ANGINE DE VINCENT ET ADÉNOLYMPHOIDITE AIGUE BÉNIGNE
(angine à monocytes)
Cette affection, d’individualisation récente, paraît être une maladie infectieuse spécifique, contagieuse existant à l’état sporadique ou endémo-épidémique. Elle a surtout retenu l’attention des auteurs étrangers qui à partir de 1921, l’ont reliée à la fièvre ganglonnaire de Prerrrer (1889) et des pédiâtres, et aux mononucléoses subleucémiques de Turx (1907) et des hématologistes. :
En France, elle a été tout particulièrement étudiée par M. Paul CnevarLrer sous le nom d’adénolymphoïdite aiguë bénigne, préférable à celui impropre d’angine à monocytes. : |
Elle est caractérisée :
Cliniquement par :
19 Un état infectieux. Marqué essentiellement par de la fièvre accompagnée plus ou moins de perte de force, céphalée, rachialgie, troubles digestifs : anorexie, nausées, vomissements, constipation, douleurs abdominales.
20 Des adénopathies, non suppurées qui constituent les signes physiques essentiels et constants.
Elles sont : | |
— D'abord localisées, à la région cervicale le plus souvent, où réagissent avec prédilection les ganglions postéro-externes supérieurs (entre les insertions du sterno-cleido-mastoïdien et du trapèze) et les ganglions angulo-maxillaires. UE
— Puis extensives et tendant plus ou moins à se généraliser aux divers territoires superficiels (cervicaux inférieurs, axillaires, sus-épitrochléens, 1inguinaux), et même profonds (médiastinaux-mésentériques).
Là ou les adénopathies primaires sont en règle unilatérales, très vite, dans la région atteinte en premier lieu, un assez grand nombre de ganglions se trouvent pris ; bientôt ceux du côté opposé s’hypertrophient à leur tour et la généralisation quand elle se produit est presque contemporaine de cette extension symétrique. | ;
Il s’agit d’adénopathies fermes, rénitentes, lisses, sans périadénite, de volume en général moyen, comparables à des noisettes, de grosses amandes pour les ganglions initiaux, souvent sensibles au début, à des haricots, des pois, pour les pléiades d'extension et de généralisation, en général indolores.
Ces intumescences ganglionnaires s’accompagnent dans la moitié des cas, de splénomégalie, d'ordinaire modérée, plus rarement d’hépatomégalie ;
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39 D’une angine, habituelle mais qui peut manquer ou être tardive.
La réaction ganglionnaire satellite est souvent hors de proportion avec cette angine habituellement discrète : simple érythème diffus avec tout au plus un mince voile arachnéen de subexsudation.
Parfois cependant les symptômes pharyngés sont plus marqués, se traduisant par une amygdalite pultacée ou eryptique et il existe de véritables formes compliquées : : }
— Forme pseudo-membraneuse, simulant la diphtérie.
__— Forme exulcéro, ou ulcéro-membraneuse du type Vincent, sur laquelle nous allons revenir.
Hématologiquement, l'adéno-lymphoïdite aiguée se traduit par :
19 Une leucocytose modérée ;
20 Une. mononucléose forte composée de cellules normales et anormales ; parmi ces dernières, on peut distinguer :
a) Un typé leuco-lympho-myéloblastique (aspect de cellules-mères) ;
b) Un type monocytoïde ;
c) Un type lymphocytoïde.
L’adéno-lymphoïdite aiguë, maladie essentiellement bénigne, a une évolution assez particulière : Très schématiquement, après un malaise prodromique généralement assez court, la fièvre apparaît et atteint rapidement son acmé — 3805 — 390 — 400
Julien Jean. 6