. La culture sur sérum coagulé donne, au bout de 36 heures quelques colonies plates, crémeuses d’un Loeffler court en amas parallèles : ce Loeffler tue un cobaye en 24 heures.
Pendant trois jours, les 6, 7 et 8 août, le malade rejette une fausse membrane sanguinolente ; l’ulcération amygdabenne creuse en profondeur et le 8 août, dixième jour de l’affection, le malade évacue, par simple expulsion, une assez grande quantité de sang provenant du fond de Pulcération tonsillaire ; un attouchement avec une solution de perchlorure de fer arrête cette hémorragie.
La sérothérapie antidiphtérique n’est instituée que tardivement, après la mort du cobaye ; l’aspect du Loeffler n'ayant pas fait prévoir sa virulence on pensait être en présence d’une simple angine de Vincent.
Les 9 et 10 août, on pratique deux injections de sérum de 20 centimètres cubes. ;
À partir du 15 août, le pouls devient irrégulier et rapide ; au repos il bat autour de 100 ; lorsqu'on fait lever le malade, ce chiffre s’élève à 120 et même 130 pulsations.
Les urines ne renferment pas d’ailbumine, le voile du palais fonctionne bien, ainsi que les pupilles.
L’ulcération amygdalienne, complètement détergée le 109 jour cicatrise lentement ; le mucus de sa profondeur, ensemencé les 152 et 19€ jours, ne donne plus qu’un mélange de streptocoques et de staphylocoques ; le 23° jour, l’ulcère est comblé. Quand le malade sort le 32€ jour, le pouls est régulier, mais bat encore à 90.
Observation 25
Cuarpon. -- Angine de Vincent associée à la Diphtérie (Thèse de Lille 1918-19).
J’ai eu l’occasion de soigner en 1917 un jeune garçon de 12 ans, Victor N... qui présentait le cas suivant :
Il fut pris assez brusquement de mal de gorge violent avec fièvre élevée, extrême faiblesse, pâleur, céphalée. La déglutition semblait presque impossible,
À l'examen de la gorge, rougeur diffuse de tout le pharynx, et augmentation du volume des deux amygdales ‘surtout à gauche. Je crus à une simple amygdalite et prescrivis quelques gargarismes au chlorate de K.
Je revis mon petit malade deux jours après, mais les symptômes étaient tout différents. Les douleurs à la déglutition étaient beaucoup plus vives, il y avait de la dyspnée marquée et une fièvre à 4092. Les ganglionsrétro-maxillaires étaient gros et douloureux.
Localement les deux amygdales étaient très hypertrophiées, mais la gauche présentait en outre des fausses membranes blanc-grisâtre sous lesquelles je pus éRinaues une petite ulcération assez profonde.
Je fis un râclage aseptique et procédai sans tarder à l'examen microscopique. Je trouvai en quantité des bacilles fusiformes et des spirilles, mais pas de Loeffler. Non satisfait je fis une culture et attendis.
Je traitai de suite mon malade par des attouchements locaux de néo salvarsan et lui fis en outre une injection préventive de sérum antidiphtérique.
La culture resta négative. J’écartai donc la possibilité d’une diphtérie et ne traitai que l’angine de Vincent.
L’angine guérit en 8 jours, mais environ 15 jours après, je fus rappelé auprès du malade qui présentait une. paralysie du voile. |